‹ Contribution à l'étude de la pyélonéphrite à forme hématurique sans rétentionChapitre 9 sur 48 · II. — Bactériologie · texte numérisé non relu

II. — Bactériologie

Toutes les causes que nous venons d’énumérer agissent de la même façon sur le rein : c’est en faisant éliminer à ce dernier les germes pathogènes les plus divers qu’elles produisent l'infection. Il y a d’abord une étape vasculaire suivie d’une étape urinaire. Quels sont donc maintenant les agents microbiens que nous trouvons dans les pyélonéphrites, accompagnées d'hématuries ?

On rencontre le colibacille en assez grande abondance bien qu'il soit assez rare de le trouver en culture pure. C'est lui qui est l’agent de la plupart des pyélonéphrites relevant du syndrome entéro-rénal et sans doute aussi de beaucoup d’autres où l’on ne trouve pas de troubles intestinaux à l’origine. C’est un microbe extrêmement prolifique qui se multiplie avec une rapidité et une intensité qu'on ne rencontre pas dans les autres races microbiennes. C’est lui qui, après la mort, envahit tous les organes et prend vite la place des autres microbes préexistants, à tel point qu'à l’autopsie il entrave la recherche et l’isolement des autres bactéries qui pouvaient avant exister seules. Le Docteur Fisch a fait récemment sur la résistance vitale du colibacille un travail purement expérimental dont les conclusions peuvent se résumer ainsi : ensemencé dans des milieux de moins en moins favorables, le colibacille perd progressivement la faculté de se reproduire, mais il récupère rapidement cette faculté si on vient à le transplanter progressivement dans un milieu plus favorable. Il faut voir là vraisemblablement l'explication de certaines récidives des infections colibacillaires, ce qui est particulièrement intéressant au point de vue urologique.

À côté du colibacille, on trouve fréquemment des cocci prenant le Gram sans qu'on ait précisé l'espèce bactérienne, des entérocoques qui, d’après les recherches de Gundel, seraient une variété du streptocoque lactique pathogène pour l’homme.

Dans certains cas, on a rencontré le staphylocoque et le bacille d’Eberth.

Il faut admettre aussi que, dans beaucoup de cas, la plupart des agents microbiens s’allient les uns aux autres dans des proportions infiniment variées, de sorte qu'il est difficile d’attribuer à tel ou tel d’entre eux le rôle prépondérant dans la genèse de l'infection pyélorénale. Lorsque l'examen histobactériologique a révélé des bactéries innombrables, on peut penser qu'il s’agit d’une association microbienne et qu’à côté du colibacille, agent le plus fréquemment rencontré, on peut voir d’autres espèces microbiennes, cocci, entérocoques où staphylocoques, par exemple.

Nous ne faisons que citer les bactéries les plus communes, celles que l’on trouve le plus souvent, mais nous sommes persuadé qu'il en existe beaucoup d’autres, plus rares peut-être, capables de produire des infections au niveau du rein. Aussi est-il impossible d’assigner à un microbe donné un rôle primordial dans la production des hématuries. Du reste, nous savons combien l’action d’un même germe peut varier suivant son état de virulence et suivant le terrain et Ja prédisposition de l'individu. Nous croyons donc que fout agent microbien, quel qu'il soit, capable de déterminer une pyélonéphrite, est susceptible de donner lieu à une forme hématurique.

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