‹ Contribution à l'étude de la pyélonéphrite dite "gravido-toxique"Chapitre 53 sur 67 · PRONOSTIC MATERNEL ÉLOIGNÉ · texte numérisé non relu

PRONOSTIC MATERNEL ÉLOIGNÉ

Deux points sont à envisager : |

19 Les formes gravido-toxiques de pyélonéphrite laissentelles, après leur guérison, des séquelles chniquement ou biologiquement appréciables ?

20 Les récidives, lors de gestations ultérieures, sont-elles fréquentes.

À. — SÉQUELLES ULTÉRIEURES

Pour Caevassu, « les malades qui sont perdues de vue après la grossesse alors que leurs urines contenaient encoré du pus, risquent d’en garder encore longtemps et de faire des poussées à toute occasion ; en un mot, elles dilatent et sclérosent leurs reins,-et il apparaît comme très probable qu'un grand nombre des affections rénales de la femme ne sont que des séquelles rénales gravidiques ».

Tous les auteurs sont d'accord pour reconnaître la longue persistance des colibacilles et même des leucocytes dans les urines des femmes apparaissant cliniquement comme guéries.

FH. GRiève a suivi ainsi 188 cas, parmi lesquels il a pu en examiner 100 personnellement :

— 54 femmes paraissaient être guéries subjectivement ; — A0 -—- paraissaient guéries objectivement dont — 30 -— demeuraient guéries en dépit de grossesses | ultérieures :

— 2 — paraissaient guéries, mais elles continuaient à se plamdre de troubles urinaires ;

— 26 — n'étaient guéries ni cliniquement, ni bac-

tériologiquement ;

— 14 — conservaient de la bactériurie ; — — avaient des symptômes subjectifs.

HasezHorsr, sur 62 malades, a observé 39 fois des troubles précoces ou tardifs : à

19 ont eu des récidives de pyélonéphrite au cours de

grossesses ultérieures ;

3 ont présenté de l'hypertension artérielle ; 4 ont eu des œdèmes ;

19 continuaient à souffrir des régions lombaires.

Dans 19 cas, l’examen des urines recueillies par sondage révéla la présence d’albumine, et dans tous les cas on trouva des leucocytes et des cellules épithéliales. |

Enfin, d’après la statistique de Nauyoks, sur 37 femmes dont la pyélite datait de 2 à 20 ans :

Î{ mourut d’une récidive ; 25 sont guéries ;

8 ne sont pas guéries, ni cliniquement, ni bactériologiquement ;

» ne peuvent être jugées exactement et doivent vraisemblablement être considérées comme non guéries.

Tous ces chiffres concernent des pyélonéphrites dont l’évolution au cours de la gestation a pu revêtir un aspect et une gravité très variables, et ne concernent pas spécialement les formes dites gravido-toxiques. Les documents manquent sur ce point pour juger avec-certitude de l'avenir des femmes qui ont présenté de tels accidents au cours de leur gestation.

Nous avons examiné chez trois des malades observées à la Clinique Baudelocque, les urines au point de vue chimique et bactériologique, et la valeur du fonctionnement rénal plusieurs mois après l’interruption de la gestation :

Observation 11. — La malade a présenté des accidents gravido-toxiques ayant nécessité l'interruption à 4 mois 1 /2 au cours de la première gestation ; et une pyélonéphrite grave bilatérale au cours de la 2€ gestation survenue un an après. Cette deuxième gestation se poursuivit Jusqu'à l'accouchement spontané au voisinage du terme, grâce à des drainages uretéraux répétés.

En mars 1933, 7 mois après l’accouchement la femme se

plaint encore de douleurs lombaires. On provoque une légère douleur dans la région lombaire gauche et sur le trajet de l’uretère gauche. Les reins ne sont pas perçus.

Il existe un léger œædème malléolaire plus marqué à gauche.

En janvier 1934, 17 mois après l'accouchement, la femme est bien portante, a engraissé et ne se plaint plus d’aucun trouble fonctionnel. |

7 mois 17 mois après l'accouchement après l’accouchement

POIUS A Pre 56 kilogrammes 58 kgs 300

Urée sanguine ..... 0,45 0,40

Ch. globul. 1,99 0.53 Chlor. sang total (en NaCI) : Chl. plasm. 3,76 \ 5,03

Chlor. globul. —

Chlore sanguin ....

6,20 (en NaCl)

P: 50 % 70,42 % Urines : Urée : 17,50 par litre Ex. chimique Chlorures : 14,52 par litre Ex. microscopique .[Présence de colibacilles Rares colibacilles

; Très rares leucocytes isolés

Pas de cylindres ]

Les résultats des examens du sang et des urines, notés dans le tableau ci-joint, montrent que la femme conservait encore des cohbacilles, rares, 1l est vrai, à l'examen à l’état frais des urines pratiqué aussitôt après leur prélèvement. Par contre, on ne pouvait noter aucun trouble des fonctions rénales : le taux d’urée sanguine était sensiblement normal, de même que le taux du chlore sanguin, et l'élimination de la phénolsulfonephtaléine.

RE ee

Observation III. — Chez cette malade il persistait, 7 et 9 rois après l’interruption de la gestation, une bactériurie constatée à deux reprises, une légère diminution de la

concentration urinaire de l’urée et des chlorures, et surtout une altération de la fonction rénale se traduisant par un chiffre trop élevé (0,49) d’urée sanguine chez une jeune femme de 25 ans, chiffre qui revint ensuite à la normale, et par une diminution nette et persistante de l'élimination de la phénolsulfonephtaléine (25 % et 33 % au lieu de 50 à 63 %). Il semble donc persister chez elle une insuflisance rénale fonctionnelle légère, mais nette. Le taux de la chlorémie est par contre normal.

7 mois 9 mois après l'interruption après l’interruption

Urines Leucocytes + colibacilles +|Leucocytes + : 466 par (examen à l’état frais etl em? colibacilles + culture) Urines : Urée H0=par litre 11,50 - Chlorures. .| 7 gr. 60 par litre 13,66 Urée sanguine ...…. 0 gr. 49 par litre 0,38 Chl. Globul. : 2 Chl. Plasm. :

Rapport

Phénolsulfonephta-

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