‹ Contribution à l'étude de la pyélonéphrite à forme hématurique sans rétentionChapitre 35 sur 48 · RUE · texte numérisé non relu

RUE

OBsEervATION XIV.

(Auto-Observation, Bouvier, thèse Paris, 1924.)

Jusqu'en 1923, très bonne santé avec excellent état général. A 7 ans, fièvre typhoïde et, depuis l’âge de 12 ans, un état de constipation chronique.

Aucun antécédent urinaire.

Le 2 octobre 1923, brusquement, sensation de malaise général, courbature, pas de localisation douloureuse nette. Température 37°8.

Le 3 octobre au matin, température 38 degrés. On pense à une affection grippale (purgatifs). En urinant, sensation de brûlure le long de l’urètre, peu après cuisson violente au bout de la verge, bientôt suivie d’un besoin impérieux d’uriner, La miction est franchement hématurique. Hématurie abondante et totale qui se produit 2 fois dans la journée et une fois la nuit, Ecoulement urétral sous forme de goutte purulente.

Le 4 octobre, l’hématurie cesse. Douleur à la miction et besoin d’uriner persistent. Urine trouble.

Le 5 octobre, examen des urines : Pus avec nombreux colibacilles; pas de bacilles de Koch. Le Docteur Trémolières, après avoir pris connaissance de ces renseignements et des antécédents de constipation chronique, porte le diagnostic d'infection réno-vésicale d’origine intestinale. Régime intestinal : huile de ricin, uraseptine, lacto-bacilline.

Le 6 octobre, urines encore purulentes. Douleur au niveau de la moitié droite de l'abdomen. Température 37°2.

Le 7 octobre, le soir, douleur plus violente dans la moitié droite de l’abdomen. La palpation montre le cæcum et le côlon ascendant durs. La douleur cède à un lavement laudanisé; urine toujours purulente.

Le 15 octobre, la température est normale, l’urine est toujours purulente; craignant une tuberculose rénale, Bouvier consulte le Docteur Heitz-Boyer qui conclut après examen à l'existence d’un syndrome entéro-rénal à début septicémique et à forme hématurique.

- Le 18 octobre, examen bactériologique (D' Mauté) : colibacilles en grande quantité. Pas de bacilles de Koch.

Le 20 octobre, l’urine devient plus claire. La douleur à la miction diminue.

Le 23 octobre, la douleur ayant presque complètement disparu, nouvel examen bactériologique montrant seulement encore un peu de purulence, négatif au point de vue colibacilles.

Le 25 octobre, état général bon. Urines normales. L'état intestinal laisse encore à désirer. Cæcum et côlon ascendant douloureux. Evacuation intestinale par huile de ricin prise quotidiennement.

Le 27 octobre, radiographie du tube digestif (D' Joulia) : Estomac, duodénum normal. Etat spasmodique général de l'intestin (stase). Cæcum douloureux. Côlon ascendant : coudure brusque à l’angle colique droit.

Le 29 octobre, radiographie des deux reins qui montre l’absence de tout calcul.

Le 30 octobre, brusquement, les urines redeviennent troubles, purulentes. Le Docteur Mauté trouve des colibacilles en abondance. Injection sous-cutanée de 1/2 centicube de l’auto-vaccin colisoude qu'il avait préparé.

Le 31 octobre, urines plus claires.

Le 2 novembre, seconde petite rechute. 1 centicube de vacein.

Le 5 novembre, urises à peine troubles. Miction presque plus douloureuse.

Le 7 novembre, cystoscopie et cathétérisme des uretères (D Heitz- Boyer) : vessie congestionnée surlout au niveau du trigone. Orifices difficiles à voir parce qu'ils siègent dans une zone très œdématiée. L'uretère droit : sonde 45 monte facilement, dans. le bassinet, pas de rétention. L’urine coule claire en gouttes serrées. Légère dilatation du bassinet à gauche : résultat à peu près semblable.

Examen histobactériologique : quelques polynucléaires, pas de colibacilles, ni sur la lame ni en culture.

Heitz-Boyer conclut à une pyurie vésicale encore abondante et à une pyurie devenue très légère des deux reins, sans microbes décelables au moment de l’examen. Il insiste sur la dilatation bilatérale

des deux uretères pouvant facilement compliquer l'infection entéro-

rénale,

< Après deux lavages des bassinets, grande amélioration. Urines claires. Depuis, plus jamais observé d'accidents urinaires. Surveillance particulière de l’état intestinal.

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