CONDUITE A TENIR EN CAS DE PYÉLONÉPHRITE GRAVIDIQUE
Il faut d’abord, en présence d’une forme légère ou moyenne, appliquer le traitement médical classique.
Mettre la femme au repos le plus complet possible, au lit, en position demi-assise et inclinée du côté sain.
Régime lacto-fruito-végétarien. Boissons diurétiques abondantes.
Libération intestinale par des moyens simples, capitale. Il faut coûte que coûte vider l'intestin de son contenu septique. Si les moyens simples ne suffisent pas, donner une purgation, mais en prévenant de la possibilité d’une réaction générale d’ailleurs passagère.
Uroformine ou collargol.
Nombre de pyélonéphrites gravidiques, guérissent par ces moyens simples. Afin de juger l’évolution, on notera la température et le pouls, on étudiera les siznes généraux et locaux, on mesurera la quantité d’urines. On pratiquera enfin l’examen cytologique et bactériologique des urines, on déterminera exactement le microbe en cause. Il est important de savoir si l’on a affaire au colibacille seul, dans le cas où l’on applique la sérothérapie spécifique, et aussi de savoir quels sont les microbes associés. S’il s'agit
d'entérocoque par exemple, le pronostic est bon.
EX FAP
2 a en
S'il s'agit de streptocoque, le pronostic est plus
grave et il faut employer aussi le sérum antistreptococcique de Vincent.
Il ne faut pas considérer comme guérie, une femme qui conserve des colibacilles dans les urines. Si les accidents continuent, la température reste un peu élevée, c’est qu’il y a une rétention dans le bassinet. Il faut la combattre. On emploiera d’abord la distension vésicale selon la méthode de Pasteau, en se servant d’eau bouillie simple ou boriquée. Cette manœuvre simple est excellente et réveille les contractions pyélo-urétérales. On ne doit pas l’employer en cas de cystite. Si l’amélioration ne se produit pas, il faut faire appel au spécialiste qui pratiquera le cathétérisme de l’uretère. Simple chez la femme enceinte, bien qu’il demande chez elle quelques précautions particulières, il est toujours possible. Il fait ensuite le lavage du bassinet avec une solution non irritante : eau boriquée à 4 %, sérum phÿsiologique tiède, puis avec la solution de nitrate d'argent à 1%, trois à dix centimètres cubes qu'on laisse refluer ensuite.
Mais, à l'heure actuelle, il y a intérêt, même dans les formes moyennes, à s'attaquer très vigoureusement à.l’infection colibacillaire et à récourir, pour cela, à la médication qui a le plus d'action sur le colibacille : la sérothérapie. On sait l'importance de la persistance d’une colibacillurie chronique, et le sérum a d'autant plus d'action qu'il est employé
plus tôt.