VI. — Mme Gaussez. OBs. IV (1905). — Pyélonéphrite double et
toxémie grasidique.
C. V.., 24 ans, ménagère, secondipare. Entrée le 17 novembre A. H. : rien à signaler.
A. P.:luxation hanche droite, réglée à 11 ans régulièrement. Première grossesse fin 1903 : avortement à 3 mois de cause inconnue. Rétention du placenta, qui est expulsé spontanément. Infection utérine légère. Levée au 10€ jour.
Grossesse actuelle : D. R. le 10 avril.
Au début, quelques névralgies dentraires et anorexie. À partir du 6€ mois : céphalée intense, vertiges, à crampes dans les jambes, vue trouble le matin, constipation opiniâtre.
15 novembre : au 7° mois, prise brusquement d’une céphalée intense avec grands frissons, et nausées. La température est à 390 le soir. Albumine dans les urines.
À l’entrée : température est à 389 ; P. — 120.
Facies fatigué, langue sale au nulieu, rouge sur les bords.
Constipation opimiâtre ;
Rein droit nettement douloureux à la palpation ;
Rein gauche, légèrement douloureux à la palpation ;
Pus dans les urines en faible quantité.
Hydramnios, grossesse de 7 mois environ, sommet mobile en position droite.
Bassin normal. Régime lacté absolu.
Les jours suivants, amélioration notable. Chute de la température. "
8 décembre : La femme est sortie dès que son état fut amélioré, et n’a pas suivi le régime lacté d’une façon rigoureuse. -
27 décembre : Nouvelle poussée de pyélonéphrite.
Les deux reins sont douloureux.
Tu
Les urines sont très purulentes.
L'examen bactériologique montre la présence de nombreux colibaailles.
De plus, tableau complet de l’auto-intoxication gravidique intense : céphalée violente, troubles de la vue, épigastralgie, vomissements alimentaires.
Purgati's.
Diète hydrique 48 heures.
Légère amélioration.
8 janvier : Division des urines : il v a du pus dans les? échantillons, ce qui confirme le diagnostie de prélonéphrite bilatérale.
Régime lacté absolu. [
29 Janvier : Aggravation de tous les symptômes de toxémie gravidique, céphalée violente, vomissements, troubles de la vue très marqués (Ne voit plus de l'œil gauche). L'accouchement provoqué est décidé dans l'intérêt de la mère et de l’enfant.
30 Janvier : On provoque le travail, qui avance lentement : 24 heures après, la dilatation n’est pas encore commencée.
Femme fatiguée, état général mauvais.
On décide l’accouchement méthodiquement accéléré.
31 janvier, 11 h. 30 : Dilatation du col par procédé de Bomaire.
Ballon de Champetier. On complète la dilatation.
— 12 h. 10: Forceps : extraction d’un garçon vieant pesant 2.750 grammes
— 12 h. 45: Délivrance naturelle sans hémorragie.
S. de c. — 3°, 4€, 5€ jour a eu 3802. Pouls 120. Quelques injections intra-utérines.
Les signes de toxémie gravidique ont disparu dès le lendemain de l’accouchement.
Les signes de pyélonéphrite furent atténués, mais la douleur rénale à persisté pendant plusieurs Jours et la pyurie existait encore quand la femme a quitté le service.
Bref, cette malade a présenté le tableau complet de l’auto-intoxication avec céphalée, vertiges, troubles de la vue, vomissements, épigastralgie, troubles qui sont allés en s’aggravant malgré le régime lacté. L'association
de ces accidents à, la pyélonéphrite a contribué à assombrir le pronostic d’une façon indiscutable.
À propos de son observation, Mme Gaussel note « que la coexistence de la toxémie gravidique avec la pyélonéphrite n’a Jamais été constatée », et qu’elle n’a pu trouver aucune observation de cette association morbide. Mais, écrit-elle, «bien que ces accidents n’aient Jamais été signalés, 1l ne faut pas en conclure qu’il y a incompatibilité entre la pyélonéphrite et la toxémie gravidique ».
VII. — Brixpeau et Sicurer (1923). — Un cas de guérison de pyélonéphrite grave par interruption de la gestation. Femme de 22 ans.
Première Gestation en 1920 : Pyélonéphrite sévère avec température élevée. Au 5€ mois, expulsion spontanée de deux fœtus, suivie d’une régression rapide des phénomènes urinaires.
Deuxième Gestation en 1922 : Évolution normale de la gestation jusqu'au 5® mois.
Début par pollakiurie, vomissements, douleurs lombaires, température à 390 avec frissons, pouls à 120. Urines troubles assez abondantes. Tension artérielle 16 /8.
Traitement médical et préparation d’un auto-entéro-vaccin (colibacille).
Pendant ce temps, aggravation qui rend l’état de la malade plus alarmant. Langue sèche. État typhique. Subictère.
Anurie presque complète.
Température 400, Pouls faible et très rapide.
Devant l’aggravation des symptômes et étant donné ce qui s'était passé lors de la première gestation, l’interruption artificielle est décidée et pratiquée. Le lendemain la température est normale et tous les symptômes alarmants disparaissent.
Ainsi cette femme fit une pyélonéphrite grave lors de deux grossesses consécutives. Tous les troubles disparaissent immédiatement et complètement à la suite de l'arrêt de la gestation. « Lors de la deuxièmes gestation, la provocation de l’avortement a sauvé la malade. »
VIII. — Mgrzérr (1923). — A propos de l'interruption de la grossesse pour cohbacillose.
Primipare de 18 ans, chez qui débutent des accidents de colibacillose, d'intensité moyenne, au 4€ mois de la gestation. Antécédents de scarlatine grave dans l’ adolescence, avec albuminurie dont on retrouve des traces de temps en temps.
Au 5€ mois apparaissent des accidents sérieux. Température 390, frissons. Urines peu abondantes et foncées contenant des pigments biliaires. À l’examen, le rein droit, qui était à peine perceptible auparavant, est devenu volumineux. Point douloureux vésiculaire, L'état général est très touché. Céphalée, anorexie absolue, asthénie très marquée.
Un cathétérisme uretéral (Pr. Marion) révèle l’existence d’une rétention pyélique droite. Sonde à demeure. Légère sédation thermique pendant 24 heures, puis la température remonte à 39 6.
. Une interventipn (néphrotomie ou néphrectomie) est envisagée. L'auteur pense préférable de pratiquer d abord l’avortement thérapeutique (Plusieurs grosses laminaires). Le soir de l’évacuation de l’utérus, la température est à 3702 et ne remonte plus au delà de 3705. La guérison est obtenue en huit jours.
Malgré les conseils donnés, une deuxième grossesse survient l’année suivante. Au cours du 4€ mois, température, frissons, anorexie, douleurs lombaires droites. Le rein droit est augmenté de volume. Pas de grosse altération de l’état général. Après quelques jours d'amélioration, brusquement l’état devient alarmant : la température est au-dessus de 400 avec frissons. Langue saburrale. État typhique.
L'auteur n'hésite pas à pratiquer l'avortement; dès le lendemain, les sy mptômes graves disparaissent et la malade guérit sans incidents. à
Troisième grossesse : vers le 5€ mois, les mêmes accidents recommencèrent, mais cédèrent au traitement médical sans que l’état général fut sérieusement atteint. La grossesse continua jusqu’à terme ; l'accouchement et les suites de couches se passèrent sans incidents et la femme a même très bien supporté l’allaitement. 3
ep
IX. — P. Trircar (1922). — Jnfection et intoxication gravidique à localisations multiples — avortement provoqué — guérison.
[TI0 geste, âgée de 24 ans.
[0 et [T9 gestations normales. Accouchements normaux, enfants bien portants.
Début brusque au 4° mois, par violente douleur lombaire gauche,
:mpérature à 390 avec frissons et urines troubles. Guérison rapide.
Nouvelle crise douloureuse et thermique analogue, trois semaines plus tard, mais la température ne cède pas et oscille pendant 8 jours entre 399 et 400. Les deux régions lombaires sont douloureuses à la palpation. L état général est grave ; la malade très amaigrie, présente du subictère des conjonctives. Muguet. Pouls à 140.
Les urines, d’abondance normale sont nettement purulentes et contiennent de nombreux colhbacilles.
Un traitement médical intensif amène une amélioration passagère.
Puis, apparaissent des vomissements à type incoercible et le subictère se transforme en tctère franc. La température reste élevée au voisinage de 399 et le pouls est à 140. L’état général s'aggrave. Les urines sont moins purulentes, mais elles se raréfient (moins de 500 ccen 24 heures).
L'état général devient de plus en plus précaire : Pamaigrissement est extrême, l’ictère très foncé ; les veux sont enfoncés dans les orbites. Les lèvres et la langue sont sèches ; les vomissements sont incessants, les urines rares et boueuses ; la température à 400, pouls incomptable ; le fond utérin atteint l’ombilie. Bruits du cœur perçus.
Devant la gravité des symptômes, on pratique l'avortement provoqué (2 bougies de Krause). Avortement en deux temps. Pas d’hémorragie. | R
Dès le endemain, les vomissements ont presque disparu: la malade tolère l'eau et les infusions. Les urines se clarifient et l’ictère est mo ns foncé. Température à 380, |
Quatre jours après l’état général est considérablement amélioré. La température persiste, mais avec une tendance nette à la défervescence. Les aliments solides sont tolérés. L’ictère s’atténue rapidement. Au 20€ jour des suites de couches, la malade se lève. L’ictère a disparu ; les urines sont clures.
RANE ee X. — Ruexrer et PiceauD (1925), — Un cas de toxémie gravidique mortelle au 72 mois de la grossesse avec hydramnios.
[T9 geste : âge ?
La première gestation (1923) a été interrompue, au 6€ mois, par un accouchement prématuré spontané au cours d’un syndrome de prélonéphrite et de vomissements, syndrome analogue au syndrome actuel, mais moins accentué. La femme se remet lentement de cette première gestation, mais elle est néanmoins en parfaite santé quand débute la gestation actuelle.
Deuxième gestation (1924) : vomissements fréquents, dès le début, mais ne s’accompagnant pas de symptômes de dénutrition.
À la fin du 5€ mois, les vomissements persistent, et l’état général s’altère. L’amaigrissement devient très notable. En même temps apparaît une vive douleur lombaire droite, accompagnée d’une fièvre à grandes oscillations.
Depuis cette date, l’état de la malade n’a cessé de s’aggraver. À 6 mois 1/2 son aspect est frappant : facies émacié, nez pincé, veux enfoncés, subictère des conjonctives, état de maigreur impressionnant, asthénie complète. La malade n’a plus de vomissements depuis quelques jours, mais elle avale difficilement. Elle présente de l’ædème des membres inférieurs, et des escarres aux deux genoux et dans la région sacrée. L’abdomen est légèrement météorisé, l'utérus est tendu : son fond affleure l’ombilie. Bruits du cœur perçus. Température à 3805, pouls 140. Tension artérielle 9/6.
Les reins ne sont pas perçus à la palpation et ne sont pas douloureux. Les urines sont rares et contiennent des pigments bilaires. Urée sanguine 4 grammes par litre.
Devant cet état général si grave on interrompt immédiatement la gestation (ballon de Champetier). Æxcès de liquide amniotoque. Accouchement spontané d’un enfant qui respira seulement quelques minutes.
Les deux jours suivants l’état reste stationnaire. La difficulté éprouvée par la malade à avaler les liquides paraît augmenter. Le 2e jour, elle fut emmenée par sa famille et est morte pendant le
traJeL.
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XI — Garrruy et Marrix (1926). — Pyélonéphrite gravidique au 7e mois de la grossesse — distention vésicale — Auto vaccination — Accouchement prématuré provoqué — Guérison.
(Obs. T de la Thèse de Ribat). — Parité et âge non indiqués.
Au 3€ mois : douleurs dans le bas-ventre exagérées par la fatigue, calmées par le repos. Les douleurs ont été en s’accusant jusqu’au 6€ mois. À cette date, apparaît une vive douleur dans la région lombaire et le flanc droits, avec pollakiurie, urines troubles et émissions involontaires d’urines. Pas de troubles digestifs.
L’altération de l’état général, la persistance des douleurs intenses, et de la fièvre élevée nécessitent son entrée à l'hôpital.
À ce moment, la douleur est continuelle et généralisée à tout FPabdomen ; elle prédomine cependant dans la région lombaire et le flanc droits où la palpation est très pénible. La palpation des reins est impossible tant en raison de la grossesse que des souffrances très vives qu’elle provoque.
Les urines peu abondantes sont très troubles et présentent un abondant dépôt purulent. La température est à 3995 le soir ; elle présente de grandes oscillations avec rémissions matinales à 370. Le pouls est petit et rapide : 120 le matin, 140 le soir.
L'aspect général est celui d’une typhique : la face est rouge et congestionnée. [l existe de la dyspnée. La malade indifférente à tout ce qui l’entoure est dans un état de stupeur et répond avec peine aux questions qu’on lui pose.
Traitement médical. Distention vésicale, Une tentative de cathétérisme uretéral est rendue impossible par la compression de’la vessie par la tête fœtale, ce qui empêche de voir la région péri-uretérale. Auto-vaccin coli-soude intraveineux. Aucune amélioration.
Devant la persistance des phénomènes infectieux, on provoque l'accouchement prématuré par sonde intra-utérine (gestation de 6 mois 1/2).
Accouchement d’un enfant de 1400 grammes vivant, qui meurt le lendemain. Le soir même, la température retombe à la normale, et les jours suivants il ÿ a hypothermie. Le pouls décroît progressivement. L'état général s'améliore rapidement, la prostration disparaît. La région lombaire n’est plus douloureuse, mais les urines restent troubles et il existe une légère pollakiurie,
ENS", Hors
Quinze jours après l'évacuation, de l'utérus, cathétérisme uretéral (Pr. Martin). Orifices uretéraux très difficiles à voir (congestion de tout le trigone). À l'examen du culot de centrifugation des urines du rein droit, quelques rares globules de pus et de très rares colibacilles. La malade sort de l'hôpital en bon état et n’a pas été revue depuis.
XII. — Vaxverrs (1927). — Deux cas de pyélonéphrite gravidique avec phénomènes d'intoxication profonde (ictère, vomissements).
Première gestation : colibacillose grave ayant disparu à la suite de l’avortement spontané à L mois 1/2.
Deuxième gestation : Les mêmes accidents se reproduisent peu après le début de la gestation. Fièvre élevée. Pouls entre 100 et 120.
Un œdème des membres inférieurs et de la vulve a cédé au régime déchloruré. Les urines, d’abondance normale, contiennent du pus et de nombreux colibacilles. Constante d’Ambard bonne. Vomissements fréquents. Amaigrissement rapide. État général mauvais. Gros foie et grosse rate. Subictère.
À 3 mois 1/2, devant l’échec des traitements médicaux, on pratique une interruption de la gestation. L’état de la malade reste inquiétant pendant quelques Jours, puis s'améliore. Mais des poussées fébriles.persistent pendant plusieurs mois et la colibacillurie continue à exister, augmentant au moment des poussées fébriles.
Quelques années après, cette femme devint enceinte pour la troisième fois et, après une gestation rendue pénible par des vomissements, accoucha à terme d’un enfant bien portant. Une quatrième gestation se produisit ensuite et se termina normalement.