‹ Contribution à l'étude de la pyromanieChapitre 19 sur 30 · III. -— DEs GARACTÈRES CONSÉGUTIFS · texte numérisé non relu

III. -— DEs GARACTÈRES CONSÉGUTIFS

A L'ACTE PYROMANIAQUE

A) Satisfaction consécutive.

Après l’accomplissement de l'acte, la détente est complète, les individus sont assouvis, ils sont l’objet d’un sentiment de sérénité et de béatitude. Puis ils réagissent différemment suivant leur constitution : certains éclatent en transports de joie, d’autres éprouvent de simples regrets, il v en a enfin qui ressentent de si violents remords qu'ils se livrent à la justice. IT en est aussi qui manifestent l'indifférence la plus complète, tel est le cas de notre observation IT.

L'impulsion disparaît ainsi pour un temps plus ou moins long, mais, hélas ! revient dans les mêmes conditions psychiques pour disparaître et reparaître encore. On comprend alors comment ces infortunés semblent jouir de la plénitude de leurs facultés, non

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seulement dans l'intervalle de leurs crises mais encore aux instants mêmes de la perpétration de leurs forfaits.

B) Empressement à porter secours.

Dès que l'alarme de l'incendie est donnée, le pyromane est très souvent un des plus empressés au sauvetage et cherche à se rendre utile. Doit-on incriminer l'absence de sens moral, de sens social ? Cette spontanéité à éteindre les feux qu'il a allumé avec tant d'habileté n'est-elle pas un artifice pour donner le change ? Peut-être pas tant cela qu'une poussée de remords subite concordant avec une prise de conscience qui le met en face de la véritable portée de son acte. Ce caractère à une réelle valeur et se retrouve dans trois de nos observations.

L'incendiaire criminel s'empresse de disparaître du lieu du sinistre, il craint, et sa crainte est logique, que sa présence éveille des soupçons. L'incendiaire pyromane est souvent le premier à donner l'alarme et le plus ardent à porter secours ; peut-être aussi agit-1l dans une certaine mesure avec le secret espoir de dissiper toute méfiance ? Mais il se peut qu'il cède à un autre sentiment aussi altruitiste que le précédent est égoïste. Revenu à son état normal par l’assouvissement de son instinct pathologique, il déplore sa mauvaise action et s'efforce de réparer, dans la mesure de ses forces, le mal dont il a été l’auteur involontaire quoique conscient.

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C) Dissimulation à l'enquête.

« Le feu couve dans une âme plus sûrement que sous les cendres. » L'incendiaire est, comme nous le verrons, le plus dissimulé des criminels. A l'asile, le pyromane le plus caractérisé est serviable ; il n’y à qu'une chose qu'il prétend ne pas savoir faire : allumer le poêle.

En effet, le plus souvent le pyromane nie être l’auteur des crimes dont il est accusé. Sur nos sept observations, un seul a avoué immédiatement et spontanément. Marandon de Montyel trouve cette dissimulation constante chez les pyromanes, un phénomène assez curieux, comparé à la « franchise » des autres impulsifs. « Quelle différence, dit-il, entre l'impulsion au feu et l'impulsion à l’homicide ; celui-ci non seulement est prompt à se dénoncer une fois son besoin de meurtre ou de sang assouvi, mais souvent même, au milieu de son anxiété maladive, il s’empresse de révéler le mal dont il est tourmenté, de supplier ses parents, ses amis, de le mettre dans l’impossiblité de nuire. Jamais on n’a vu un pyromane trahir le secret de ses préoccupations et solliciter comme une grâce de ne pouvoir mettre le feu ».

Pourquoi ce contraste ? Le même auteur pose plusieurs questions : est-ce parce qu'elle est l'apanage de déficients intellectuels dont l’arme favorite est la ruse ? ou n'est-ce pas plutôt le peu de traces laissées par leur crime qui «'onnerait à ces infortunés l'espoir d’échapper par la fourberie aux poursuites judiciaires ? Enfin n'est-ce pas plutôt parce que la pyromanie sévit sur-

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tout chez les paysans, gens de leur nature sournois,

peu expansifs et peu sincères ?

Le Pyromane

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