‹ Contribution à l'étude de la PsittacoseChapitre 16 sur 33 · RER · texte numérisé non relu

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Déjà Wolff, en 1888, attira l’attention sur le danger qui menaçait l’homme « du moment que les perroquets, objet des soins constants de leurs propriétaires, pénètrent dans nos demeures d’un bout de l'année à l’autre, par milliers, et jouent le rôle de scurces d’infection vivantes ».

Mais cet avertissement fut à peine pris en considération, bien que, dès l’année 1879, J. Ritter, à Uster (Suisse) eût déterminé la corrélation entre une épidémie de 7 cas graves de pneumonie (dont 3 mortels dans une seule maison) et (certains oiseaux exotiques ». De semblables évènements avaient également été signalés en 1882 et 1886 à Bonn et à Leipzig. Ce ne fut qu’en 1892, à Paris, alors que 49 personnes furent atteintes (16 cas mortels) que toutes avaient été en contact avec les perroquets sud-américains d’un même envoi, qu’une panique analogue à celle d’aujourd’hui fut cause que l’on se livra à des recherches sérieuses quant aux causes efficientes de cette corrélation.

Comment s’est présentée cette fameuse épidémie de 1892 ? |

Deux commerçants parisiens, Marion et Dubois, en décembre 1891 achètent à Buenos-Ayres 500 perroquets, pour les importer en France. En cours de route, de nombreux perroquets périrent, de sorte que 200 seulement atteignirent Paris, le 3 Février 1892. Marion et Dubois se partagèrent les survivants. Marion alla porter sa part au domicile de son frère, 42, rue Dutot; Dubois déposa la sienne rue de la Ro-

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quette, au n° 9. Le 20 février, Marion tomba malade. Ensuite ce fut le tour de son frère qui un Les beaux-parents de Marion ne tardèrent pas à être atteints; puis, un couple chargé du soin des oiseaux ; puis un couple qui fréquentait la famille Marion et, enfin, la, totalité des locataires du N° 42 de la rue Dutot. En outre furent atteints deux garçons-bouchers qui avaient fréquemment approché les perroquets, ainsi que le médecin traitant des locataires de la dite maison. Comme il ne restait plus personne à qui confier le soin des oiseaux (dont entre temps beaucoup avaient péri), ceux-ci furent portés rue Regpier, n° 44, chez un certain Gaujal, qui ne tarda pas à tomber malade. Il en fut de même pour sa femme et son gendre. De là, de nombreux oiseaux furent vendus. Cependant, les malades devenant nombreux, on fit une enquête serrée, d’où ressortit évidente la culpabilité des perruches. En effet, on découvrit, en fin de compte, que deux foyers infectieux se développaient parallèlement. L’un avait pour centre la rue Dutot, l’autre la rue de la Roquette. Fr, du fait des oiseaux partis de ces deux points, la maladie s'était répandue dans tout Paris et sa banlieue, aussi bien au Gros-Caillou qu’à Montrouge où dans le quartier de l’Hôtel-de-Ville (origine, rue Dutot), à Montmartre comme à Charenton ou place Maubert (origine, rue de la Roquette). Le premier foyer compta 26 malades, dont 8 cas mortels, le second 23, dont 8 mortels.

Une autre petite ‘épidémie illustrant ce caractère

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familial et domiciliaire qui est si caractéristique pour la psittacose, à éclaté en 1896 et a atteint une famille de sept personnes, habitant rue Oberkampf : le pére, la mère, trois garçons de 24, 20 et 5 ans, deux filles de 13 à 11 ans. Le père, pour égayer la maison, avait acheté à un marchand ambulant une vieille perruche qu’il avait prise pour un jeune perroquet. Sur ces sept personnes, quatre malades et un mort; les trois garçons seuls demeurèrent indemnes.

En 1899, petite épidémie encore chez un empailleur d’oiseaux du quartier des Gobelins. Le marchand, sa femme et sa fille furent malades, l’un d'eux décéda.

Plus tard, il faut signaler encore une épidémie familiale à Bernay, où huit personnes vivaient dans une maison isolée. Là aussi on avait fait l’achat d’un perroquet; les huit personnes furent malades et on déplora quatre décès.

Des faits analogues se sont produits au cours de l’épidémie récente.

A la fin du mois de juillet 1929, 157 perroquets, faisant partie d’un considérable envoi du Brésil, arrivèrent à Brême. En cours de route de nombreux animaux auraient péri. Sur les 157 perroquets, transportés à Vienne à travers l’Allemagne, 40 seulement vivaient encore en arrivant à destination. Sur ce nombre, 30 devinrent la propriété d’un Américain ; 3 autres allèrent à des inconnus, et 7 furent achetés par u: Italien qui en vendit 2 à un commerçant. Peu de temps après, les 30 perroquets de l’Américain péri-

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rent tous, sans exception. La sœur, la femme et d’autres membres de la famille de l’Américain seraient bientôt tombés malades: Les deux perroquets du marchand moururent également au bout de quelques jours. Les 5 perroquets de l’Italien, malades eux aussi, laissant pendre les ailes, furent atteints de diarrhée fétide et périrent. La famille de l’Italien se composait de 4 personnes. Le 1° août, l’enfant présenta des symptômes à caractère grippal. Deux jours après, la femme fut admise à l’hôpital pour psittacose. Presqu’au même moment, le beau-père de notre Italien tomba malade. Un jour plus tard, l'Italien tomba malade à son tour.

A Buenos-Ayres, on a signalé le 15 Octobre 1929 un cas dans une troupe de théâtre. Le malade a été contaminé par un perroquet infecté. Tout le personnel de la troupe est également tombé malade et deux moururent. Le diagnostic de psittacose à été fait dès le premier cas par le Professeur Montanaro.

A Prague, on a signalé deux cas. Les deux maiades (fiancés) ont été atteints l’un après l’autre à 24 heures d'intervalle, après avoir acheté un perroquet vert qui était déjà infecté. Ce perroquet provenait d’un lot importé du Brésil par Berlin; l’oiseau est mort. Une personne qui avait visité ces malades a également contracté la maladie. Dans une autre famille, à Prague également, la maladie a frappé le père et le fils. Cette famille possédait un perroquet acheté au mois de novembre à un marin qui n’a pas pu indiquer la provenance de l’oiseau, mais il a déclaré que

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sur les 20 perroquets qui se trouvaient à bord 8 ont péri. Le perroquet a été malade pendant trois jours et a piqué les deux personnes au doigt.

Il apparaît donc de ces exemples que l’épidémie actuelle a son foyer au Brésil, car tous les perroquets malades qui ont été découverts étaient de provenance brésilienne; mais au Brésil même, on n’a pas signalé jusqu’à présent de cas de psittacose.

Il est certain, à l’heure actuelle, que des cas isolés de psittacose se sont produits dans les différentes parties de l’Europe et d'Amérique, mais ces cas sont relativement peu nombreux et trop liés à l’importation des perroquets malades pour qu’on puisse parler d’une épidémie; la maladie n’a pas pris noa plus une extension épidémique. Tout se réduit cn somme à des cas sporadiques plus ou moins nomnbreux chez les personnes ayant été en contact direct ou indirect avec des perroquets malades.

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