À OBSERVATION XIII
(Herrz-Boyer, Journal médical français, mai 1922.)
Jeune femme qui, avant le 2 mai 1920, n'avait jamais éprouvé le moindre trouble urinaire.
Elle est prise ce jour-là de fréquents besoins d’uriner et, au cours d’une miction, elle constate l’apparition d’une hématurie : d’abord très légère, celle-ci devient abondante, et, dans les heures qui suivent, le sang est excrété presque à l’état pur, à peine dilué dans une urine rare renfermant de nombreux caillots.
Cette urine recueillie est examinée le jour même chez Carrion. Aspect sanglant; dépôt abondant; réaction acide. Pas de bacilles de Koch; nombreux bacilles ne prenant pas le Gram du type coli. Très
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nombreux globules rouges, nombreux leucocytes; pus abondant. Cylindres, néant. Cristaux, néant.
En même temps se réveille une douleur, souvent éprouvée antérieurement par la malade, douleur aiguë, siégeant à droite en arrière, à la base du thorax, et sans irradiations.
Température, 37°8.
Je suis appelé auprès de la malade, par le Docteur Trémolières qui à fait sur elle le diagnostic de tuberculose rénale.
Après l'avoir interrogée, je pose le diagnostic probable de syndrome entéro-rénal, réserve faite du résultat des inoculations au cobaye, et je base mes présomplions sur l’existence d’un passé intestinal extrêmement chargé.
A 15 mois, entérite grave. A 10 ans, nouvelle crise sévère, avec hémorragies intestinales. A 22 ans, crise extrèmement douloureuse de sigmoïdité avec pseudo-obstruction, suivie de débâcle diarrhéique; à partir de ce moment, l’état intestinal devient chroniquement mauvais; constipation météorisme; crises fréquentes d’hyperchlorhydrie En septembre 1910, nouvelle crise de sigmoïdite.
Un traitement intestinal rigoureux, institué par Trémolières, est accepté de la malade.
Les accidents urinaires persistent pendant une semaine environ. Des caillots disparaissent, les hématuries diminuent progressivement, seule une teinte rosée de l’urine existe encore quelques jours. Le pus diminue sans disparaître.
Le 17 mai 1920, nouvel examen des urines par Carrion; aspect légèrement trouble, dépôt par centrifugation assez abondant, réaction acide; pas de bacille de Koch, mais assez nombreux bacilles ne prenant pas le Gram du type coli. Assez nombreux polynucléaires allérés, parfois conglomérés (pus peu abondant). Quelques cellules épithéliales, pas de cristaux ni de cylindres.
Les inoculations pratiquées sont restées négatives.
La radiographie faite par le Docteur Maïingot ne révèle rien.
L'examen des matières, pratiqué à nouveau, montre un mauvais dédoublement des graisses qui font conclure à une insuifisance pancréatique.
Le 29 mai 1920, les hématuries ont cessé, la pyurie a disparu.