‹ Contribution à l'étude de la pyélonéphrite dite "gravido-toxique"Chapitre 21 sur 67 · CE EN · texte numérisé non relu

CE EN

chlorémie. Accouchement prématuré spontané de deux jumeaux au 6® mois. Traitement par rechloruration.

Primipare de 23 ans. Aucun antécédent pathologique. Pendant les trois premiers mois de la gestation, vomissements fréquents et abondants, sans atteinte grave de l’état général ; ils cessent spontanément au 3€ mois. l

Evolution normale du 3 au 5€ mois.

Début brutal au 5€ mois par douleurs lombaires avec pollakiurie nocturne, température élevée, oscillante par la suite, et pyurie abondante (pus et colibacilles dans les -urines). Urée sanguine 0 gr. 76.

Les vomissements reparaissent et deviennent de plus en plus fréquents et abondants jusqu’à l’intolérance à peu près absolue.

La diurèse est relativement conservée (1 litre par 24 heure). Régime déchlorurée et désinfectants urinaires.

Lors de l’admission de la malade à St. Antoine pour un début de travail, l'aspect est frappant ; femme asthéniée, pâle et prostrée, Peau sèche, écailleuse, langue fuligineuse et rêtie. Température 3804. Pouls 128. Éruption scarlatiniforme et morbilliforme, prurigineuse, prédominante au niveau des membres. |

Accouchement prématuré (7% mois) spontané rapide de deux jumeaux vivants (930 et 910 grammes). Délivrance artificielle pour hémorragie abondante. Placenta pesant /80 grammes ne présentant pas d’infarctus (gestation bivitelline). Les deux fœtus sont morts quelques heures après l’accouchement.

Aggravation 6 heures après l’accouchement avec pouls incomptable, tendances syncopales. Il est impossible de prendre la tension artérielle. Transfusion sanguine de 400 grammes. Amélioration nette.

Après l'accouchement la température persiste à 380, 3805. Les vomissements disparaissent. Mais un état de torpeur s’installe progressivement, avec prostration de plus en plus accentuée, sueurs profuses, déshydratation très marquée, peau sèche et ichtyosique. Pas d’œdèmes. Urée sanguine 1 gr. 40. Urée urinaire 18 °/,. Pas de cylindrurie.

La torpeur s’exagère encore : la malade, indifférente, sominolente, agitée de soubresauts musculaires, répond à peine aux questions qu’on lui pose.

SR

Au huitième jour des suites de couches l’azotémie atteint 2 gr.20.

Devant l'aggravation clinique et l’azotémie persistante et croissante, on pense à une atteinte rénale de pronostic immédiatement grave, mais la notion de vomissements antérieurs, de déshydratation nette, d'absence d’œdèmes et d’hypertension fait penser à rattacher cette azotémie à une chloropénie et x pratiquer un dosage du chlore sanguin.

Chiffres normaux

= Pas [°n

chl. globulaire

©2 [ESS Co se J © nt] [US o2 =

chl. plasmatique

ROSES, re 0,51 à 0,58 chl. plasm. ?

rapport

Traitement : Rechloruration :

10 cc. sérum salé hypertonique intraveineux.

50 cc. sérum physiologique sous-cutané.

Amélioration notable le lendemain : disparition de la somnolence, de la torpeur, des sueurs. La malade est présente, elle recommence à s’alimenter.

20 cc. sérum salé hypertonique intraveineux 50 cc. sérum physiologique sous cutané

Amélioration clinique très rapide : en 3 jours la malade a repris un habitus normal. En même temps:

lPazotémue s’abaisse à 0 gr. 92, le taux de la chlorénue revient à la normale.

par jour

11 novembre 414 novembre

Ürée#sanguines er NE ee Tee 0792 0

CREMSlOP LATE MEN ET RACE JT 2,00 Ghléplasmatique terre SOC 301 0e Rapport CESR ME AR 0,55 0,55

chl. plasm

La malade sort le 24 novembre, ne conservant comme séque le G ’

qu’une légère pyurie.

Revue le 6 décembre : L'amélioration s’est accentuée. La femme a repris 4 kilogrammes depuis sa sortie et ne présente plus qu’une légère colibacillurie. : ;

Le 23 décembre : Klle a repris 6 kilogrammes. La colibacillurie

persiste.

NO

Le 3 janvier 1934 : Urée sanguine — 0,26 avec un régime alimentaire normal. La malade reprend son travail.

« En résumé on peut distinguer deux phases dans cette observation :

19 Pendant les trois premiers mois de la gestation la malade a eu des vomissements assez fréquents et prolongés. Si, à ce moment, ces vomissements ont abouti à un trouble: humoral quelconque, la malade a pu le réparer spontanément.

20 Dans la seconde phase, la pyélite a constitué peut-être Pamorce d’une légère atteinte rénale. La réapparition de vomissements de plus en plus fréquents et abondants a pu réaliser sur ce terrain une forme toxémique de pyélite se traduisant par le syndrome humoral d’hypochlorémie avec azotémie progressive. »

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