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PRONOSTIC

Le pronostic de la psoïte, très variable suivant les cas, doit toujours être réservé. Il variera suivant que l’infec tion musculaire survient sans cause appréciable ou bien dans le cours d’une maladie générale, il variera également suivant que le médecin se trouve en présence d’un cas aigu, subaigu ou chronique, il variera enfin comme nous le verrons avec la durée de la suppuration. Mais comme tous les auteurs qui se sont occupés de cette question, posent en principe que la période de la suppuration est toujours longue, nous pouvons dire que la psoiïte, non seulement par ses complications locales toujours possibles, mais encore par l’affaiblissement qu’elle cause, expose le malade qui la porte à ne plus pouvoir surmonter son mal.

Avant de passer en revue ces complications tant locales que générales, nous devons voir ce que devient la psoïte abandonnée à elle-même ou traitée par des moyens médicaux. Nous avons abandonné l'étude des symptômes au moment où le pus se formait. Que se produira-t-il alors? Ne pouvons-nous espérer, comme cela se voit dans nombre de maladies, la régression des symptômes, l’enkystement de la collection, sa disparition, enfin? Hélas, ces cas s’ils existent, sont infiniment

rares. La psoïte a une tendance pour ainsi dire fatale à la suppuration progressive du muscle et à l'élimination du pus. Mais nous avons vu à l’anatomie pathologique, que Pélimination spontanée rendue difficile par l’aponévrose, par le canal ostéo-fibreux du psoas était, lorsqu’elle se produit, toujours insuffisante. C’est dire que le pronostic pour devenir favorable, devra s’appuyer sur une intervention chirurgicale précoce et complète. Nous verrons tout à l'heure ce qu’elle doit être.

Mais, nous venons de le dire, si l’on n'intervient pas, le pus tend à s’éliminer. Malheureusement pour arriver au dehors, il lui faut traverser en arrière d’épaisses masses musculaires et aponévrotiques, il se heurte à l'obstacle infranchissable de l’os coxal, il s'emmaganise eufin à la partie inférieure dans le cornet résistant du fascia-iliaca ; en avant il a devant lui tous les viscères abdominaux et le péritoine. (Cest cependant par là qu'il aura le plus de chances de sortir; mais cette élimination loin d’être un bienfait n’est toujours qu’une complication, car, insuffisante pour vider le foyer primitif, elle créée dans les organes qu'elle traverse des désordres importants.

Si la perforation du fascia-iliaca en avant se fait rapide, avant la production d’adhérences protectrices, la péritonite généralisée emporte le malade. Si ces adhérences existent, un foyer de péritonite circonscrite se produit, puis le pus cherchant une voie, la trouve en perforant un des organes abdominaux. Laissant de côté le rein et la vessie qui n’ont été intéressés que rarement, la colonne vertébrale qui a pour se protéger des aponé-

vroses très épaisses, l’os iliaque dont l’ostéite ne se produit que tardivement, nous voyons que la perforation la plus fréquente est celle de l'intestin, au niveau du colon, au niveau du rectum, rarement sur l'intestin grêle. Il se produit alors une débâcle de pus sanguinolent et extrêmement fétide et les jours suivants les selles sont envahies de liquide sanieux plus ou moins abondant.

Deux autres complications sont encore à signaler, l’une à la partie toute supérieure, c'est l’issue du pus dans le thorax, la perforation de la plèvre et tous les phénomènes graves qui suivent; l’autre à la partie inférieure est la pénétration du pus de l'articulation de la hanche ou l’inflammation secondaire de cette arti culation avec arthrite purulente aiguë. Cette arthrite peut survenir directement ou bien c’est par l'intermédiaire de la bourse séreuse du psoas d’abord enflammée que la grande synoviale articulaire est prise. On sait en effet que la communication de cette bourse avec l'articulation est fréquente.

Telles sont les complications locales de la psoïte. Les complications générales sont celles de toutes les suppurations : abcès multiples dans les articulations, dans les os, dans les organes, manifestations pulmonaires et rénales. Plus tard si la suppuration est interminable, le malade se cachectise, la fièvre hectique se montre, tous les phénomènes de pyohémie apparaissent et la mort survient soit du fait de la tuberculose pulmonaire soit par dégénérescence amyloïde des organes. VE.

Ce tableau si noir a besoin d’être un peu modéré. Mais,

DE pire

et nous insistons sur ce point, il ne peut l’être que si le foyer se vide complètement, c’est-à-dire avec l’aide du chirurgien. Dans ce cas, après une suppuration plus ou moins longue, les foyers se ferment, les phénomènes généraux disparaissent, l'appétit revient. Mais que devient le muscle? La réparation est-elle complète? Les observations sur ce point manquent de détails. Cependant nous voyons que le plus souvent, après des troubles de la marche d’abord très marqués, le malade reprend peu à peu ses habitudes et qu’en un temps relativement court, il semble avoir reconquis l’int(grité de ses mouvements.

Il nous reste à voir maintenant quelle est la conduite à tenir pour arriver à ce résultat si désirable et les nombreuses méthodes de traitement proposées, nous indiquerons que cela n'est pas aussi simple qu’il pourrait le paraitre.

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