SOS
ne peut donc tirer de ce cas des conclusions absolues.
Ogs. V. — Pyélonéphrite grave, déclarée brusquement dans les suites de couches, chez une femme vraisembla-
blement déjà porteuse de colibacilles.
(Observation de la Clinique Tarnier).
Mme C.…., Marguerite, 30 ans, primipare. D. R. du 27 novembre au 5 décembre.
Elle a été suivie au cours de sa grossesse. Au sixième et septième mois : grossesse normale. Au huitième mois, on note un petit fibrome de la paroi (D' Desoubry). A 8 mois 1/2, fibrome du corps. Bassin généralement rétréci. Tête mobile au-dessus du D.S. Enfin, près du terme, même diagnostic.Tête engagée.Le 1er octobre,on note : sommet à la partie haute de l’excavation, gauche vivant, col largement perméable à l’orifice interne. Petit fibrome du corps. Membranes intactes. Le 5, elle entre à la salle de travail, la dilatation se poursuit,est complète à 9 heures, mais malgré les efforts expulsifs répétés, pendant plus d’une heure, la tête ne progresse pas, les bruits du cœur se modifient. On tente une première application de forceps Kielland sans résultat. On applique enfin le forceps Tarnier et on réussit à extraire un enfant de 3 kgrs. 350, que l’on ranime. Une épisiotomie a été nécessaire (3 crins).
Délivrance naturelle complète (400 grammes). Membranes
infiltrées de méconium.
Les suites de couches. — Le premier jour (6 octobre), la température est de 37° 0, le pouls à 100.
Bouillie lactique et mèche périnéale. Régime lacté.
Le lendemain et les jours suivants, la température s'élève rapidement pour atteindre 40°. La malade présente une diarrhée très prononcée et du ballonnement du ventre. On supprime la glace.
Le 8, sonde rectale — anis, aspirine, julep-codéine et cataplasmes, parce que la malade présente de la bronchite. Le 9, on ajoute à la bouillie, des injections vaginales quotidiennes. On reprend la glace surle ventre — ventouses.
On note une incontinence des sphincters, la malade urine et en même temps va à la selle involontairement.
Le 10, le professeur Brindeau constate que la malade urine par engorgement (paralysie du muscle vésical). Il la sonde et trois sondes en verre sont bouchées par du pus épais. Il retire deux litres d'urine environ. Il prescrit : deux sondages par jour, suivis d’injections intra-vésicales de 20 cmc.de glycérine boratée ; 1/4 de emc. d'hypophyse sous-cutanée, matin etsoir. On continue à traiter la bronchite.
Les urines examinées au laboratoire montrent la présence de pus et de colibacilles. Le professeur Brindeau prescrit de faire 4o cmc. de sérum anti-colibacillaire de Vincent, 4o cmc. le jour suivant et continuer à la dose de 10 cmc. jusqu'à éclaircissement des urines.
Le 11, la température est toujours à 3907-3905. Biolactyl, urotropine, bouillon de légumes, limonade.
Après sondage, une fois par jour, lavage de la vessie avec
200 mc. d’une solution de nitrate d'argent au 2/1,000 pour
AOF AIR
le début, au 1/r.000 ensuite. Urine : 1 litre 1/2. On fait 4o cmc. dé sérum de Vincent intra-musculaire,
Le 12, on supprime l'allaitement. Lavage de vessie au nitrate d'argent à 1/1.000. Glycérine boratée, Etc.
On enlève les crins parce que le périnée suppure et se coupe.
‘Urine : 2 litres. On fait 4o eme. de sérum.
Le 13, même traitement, 20 eme. de sérum de Vincent. Une hémoculture est négative.
Diarrhée fétide mais moins liquide. Urine : 2 litres, La mala de ne peut uriner seule. Vers minuit : sondage.
Le 14, la malade urine seule.
Diarrhée moins abondante. Plaie périnéale même état. Urine très trouble : 2 litres ; 20 cmc. de sérum de Vincent.
Le 15, la culture des urines donne du colibacille. On cesse le lavage de vessie. On continue le sérum à la dose de 20 CMC.
Les jours suivants, 16,19,18, on continue les injections de sérum (20 cmc.). Le 19, ro eme. Puis, on cesse,
La température est progressivement revenue à la normale. Le 24, les urines contiennent seulement quelques leucocÿtes mais une grande quantité de colibacilles.
Le 5 novembre, on ne trouve plus ni pus, ni colibacilles.
Le 14 novembre la malade sort guérie.
Dans cette observation au point de la symptomatologie, on peut noter : la diarrhée liquide abondante et fétide, l’incontinence sphinctérienne anale, la paralysie du muscle vésical avec rétention et
miction par régorgement, Comme dans l’observa-
2 RD Nes
tion précédente, on note la présence de bronchite. Le colibaciile étant un microbe voisin du bacille d’Eberth et celui-ci donnant dans la dothiénentérie une bronchite lévère, qui en est d’ailleurs un bon signe, on peut penser qu’elle fait aussi partie de la symptomatologie de la colibacillose.
Au point de vue de l'action du sérum, nous avons vu qu'il a agi rapidement sur les signes généraux, que la température est revenue progressivement à la normale. La diarrhée, les troubles sphinctériens, la rétention d'urine, ont cédé rapidement.
Donc, guérison de cette forme grave en quelques injections seulement et sans lavages du bassinet.
Ons. VI. — Forme grave prolongée, succédant à deux grossesses antérieures.
(Observation du Dr Chevassu et du Professeur Vincent).
Jeune femme de 28 ans, deux fois mère, qui après sa première grossesse commença une pyélonéphrite intense et fort grave, non moins rebelle puisque, malgré la série des médications et des vaccinations usuelles, malgré des lavages réitérés de la vessie pendant deux ans, puis du bassinet, du rein droit, pendant un an, avec des agents antiseptiques, tels que le nitrate d'argent, elle continua d’avoir pendant trois ans, une alternance de suppuration profuse du rein et d'élimination colibacillaire très abondante, sans aucune rémission. L’urine aussi trouble qu’une culture en bouillon,
contenait une quantité prodigieuse de colibacilles. J’en a
VA |, a} Des compté 5 à 10 millions par cmce., et ce chiffre était certaine ment inférieur à la réalité. On fit à la malade, pendant quatre jours, quatre injections successives d’une ampoule de 20 cmc. de sérum anti-colibacillaire. M. le D: Chevassu, pratiqua, en même temps, plusieurs lavages du bassinet et de la vessie. (Il est inutile de rappeler que les lavages antiseptiques du bassinet et de la vessie sont incapables à eux seuls de guérir la pyélonéphrite. Du reste cette malade traitée pendant trois ans, sans aucun résultat par ce moyen en apporte un nouvel exemple). L’urine s'éclaircit dès Ja troisième injection, puis devint tout à fait limpide vers le sixième jour, des analyses réitérées de l'urine faites deux semaines plus tard, puis six mois et un an après ont montré
l’absence constante et totale du bacillus coli.
Dans cette observation, notons la persistance de la pyélonéphrite longtemps après l’accouchement. L’inefficacité de la vaccination, des lavages de la vessie pendant deux ans, du bassinet droit pendant un an. Résistance pendant trois ans à tous ces traitements.
Le sérum amène la guérison en quatre injections de 20 cmc. On y associe les lavages du bassinet, mais seulement comme adjuvantutile, et non nécessaire.
Guérison complète, vérifiée après un long inter-
valle.