CHERS
cathétérisme, l'évacuation de l'utérus prématurée ou après l'accouchement, amènent la disparition des troubles. Si le facteur raécanique est si peu important, pourquoi une femme sans antécédents urinaires fait-elle une pyélonéphrite à l'occasion d’une gestation si propice à la compression urétérale ?
Vaudescal, de Beaufond et Porcher ont étudié les voies excrétrices des femmes enceintes ayant des urines claires, par la pyélographie. Ils ont vu que la sensibilité du bassinet disparaît ou diminue dans 60 % des cas, la tonicité et la motricité dans 65 % des cas. Ils ont constaté une véritable atonie des voies excrétrices, avec images pyélographiques étalées et dilatées. Par des radiographies en série, ils ont vu que les contractions sont affaiblies, paresseuses et plus espacées.
Ces troubles prédominent du côté droit. Leur maximum est atteint pendant Îles derniers mois.
Ils ont étudié six pyélonéphrites gravidiques.
Ces lésions, disparition de la sensibilité, dilatation, absence d'évacuation, ont été constantes.
Après l'accoucfement au contraire, les voies excrétrices montrent un état hyperkinétique avec évacuation rapide.
L. Seng (de Montréal) a fait des constatations à peu près semblables. Il a remarqué que, toute femme enceinte, présente un certain degré de dilatation de l’uretère et du bassinet. Cette dilatation peut commencer à la sixième semaine. Le
maximum est atteint vers la vingt-deuxième et
; vingt-quatrième semaine. À moins d'existence d’autres lésions aiguës ou chroniques, elle n’est jamais - considérable. Vers la vingtième semaine, s'y ajoute une certaine rétention pyélo-urétérale qui persiste jusqu’à la fin de la grossesse et varie en intensité suivant le sujet.
Le côté droit est beauroup plus souvent atteint que le gauche, mais les lésions bilatérales ne sont pas rares. Les multipares sont atteintes plus précocement, plus souvent et plus gravement, que les primipares. La stase existe toujours avant l'accouchement, et persiste plus ou moins longtemps, mais à un moindre degré dans le post-partum.
La rétention pyélo-urétérale existe donc à un degré plus ou moins accentué chez toute femme enceinte et cet état persiste longtemps. Chez les femmes enceintes et chez les accouchées paraissant nor-
males, Seng a pu démontrer l’existence de lésions
probables par la présence de pus et de colibacilles
dans les urines.
Lévy-Solal, Misrachi et Salomon ont retrouvé dans cinq cas de pyélonéphrites de la grossesse. les anomalies anatomiques de l'arbre urinaire par la radiographie.
Il y a donc comme cause principale de la pyélonéphrite gravidique un état de stase,
Cette stase est, soit de cause mécanique. soit plus souvent de cause dynamique, comme on l'admet de plus en plus. Il y a alors atonie des voies excréirices
que la pyélographie seule ne peut mcéttre en évi-
CLS
dence. Il faut mettre en œuvre la pyéloscopie (Legueu) ou l’urétéro-pyélographie en série (de Beaufond).
L'état hyperkinétique constaté par Vaudescal, de Beaufond et Porcher, après l’accouchement, expliquerait bien la guérison généralement rapide qui suit l'expulsion du fœtus.
De Beaufond attribue l'atonie pyélo-urétérale au déséquilibre momentané du système neuro-végétatif et des fonctions endocrines, lié à la gravidité.
Le Professeur Vincent a émis l'hypothèse que la constitution même du glomérule au niveau duquel le cours du sangest ralenti à tel point que les globules rouges doivent se déformer pour passer dans ses capillaires, peut expliquer la formation et la persistance de certains foyers colibacillaires. Le colibacille qui se trouve dans le sang et qui, comme nous le savons, est très prolifique profite de la stagnation du sang à ce niveau pour s’y multiplier abondamment et créer des foyers microbiens. Il écrit : « il me paraît, que la disposition des artères rénales, toutes terminales, enfin que la structure de l’artériole qui forme les plicatures du bouquet glomérulaire favorise spécialement ces infections microbiennes. Physiologiquement, la circulation sanguine subit, en eflet, dans le réseau vasculaire du glomérule de Malpighi, un ralentissement qui favorise l’osmose urinaire. On sait, en effet, que lors-
qu'on injecte l’artère rénale, tout le réseau artériel
du rein est rempli, à l'exception des arteriæ rectæ