‹ Contribution à l'étude de la PsittacoseChapitre 23 sur 33 · ER TES OBSERYATION N° II · texte numérisé non relu

ER TES OBSERYATION N° II

La femme du malade de l’observation précédente qui vivait dans la journée au magasin (d’ailleurs sans s'occuper des animaux), qui, par contre, soignait son mari malade depuis deux jours, fut prise à son tour ie 27 décembre. Elle eut des frissons, une céphalée intense, des douleurs généralisées et sa température monta, en quelques jours à 38°, puis à 39° et enfin à 40°. La langue était blanche, mais non sèche; le ventre était ballonné, sans diarrhée, avec de la constipation au contraire. Pas de taches rosées. La rate paraissait normale; le foie débordaït légèrement les fausses côtes. La céphalée était très violente. Les phé: nomènes prirent rapidement une gravité telle que l’on songea à une fièvre typhoïde ou para-typhique, d’autant qu’elle avait mangé, avec son mari, le jour de Noël, des huîtres qui furent, de suite, suspectées. Une hémoculture fut faite, qui fut négative, puis deux séro-diagnostics (qui furent l’un et l’autre négatifs, tant au bacille d’'Eberth qu’aux paratyphiques A et B).

Les jours suivants, les phénomènes respiratoires et nerveux devaient prendre la première place.

Dès le quatrième jour de l’infection, on entendait à lä base droite du poumon de nombreux râles souscrépitants fins ; puis il se collecta un foyer de conden:sation assez étendu, sans souffle bien net, sans crachats rouillés. Plus tard, le treizième jour de la malädie, alors que le foyer pulmonaire droit continuait

d'évoluer, un deuxième foyer s’entendait à la base gauche, toujours sans crachats rouillés et avec une dyspnée modérée.

Surtout, les phénomènes nerveux devinrent impressionnants. La céphalée était si violente qu’on était obligé d’entourer la tête de compresses humides çn de glace. La langue, les extrémités étaient, sans cesse, agitées de trémulations extrêmes, comme dans jes pi: res cas de fièvre ataxo-adynamique. Il y avait un dé- Bre bruyant, agité, incessant ; la malade ne tenait pas en place: on était obligé de la maintenir dans son lit, et dès qu’on la quittait, elle se levait d’un bond et se précipitait dans les pièces voisines. Elle conversait constamment avec des personnes imaginaires, alors même qu’elle répondait à peu près aux questions posées. Insomnie complète. Pas de Kernig ni de raïideur de nuque. Bref, état de surexcitation nerveuse très inquiétant, sans signes de localisation méningées. Pas d’éthylisme antérieur. Le cœur tenait cependant encore; la diurèse était assez bonne; la malade buvait son lait et ses tisanes. Maïs la fièvre en plateau à plus de 40°, l’extrême agitation nerveuse, les deux foyers pulmonaires faisaient présager une fin prochaine. La mort devait survenir, en effet, dix-neuf jours après le début de l’infection.

OBSeRVATION N° III

Quelques jours après la mère, la fille fut prise également : elle était élève au Conservatoire, n’allaït pas au magasin à perruches, mais était le soir en contact

avec ses deux parents malades. Elle eut pendant douze jours de la fièvre, de la congestion pulmonaire aux deux bases, puis elle entra en convalescence. Elle fat envoyée à la campagne où elle se rétablit lentement, sans donner lieu à de nouvelles contaminations.

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