‹ Contribution à l'étude de la pyélonéphrite dite "gravido-toxique"Chapitre 43 sur 67 · PATHOGÉNIE · texte numérisé non relu

PATHOGÉNIE

Laissant complètement de côté l’étude de la pathogénie de linfection des voies urinaires supérieures au cours de la gestation, nous nous attacherons seulement à étudier les hypothèses qui peuvent être faites au sujet de l’existence des formes dites gravido-toxiques : en dehors des données cliniques, 1l n'existe pas de faits d’ordre anatomique ou expérimental, susceptibles d’apporter la preuve que la forme gravido-toxique existe en tant qu’entité pathologique. Seules, les recherches bactériologiques de EH: ViNcEnNT sur les toxines du colibacille peuvent jeter une lueur sur le mécanisme biologique complexe de ces états.

On peut envisager le tableau clinique décrit, de deux points de vue différents :

On peut le considérer :

19 Soit comme une simple pyélonéphrite grave avec atteinte particulièrement sévère de l’état général, et loealisations multiples, en dehors de l’appareil urinaire, de la toxi-infection colibaceïllaire ;

29 Soit corame une infection banale de Pappareïl urinaire supérieur, à laquelle se superposent des syndromes. graves essentiellement conditionnés par l’état de gestation.

La coexistence de pyélonéphrite grave et de symptômes dits toxiques, pour être rare, n’est pas douteuse. De tels syndromes ont été observés depuis longtemps : l'observation de Mme Gaussez en est un exemple. Mais c’est le Professeur Fruminsnozz qui, le premier, a fait le rapprochement entre

ces deux états, et a décrit la forme « gravido-toxique » comme une entité pathologique.

A. — PYÉLONÉPHRITE GRAVE AVEC ATTEINTE SÉVÈRE DE L’ÉTAT GÉNÉRAL AU COURS D’UNE TOXI-INFECTION COLIBACILLAIRE A LOCALISATIONS MULTIPLES.

Il s'agirait d’une infection pyélo-rénale grave, non pas du fait de complications locales telles que suppuration pyélique ou rénale, mais par son retentissement sur l’état général et sur le fonctionnement hépatique et rénal en particuher.

Un des arguments qui militent le plus en faveur de cette conception est qu'on peut observer des formes analogues en dehors de la gestation : c’est ainsi que le Professeur Marron pense qu'il existe, en dehors de la gestation, des pyélonéphrites graves avec atteinte profonde de l’état général, qui sont rebelles au traitement urologique habituel, et-plus spécialement au cathétérisme urétéral. De telles formes sont très rares, mais extrêmement graves, et seraient justiciables d’après lui de la néphrectomie d'emblée.

Pour tenter d'expliquer cette attemte profonde de l’état général au cours de certaines pyélonéphrites, on peut faire état des notions récemment mises en lumière par H. VINCENT sur lexistence de deux toxines colibacillaires. l’atteinte fréquente du foie et du rein, l'atteinte possible du système nerveux, et l’altération profonde de l’état général reconnaissent peut-être comme cause l’action des deux toxines cohbacillaires sur ces organes.

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