NIQUE
Oss. VII. — Forme grave prolongée avec troubles
entériliques intenses et troubles psychiques accentués.
(Observation du Df Lippens).
Mme H... 49 ans.
En 192, trois semaines avant un premier accouchement, elle fait une entérite suraiguë fébrile qui passa à l'état chronique et se prolongea pendant plus d’un an jusqu'à la fin de 1923. Son urine devint purulente, les symptômes de pyélonéphrite suppurée prirent une acuité nouvelle à l’occasion d’une deuxième grossesse. L'urine examinée renfermait de nombreux colibacilles, du staphylocoque, du tétragène.
g injections d’auto-vaccins faites, à ce moment, n’amenèrent aucune amélioration. !
Accouchement difficile, hémorragie utérine abondante.
Après ces événements, l’entérite chronique reparaît aussi pénible. Constipation alternant avec des crises très douloureuses de diarrhée, tantôt muqueuse ou glaireuse tantôt séreuse et mousseuse, entérospasme presque continu, coliques rebelles.
Plusieurs séries d’un nouveau vaccin anti-colibacillaire sont injectées deux fois par semaine, d’abord sous la peau, puis dans les veines, mais ce fut en vain. Les crises d’entérocolite persistent, les reins restent douloureux, les urines
toujours purulentes.
La malade, institutrice, doit quitter sa profession pendant
plusieurs années. A l’état intestinal, faisaient escorte une
dépression morale complète, de l'hypocondrie, du dégoût
de la vie, insomnie rebelle, un amaigrissement et une anémie très marqués. « Depuis cinq ans, écrit le Dr Lippens, la malade confinée chez elle, sans avoir repris ses fonctions, menait une vie lamentable ».
Au mois de janvier 1928, on demande son sérum au Professeur Vincent. 4 injections sous-cutanées de 20 cmc.furent faites en quatre jours.
Le sérum anti-colibacillaire amena brusquement la cessation des symptômes morbides si sévères et si anciens, dont souffrait cette malade. « En quelques jours, la malade était transtormée, elle ne s'était jamais sentie aussi allègre depuis cinq ans ». La pyurie avait complètement cessé. Le colibacille, recherché, à plusieurs reprises dans les urines, avait disparu.
Six mois après, un nouvel examen d'urine demeure négatif «la patiente est parfaitement bien portante, boit et mange normalement ». {Elle a repris ses fonctions dans
l’enseignement, les accidents n’ont plus reparu.
Au point de vuesymptomatologique, remarquons : les symptômes d’entérite chronique, spasmodique, les coliques si persistantes et si pénibles. Les débâcles diarrhéiques alternant avec la constipation. Pitié remarquables: la dépression morale complète, l’hypocondrie, le dégoût de la vie, l'insomnie rebelle, l’amaigrissement, l’anémie. Tous symptômes qui font certainement partie du tableau de l'intoxication colibacillaire. Les premiers étant dus à l'entéroxine, les seconds à la neurotoxine. Les exemples semblables sont nombreux.
N. J. Alfonsi 6
En re
Insistons sur ce fait que le régime, l’antisepsie intestinale, les nombreux essais de vaccination,restèrent sans etfet.
Sous l'influence du sérum, au contraire, tous ces symptômes ont disparu en moins d’une semaine, après quatre injections de 20 cmc. seulement.
Cela suffit à prouver leur origine colibacillaire. A lui seul, dans ce cas encore, le sérum a guéri la pyélonéphrite, les microbes ont totalement disparu de l’urine. Sans adjonction de lavage de la vessie ou du bassinet. Le sérum s’est montré à la fois
anti-toxique et anti-microbien.
Le D' Petit, dans sathèse, cite encore des exemples de pyélonéphrites colibacillaires succédant à la grossesse, rapidement guéries par la sérothérapie.
Le Professeur Spyridion Oeconomos relate deux cas de pyélonéphrites de la grossesse ainsi traitées. L'une a été complètement guérie par quatre injections de sérum. Dans l’autre, le sérum amena une légère baisse de température, maïs celle-ci s’est élevée de nouveau et plus haut au bout de huit jours. L'aide du cathétérisme urétéral à demeure pendant 24 heures amena la guérison complète. Il relate encore deux cas de pyélonéphrite succédant à la grossesse. Dans un premier cas, deux injections de sérum amenèrent une apyrexie brusque, complète,
définitive. Les urines restent troubles, colibacillifères (1).
Dans un deuxième cas, on fit deux séries de sérum, la première ne comprit que trois injections. On dut s'arrêter pendant quinze jours pour se procurer du sérum. On recommença le traitement pendant cinq jours de suite à la dose de 40, 30, 30, 20 et 20 cmc.
Le résultat fut tardif mais bon. La température s’abaissa de 41°, continua à être élevée pendant huit jours, puis progressivement, revint complètement à la normale. Les urines sont devenues limpides et stériles.
1. Mais le lavage du bassinet et de la vessie n’a pas été fait, contrairement aux prescriptions formelles du Professeur Vincent.