‹ Contribution à l'étude de la PsittacoseChapitre 12 sur 33 · PE" ADR · texte numérisé non relu

PE" ADR

être identifié actuellement au bacille « paratyphosus enteridis Breslau », n’a presque plus été trouvé dans les cas de psittacose de l’homme. Seuls Gilbert et Fournier ont réussi une fois à l’isoler à l’autopsie d'une femme morte de psittacose dans le service de Mathieu ; ils ont pu dans le sang du cœur, réussir à isoler un bacille présentant morphologiquement tous les caractères du bacille de Nocard, poussant comme lui et de la même façon sur tous les milieux de culture, très virulent. Même cette constatation perd de sa force probante du fait que le bacille à été trouvé après la mort de la malade et que les représentants da groupe des paratyphus peuvent se manifester au cours de n’importe quel processus purulent de différents caractères ; ils peuvent également se rencontrer dans un organisme normal. En outre, le sérum sanguin de la femme citée plus haut n’agglutinait pas les bacilles de Nocard, ce qui par contre s’est produit dans 2 cas de psittacose observés par Nicolle; il est vrai qu’il ne s’agissait que de dilution à 1 pour 60. Dans un cas, cité par Thomson, celui-ci obtint une culture du B. de la psittacose et elle agglutina les bacilles de Nocard jusqu’à 1 pour 500. Cette agglutination diminua très rapidement, et avait pour ainsi dire disparu au bout de quelques jours.

Dupuy, Descazales, Debove, Delamarre et Malenchini n’ont pas trouvé le bacille de Nocard ni chez les animaux, ni chez les hommes. Il est vrai que Sicard l’a cultivé au moyen d’un prélèvement de sang et de moelle des os d’une perruche malade, mais il

RE? ons

ne l’a pas trouvé dans le sang humaïn. De même, le sérum des malades ne présentait point de qualités ni agglutinantes, ni bactéricides pour le bacille de Nocard. Dans la suite, le bacille de Nocard fut prélevé et cultivé une fois par Thomson et une fois par Elkeles sur le sang d’un animal malade. En outre, Thomson chez un sujet humain malade, a pu déterminer une agglutination au paratyphoïde B. à 1 pour 1.000. Le Docteur J. Dumont a eu une agglutination au 1/300° au para B. Dès lors, il n’y a rien d’étonnant à ce que peu à peu le bacille de Nocard ait été envahi par d’autres agents pathogènes. Triboulet découvrit des pneumo et des staphylocoques ; Malenchini, des diplocoques de Fraenkel, et Selter, lors de l’épidémie de Zülpich, des streptocoques d’un caractère particulier. En Angleterre, dans un cas, un bacille correspondant assez exactement avec le groupe Salmonella, fut prélevé sur une enflure locale de la parotide, mais dans aucun autre cas, on n’a eu de succès. Un trait remarquable fut la prise d’un organisme semblable, dans ses réactions sucrées, avec le B. faecalis alcaligenes, prélevé sur le poumon de trois sujets, ainsi que sur une perruche qui avait causé l’infection de deux autres cas. Les résultats des épreuves d’agglutination, capricieuses, ne semblaient soumises à aucune règle. Dans deux cas, l’on obtint une agglutination positive à un organisme typhoïde, mais dans neuf autres cas, il n’y en eut point. Thomson ajoute même qu’il n’est pas possible d'attribuer une grande valeur à l’agglutination positive avec le

HO

B. de la psittacose ou le groupe Salmonella en tant que moyen d'arriver à un diagnostic, surtout lorsque, comme dans la série actuelle, ils sont tellement transitoires et variables.

11 semble que de toutes ces recherches on peut déduire que, chez les sujets atteints de psittacose, les microorganismes constatés ne peuvent ni les uns, ni lcs autres être considérés comme l’agent pathogène initial, mais qu’ils ne sont tous que l’accompagnement secondaire de la maladie. Le virus initial de la psittacose très certainement n’est pas diffusé d’une façon aussi ubiquitaire que les microorganismes qui l’accompagnent, et dont, peut-être, l’invasion est favorisée par sa présence. La rareté du virus de la psittacose proprement dite est appuyée en outre par le fait que, malgré le granaä nombre de perruches malades introduites dans les familles, cette maladie est relativement peu fréquente.

Il reste encore à donner l’explication du fait que, dans la grande épidémie d’intoxication alimentaire, où relevait des cas isolés et sporadiques dans lesquels se présentaient des conditions impossibles à distinguer de celles de la psittacose, et où l’on avait trouvé le bacille de Aertrycke. Voici ce que dit à ce sujet Letheby Tidy dans son rapport du 20 Janvier 1930 : « En 1920, le Colonel Marrian Perry, ainsi qu’il nous l’a rappelé, a prouvé que le B. psittacosis et le BE. Aertrycke (du type & mouton ») sont identiques d’après les rapports découlant de toutes les méthodes d’investigation connues. Maïs il existe une énorme

le ARE 18e

différence entre les deseriptions des manifstations cliniques des deux infections. Thomson décrit la psittacose comme étant & une maladie du type typhoïde, compliquée par des symptômes inusités dans les poumons ». Les vomissements sont fréquents. Un certain degré de diarrhée est indubitablement fréquent. Les épidémies dues aux infections Aertycke se distinguent par la constance de leurs traits principaux, c’est-àdire : la diarrhée, les vomissements et les douleurs abdominales. La pyrexie est variable, et les complications pulmonaires sont absentes. Existe-t-il une preuve quelconque de types cliniques établissant un lien entre la psittacose et les infections d’Aertrycke ?

Epars dans la littérature, nous découvrons des rapports sur des cas sporadiques d’infection due aux bacilles d’Aertrycke qui présentent une symptomatologie inusitée faisant souvent penser à la fièvre typhoïde, bien qu’elle n’en eût pas les caractères distinctifs. Comme exemple isolé, je puis citer un cas rapporté par Rowland, Marshall et Menton qui, pendant quelque temps, fit penser à la fièvre typhoïde, et qui fut dans la suite identifié comme dû au B. Aertrycke (du type & mouton »). Dans les rapports sur les épidémies de semblables exemples sont fort rares.

En avril 1918, une violente épidémie de diarrhée et de vomissements se déclara dans un dépôt de convalescents en France. Le Colonel Marrian Perry et moi-même furent chargés de l’investigation. L’épidémie, nous en eûmes la preuve, dut être attribuée au B. Aertrycke (type Newport). Sur 1.060 cas de

nn —

diarrhée et de vomissements, placés sous une observation directe, aucun ne présenta des symptômes pulmonaires. Trois d’entre eux succombèrent, tous trois à la suite de vomissements incoercibles. Cependant, au moment même où se déclara l’épidémie de diarrhée accompagnée de vomissements, beaucoup d’hommes se firent porter malades. Ceux-ci présentaient un type de symptômes différents, caractérisés par une baute température, un malaise général et diverses douleurs, maïs sans diarrhée. Nous supposons que ce type-ci devait être attribué à une épidémie simultanée d’influenza qui sévissait à la même époque. Certains de ces cas présentèrent une légère diarrhée et il n’est pas douteux que beaucoup d’entre eux étaient infectés de B. Aertrycke. La plupart de ces cas furent observés pendant les débuts de l’épidémie de diarrhée et de vomissements. Il est évidemment possible que nous nous soyons trompés en pensant que leurs symptômes saillants étaient de nature grippale; ils peuvent en réalité avoir été causés par l'infection Aertrycke. I1 y eut probablement environ 200 cas de ce type, tandis qu’il s’en produisit sûrement plus de 2.000 présentant de la diarrhée et des vomissements.

L'on remarquera qu’il y à une différence marquée erxtre le coutumier processus d'infections dans les deux maladies. Les cas de psittacose sont presque tous sporadiques, et l’infection provient directement de perruches malades. Les infections enregistrées de P. Aertrycke sont presque toutes épidémiques et dues à l’intoxication alimentaire. L’on sait que les cas spo-

Page 1