‹ Contribution à l'étude de la pyélonéphrite dite "gravido-toxique"Chapitre 40 sur 67 · FORMES AVEC VOMISSEMENTS · texte numérisé non relu

FORMES AVEC VOMISSEMENTS

On peut noter, avec une remarquable régularité, dans les premières lignes de presque toutes les observations, l’existence de vomissements fréquents, alimentaires ou bilieux, au cours des premiers mois de la gestation.

Ce symptôme est assurément banal, surtout au cours d’une première gestation, puisqu'il s’observe, pour certains auteurs, chez plus de la moitié des femmes enceintes.

Néanmoins, 1l semble qu’on le rencontre encore plus fréquemment au début des gestations dont l’évolution a été troublée par l’apparition ultérieure d’une pyélonéphrite à forme gravido-toxique. D’autre part, ces vomissements ont une durée plus longue que d’habitude et ont tendance à persister et à augmenter après le troisième mois de la gestation.

Ce caractère de persistance des vomissements du début de la gestation est un élément intéressant, à signaler, car 1l dénote déjà un certain degré d’intolérance de l’organisme maternel vis-à-vis de la gestation.

Quand la maladie est en pleine évolution, l’anorexie plus ou moins complète, l’état nauséeux permanent et les vomissements incessants réalisent un cortège symptomatique de premier plan. Ils conditionnent une impossibilité parfois absolue d'alimentation solide et même liquide, et contribuent à provoquer un état de dénutrition marqué, s’accompagnant de déshydratation; et d’un amaigrissement sur l'intensité et la rapidité desquels nous avons insisté.

Lorsque les symptômes d’intolérance gastrique sont aussi accentués, Paspect clinique de la malade impose beaucoup plus le diagnostic de vomissements graves qu’il n’évoque l’idée d’une infection pyélo-urétérale. Suivant Fexpression du Professeur FRusinsHozz, «le tableau clinique, dans ces

Pre V4 cas, tend à se rapprocher de celui qu’on observe au stade ultime de l’intoxication gravidique émétisante ».

C’est ainsi que dans l’observation de Voron, PiceaupD et PrzzerA, un mois après le début de la maladie, pour caractériser la gravité de l’évolution, les auteurs s'expriment ainsi : (Ce qui domine la scène, e’est moins le syndrome urinaire que le syndrome des vomissements incoercibles de la cestation ». |

Chez la malade d’Axperopras, Gaurrer et Bouc, dont la gestation se termina spontanément au 8€ mois, : à la pyurie colibacillaire persistante s’ajoutèrent des vomissements incessants avec subictère, accélération progressive du pouls, amaigrissement rapide, véritable eachexie, telle que la malade semblait plutôt atteinte de vomissements graves à la dernière période que d’une pyélite gravidique habituellement accompagnée de phénomènes fébriles prolongés et de recrudescences intermittentes marquées par des crochets thermiques et des douleurs lombaires ».

La malade de RuenrTer et Prceaup (1925), qui avait déjà eu une première gestation interrompue au 6€ mois par un accouchement prématuré spontané au cours d’un syndrome de pyélonéphrite et de vomissements, présenta au cours de sa deuxième gestation, un an après, un syndrome analogue, mais plus accentué : des vomissements fréquents apparaissent dès le début de la gestation, mais ils ne s’accompagnent pas de troubles graves ; ils persistent malgré tous les traitements médicaux, mais c’est seulement à la fin du 5€ mois que l’état de la malade paraît s’aggraver, cette aggravation coïneidant avec lPapparition de douleurs lombaires et de fièvre à grandes oscillations. Cette malade est morte trois jours après l'interruption de la gestation pratiquée à la fin du 6€ mois.

Dans deux observations de la Clinique Baudelocque (Obs. I et IV), les vomissements furent très marqués. Dans l’obs. IV, en particulier, pendant une quinzaine de

jours toute tentative d'alimentation solide aboutissait à un échec, et l'absorption de liquides était fréquemment suivie de vomissements. En dehors des vomissements succédant aux essais d'alimentation, la malade avait des vomissements muqueux ou bilieux presque continus, et parfois à prédominance nocturne. À

Notons cependant que, dans l’observation de Parriez (1933) — qui, d’après l’auteur, n’entrerait pas dans la catéoorie des cas décrits par le Prof. FRruxiINsHOLz — «les vomissements n’ont pas l’allure de vomissements d’origine toxique : les boissons sont absorbées en grande abondance et très bien tolérées ; les fruits sont également acceptés ».

Enfin, 1l existe un autre symptôme en relation avec l’état psychique des malades, mais conditionné peut-être par la crainte des vomissements : c’est le refus de toute alimentation solide ou liquide. Ce symptôme est plusieurs fois signalé dans les observations, mais il est particulièrement net dans l'observation de FRuHINSHOLZ et ANDRÉ et dans notre observation [V.

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