OBSERVATION XII
Cachexie palustre. Psoîles et péricardile Suppurées
Louis Auguste S..., âgé de 43 ans, à été atteint à l’âge de 10 ans d’une fièvre typhoïde qui guérit sans lui laisser la moindre incommodité.
Depuis cette époque jusqu’au mois d'août 1895 il a joui d’une santé parfaite. Il à fait 14 ans de service militaire. Condamné peu après sa libération à quatre années de réclusion, il passa un an et demi dans une prison continentale
(1) Archives de médecine 1878. T. I, page 620. Fantelafsis.
et fut envoyé pour terminer sa peine dans un pénitencier de Corse.
Pendant la 1'eannée de son séjour dans cette contrée marécageuse, sa santé resta à peu près bonne, mais un an après son arrivée au mois d'août 1896, époque à laquelle sévissent principalement les fièvres intermittentes, il ressentit les premières atteintes du mal. La fièvre se déclara franchement et céda après 2 ou 3 accès à l’administration de sulfate de quinine. Elle ne reparut que l’année suivante à la même époque (août 1897); elle revêtit cette fois un carac tère beaucoup plus sérieux de guérison. La quinine demeura impuissante.
Le malade s’affaiblit rapidement et prit en peu de temps un teint jaune, terreux, caractéristique. Les extrémités inférieures devinrent le siège d’un œdème persistant. Il lui restait alors six mois de prison pour achever sa peine, mais on le grâcia et on le renvoya à Paris.
C'est alors qu’il commença à souffrir de douleurs lombaires telles, qu'après quelques jours de repos au lit, il entra à l’hôpital de Ia Pitié, le 10 septembre 1897, salle Saint-Paul, lit n° 5.
A son entrée, le malade à un aspect profondément cachectique; son teintestpâle, jaunâtre ; son sang ne contient que 2,000,000 de globules et sur ce faible nombre, il y à plus d’un million de globules blancs. Ses jambes sont œdémateuses jusqu’au genou.
Depuis quinze jours, l’oreille gauche est le siège d’un écoulement purulent; les douleurs lombaires dont il s'était plaint persistent eacore, mais sont moins intenses; l'urine contient unequantité considérable d’'albumine; le malade est dyspnéique ; à l’auscultation on trouve la respiration faible dans toute la poitrine et quelques râles fins disséminés dans
MÉUTEE
le poumon droit; l'examen du cœur révèle une augmen; tation de la matité précordiale ; les battements sont irréguliers, sourds ; un souffle intense existe au premier temps à la base; enfin à la pointe, on entend un bruit de galop. La rate et le foie ne paraissent ni douloureux, ni tuméfiés.
11 septembre, En présence de cet état complexe, on diagnostique une cachexie palustre avec localisation rénale.
12, 13, 14 septembre. Même état.
15 septembre. Douleurs intenses dans la cuisse droite s’irradiant jusque dans le pied et paraissant suivre le trajet du nerf sciatique. La partie postéro-interne de la cuisse est légèrement tuméfiée et empâtée.
Température du matin, 39,3.
— soir, 40,1.
16 septembre. Douleurs diminuent un peu.
Température du matin, 40,1.
— soir, 39,1,
17 septembre. Même état.
18, 19, 20 septembre. La température oscille entre 38,1 et 40,4. Les symptômes de congestion pulmonaire augmentent.
Mort dans la journée du 21 septembre.
L’autopsie est faite le 24 septembre.
Poumon gauche pâle aménié : au contraire, il y a hépatisation rouge de tout le poumon droit
Péricarde très distendu contient un litre de liquide purulent.
Le muscle cardiaque est pâle, non hypertrophié.
Rate presque normale, un peu hyperhémiée.
Foie graisseux.
Reins : Lésions de néphrite interstitielle.
Le muscle psoas iliaque est transformé en une véritable cavité purulente; et les muscles voisins semblent eux aussi avoir été envahis par l’inflammation