V4 OBSERVATION Î
(Desvienes et FAURE, Gazette médicale du Limousin, déc. 1926.)
Il s’agit d’une femme de 30 ans, Mme E..., ménagère, qui entre à la salle Saïnte-Elisabeth, le 22 décembre 1926, pour hématuries abondantes avec douleurs et fièvre. £
L'interrogatoire nous apprend que, depuis son jeune âge, Mme E... a toujours souflert. de troubles intestinaux. Il y à dix ans, en 196, elle à eu une entérite grave. Depuis, elle a présenté des crises intestinales fréquentes avec alternative de diarrhée et de constipation.
La maladie actuelle a débuté au mois de janvier 1926 par des douleurs à la miction, de la pollakiurie avec hématurie totale. Les urines sont uniformément teintées, elles sont purulentes et contiennent de l’albumine. La malade, qui souffre de douleurs dans la région rénale gauche, entre alors à la clinique où M. Desvignes pratique le cathétérisme des uretères.
Rein droit. — Présence de pus et de sang; pas de bacille de Koch.
Urée, par litre, 11 grammes; Chlorures, par litre, 8 grammes.
L'age
Rein gauche. — Présence de pus et de sang; pas de germes ni de bacille de Koch.
, . Urée, par litre, 12 gr. 50;
Chlorures, par litre, 8 grammes; Les bassinets sont normaux.
Un traitement est institué pendant douze jours : lavages vésicaux au nitrate d'argent, puis lavage du rein au collargol. La malade quitte la clinique le 28 janvier, considérablement améliorée.
Quelques mois plus. tard, Mme E... consulte pour une légère métrite du col, puis, le 20 décembre, une deuxième crise éclate. Nous la voyons à l'hôpital deux jours après. Elle présente les mêmes symptômes qu’en janvier, mais beaucoup plus marqués : la dysurie, intense, ne permet aucun repos et la malade est contrainte d’uriner tous les quarts d'heure; l’hématurie a reparu avec une intensité et une abondance bien plus considérables que lors de la première crise; les urines émises sont uniformément sanglantes, aussi fortement teintées au début de la miction qu’à la fin, c’est donc bien une hématurie totale. |
La malade souffre d’abord dans la région rénale droite où la palpation permet de sentir un rein un peu gros et douloureux; puis, quelques jours plus tard, on voit apparaître des crises douloureuses dans le rein gauche. En plus, fièvre à 38°5-39, avec état général mauvais et facies rapidement altéré.
L'examen des urines séparées donne les résultats suivants :
Rein droit. — Présence de pus et de sang; présence de cellules épithéliales; absence de germes et de bacille de Koch. Urée, par litre, 41 gr. 50; Chlorures, par litre, 8 grammes.
Rein gauche. — Pus en plus grande quantité; pas de bacille de Koch ni de coli.
Urée, par litre, 13 grammes;
Chlorures, par litre, 8 gr. 25.
On institue le traitement : lavages de la vessie au nitrate d'argent, puis lavages du rein au collargol. Il est intéressant de noter qu'à la
suite de ce lavage l’hématurie a disparu.
La crise a duré une quinzaine de jours. Quand la malade quitte l'hôpital, ses urines présentent encore un peu de pus, mais pas de sang. Il y a une légère douleur à la miction avec pollakiurie nocturne. Le jour, les mictions sont normales. Nous avons eu toui récemment l’occasion de revoir Mme E..., son état général s’est grandement amélioré, ses urines sont claires, il n’y a plus de douleur à la miction.
L'inoculation aux cobayes a été négative.