‹ Contribution à l'étude de la pyélonéphrite dite "gravido-toxique"Chapitre 47 sur 67 · RUE · texte numérisé non relu

RUE

Le traitement rechlorurant est intensifié, 20 ce. sérum salé hypertonique intraveineux et 500 cc. sérum physiologique sous-cutané par Jour.

L'amélioration clinique est extrêmement rapide: en 3 jours, la malade a repris un habitus normal ; parallè ement à cette amélioration, l’azotémie s’abaisse à 0,92.

De même, le taux de la chlorémie s'élève, et revient sensiblement à la normale, le 132 jour des suites de couches.

Le traitement est continué jusqu’au 16€ jour des suites de couches, date à laquelle la malade paraît entièrement ouérie. Elle sort le 26€ jour, ne conservant comme séquelle qu'une légère pyurie.

Chiffres

normaux [4e jour|8e jour|9e jour| 13€ j. | 16e ;.

Urée sanguine 1,40 [2,20

, CPE] AUS Chlore globulaire 1,89:2%2 19

Chlore plasmatique 3,60 à 3,80 APR 3,63

Chl. Globul. Sc z er rm I OR D UNAROM OS 0,55 be Chl. Plasm.

Bien que le chiffre de la réserve alcaline, qui devrait être normal, ne soit pas signalé, 1l semble bien s’agir, dans ce cas, d’une hyperazotémie par manque de sel (BLum) ou d’une chloropénie vraie (LemierRE et MERKLEN) et non pas d’une rétention chlorée sèche avec hypochlorémie uniquement plasmatique et réserve alcaline abaissée, survenant chez une malade présentant une néphrite chronique ancienne.

C’est d’ailleurs ainsi que M. Lévy-Sorar et ses collaborateurs interprètent les chiffres fournis par le dosage du chlore sanguin. Pour eux, cette recherche, qui doit être pratiquée en présence de toute azotémie constatée au cours d'une pyélite grave, doit permettre de reconnaître si la rétention uréique relève d’une lésion rénale organique ou

d’un trouble fonctionnel. « L'absence d’antécédents rénaux, d'hypertension artérielle, d'œdème, de eylindrurie, ét par contre la présence de signes positifs tels que déshydratation marquée, vomissements fréquents et abondants, associés à une chloropénie globulaire et plasmatique, seraient en faveur d’un syndrome fonctionnel, qu’une simple cure de rechloruration pourra guérir facilement et rapidement. »

Nous avons recherché chez trois malades de la Clinique Baudeloeque (Obs. 11, II et IV) le taux du chlore globulaire et du chlore plasmatique au cours de l’évolution de la maladie, et dans les mois qui ont suivi.

Malheureusement, chez la malade qui a présenté les chiffres les plus élevés d’urée sanguine aussitôt après l’interruption (Obs. ITIT), cette recherche n’a pu être pratiquée dans les suites de couches immédiates. Seul, un dosage de chlorures du sang total a été pratiqué, révèlant une légère diminution (4 gr. 86), mais ce résultat est loin d’avoir le même intérêt qu'auraient présenté une chloropénie globulaire et plasmatique, du même ordre que celle constatée dans l’observation de M. Lévy-Sorar.

Voici les résultats obtenus :

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Ces résultats, dont l'intérêt aurait été beaucoup plus grand si de plus nombreux dosages du chlore sanguin avaient pu être pratiqués aussitôt avant et aussitôt après l’interrupton, ne révèlent pas de diminution notable de la chlorémie — sauf chez la malade de Pobservation Il, chez laquelle le taux du chlore globulaire et du chlore SE R était nettement diminué avant et après l'accouchement, COIncidant avec une hyperazotémie légère. Chez cette malade, qui accoucha spontanément au voisinage du terme, l’hypochlorémie ne s’accompagnait pas d’un état général particulièrement grave, et rien, du point de vue clinique, ne justifiait l'emploi de la thérapeutique de rechloruration.

Il n’en reste pas moins que l'observation de Horsrein et celle de M. Lévy-Sozar et de ses collaborateurss ont à retenir, car elles suggèrent, malgré les critiques de GOUNELLE, l'utilité de la cure de rechloruration, dont on pourra suivre les effets par des dosages répétés de l’urée et du chlore sanguins.

Mais 1l est nécessaire d’être prudent dans l'interprétation des résultats obtenus par la thérapeutique de rechloruration, comme en témoigne l'observation de E. Brémonn.

E. Brémoxn. — Syndrome azotémique évoluant chez une femme

enceinte, atteinte de pyélonéphrite.

M, Ig., 29 ans. Enceinte de 7 mois. Vendangeuse.

Syndrome azotémique grave, faisant envisager par le médecin traitant l’interruption de la gestation. D’une bonne santé habituelle. la femme a bien supporté la première moitié de la gestation.

En septembre : Œdème malléolaire.

Début brusque le 70 octobre par :

Douleur vive au bas ventre ; Urines rouges comme du sang ; Lit : régime lacto-hydrique.

Depuis lors, l’évolution qui va en s’aggravant est dominée par :

L’oligurie ;

De je

Les vomissements de plus en plus fréquents et abondants ;

Des douleurs vives dans la région de la vésicule ;

De l’amaigrissement et de l’affaiblissement.

Deux incidents :

Congestion pulmonaire bilatérale (fin octobre).

Poussée d’anurie (début novembre). À cette date, des injections de sérum glucosé ont provisoirement ramené la diurèse à près de deux litres.

Azotémie : 31 octobre : 0, 44 ; 19 novembre : 1,31

20 novembre

Mauvais état général : très araigrie, somnolente, subictérique, vomit beaucoup et souvent, langue sèche, rôtie, gencives saignantes.

Constipation, anurie ;

Toux grasse et fréquente. Poumons : râles sous-crépitants ;

Pas d’æœdèmes ;

Pôuls : 120,T.:A 01472-10472;

Douleur vive à la pression dans la région vésiculaire.

Utérus gravide de 7 mois, normal, fœtus vivant.

Aucune douleur à la pression des points pyélo-urétéraux.

21 novembre. — Dosage du chlorure du L. C. R.

Chloropénie : 6 gr. 50 (chiffre normal : 7,30 en NaCl.

On adnumistre du sel : 3 gr. 50 par jour (Sérum physiologique par voie digestive, quand l’estomac sera devenu tolérant). L'apport de sel a été peu considérable ; BLuM enseigne que pour les azotémies inférieures à 3 grammes, la rechloruration peut être désirable, mais non urgente ; d'autre part, l’état pulmonaire faisait craindre des accidents d’œdème aigu, comme il en a été signalé).

Cette rechloruration si timide donne cependant une amélioration nette. 5

Les vomissements et la somnolence s’atténuent.

La diurèse se rétablit. Le pouls se ralentit de 130 à 90.

24 novembre : Ne vomit plus, ne somnole plus.

Urine : 1.200 grammes.

Entre temps, le 22 novembre, était survenu un ictère d'intensité moyenne, sans décoloration des matières.

Le 25 au matin, accouchement après quelques heures de douleurs.

L'enfant ne vit que quelques heures.

Un dosage d’urée dans le sang prélevé aussitôt après l’accouche-

ment, montre que l’azotémie a fortement augmenté, contrairement à ce que faisait prévoir l'amélioration clinique: elle est passée de Ler. 31 (le 19 novembre) à 2 gr. 35 (le 25 novembre).

Dans le Post Partum, tous les symptômes anormaux s’amendent rapidement, et si complètement que la malade pourra se lever le 12e jour, et rentrer chez elle le 15e,

À noter que la température qui se mainenait entre 3603 et 370, peut-être sous l'influence hypothermisante de l’azotémie, est montée à 37/05-380. La diurèse atteint deux litres. L’analvse des urines montre l’absence d’albumine et de cylindres, et l’existence d’une forte pvurie à colibacilles.

L’azotémie s’abaisse :

Le 28 novembre à 1 gr. 69 (3€ jour) ; Le 5 décembre à 0 er. 31 (10 jour).

Cette observation présente, avec celles d'Horsrein et de M. Lévy-SoLaL, des points communs et des différences :

19 Points communs.

a) L'absence d’antécédents rénaux, d’albuminurie importante, de cylindrurie (1), permettent d'éliminer la néphrite proprement dite et la toxémie de la fin de la gestation.

b) L'existence d’un syndrome de déshydratation marquée, avec vomissements fréquents et abondants et subictère (HorsTEeiIN) ou ictère franc (BrRÉMoN»).

20 La différence primordiale consiste dans ce fait que le syndrome clinique et humoral d’azotémie par manque de sel est apparue au moment (HorsreiN) ou après l’accouchement (Lévy-SoLaL),eta évolué pendant les suites de couches chez les malades d'Horsteix et de M. Lévy-SoLar, alors qu'il est apparu avant l’accouchement et s’est amélioré rapidement aussitôt après l'évacuation de l'utérus gravide chez la malade de Buémono.

Chez celle-ci, d’ailleurs, le syndrome humoral n'a pu être établi au complet, puisque seul le chlore du L. C. R.

(1) Cependant, chez la malade d’'Hofstein, les urines contenaient des cylindres granuleux.

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