CHAPITRE II
Les divers facteurs de la Détermination du sexe.
La tâche la plus ardue est certainement de grouper dans un ordre satisfaisant les nombreux facteurs qui ont été invoqués comme déterminant le sexe. Nous avons essayé de les réunir dans une classification quin’est pas à l’abri des reproches, sans doute, mais qui contient sûrement les faits expérimentaux les plus importants concernant la question qui nous occupe. C'est elle que nous suivrons dans notre exposé.
Lumière.
Chaleur.
Froid.
Electricité.
Par des | Richesse.
Par des à) agents physiques.
Climats.
Ville.
causes externes
L Campagne.
Le SEXE L es Ilégitimité.
que les agente esl c) condition des
physiques.
’ 0 LA déterminé générateurs.
Par la d) condition de l’œuf lui-même,
Causes sociales.
Traumatismes, Nutrition.
Par la Age, Degré de vitalité. a dr Age de l'œuf.
Fécondation.
| Fécondation pré ou post menstruolle,
Hope
$ 1. — Le sexe est déterminé par des agents physiques.
a) Lumière. — On a très peu expérimenté dans ce sens : on a cependant noté la prédominance du sexe mâle chez les plantes élevées à l'obscurité. Les vers à soie se développeraient plus rapidement à la lumière rouge et produiraient plus de femelles.
b) Chaleur. — Froid. — Il convient de rappeler ici une vieille observation de Knight, sur le melon d'eau cultivé dans une serre où la température pouvait s'élever jusqu’à 43°. « La plante, dit Knight, pous- « sait avec une vigueur luxuriante, et fleurit abon- « damment, mais toutes ses fleurs étaient mâles. « Cela ne me surprit guère, car plusieurs années « auparavant, J avais réussi, par l’action continue « d’unetempérature très basse, à faire produire à des « concombres uniquement des fleurs femelles, et je € suis convaincu que chez l’une et l’autre de ces « eucurbitacées on peut obtenir à volonté, sur une « même tige, des fleurs mâles ou des fleurs femelles « par l’action des agents extérieurs. »
En 1898, Molliard (112) a expérimenté sur deux lots de graines de Mercurialis annua, dans les mêmes conditions de sol et d'exposition, mais l’un recut une chaleur égale à 12°, l’autre à 18°5. Dans le premier lot, Molliard a obtenu 86 pieds femelles pour 100 màles ; dans le second, 90 pieds femelles pour 100 mà-
Dr —
les. Bien que la différence ne soit pas considérable, comme elle est dans le même sens pour tous les semis partiels, il semble bien que la chaleur favorise chez la Mercuriale, la production d'individus femelles.
Nombreux sont les auteurs qui ont entrepris les mêmes recherches dans la série animale. Nous citerons seulement Maupas, dont les expériences sur les Hydatina senta, petits rotifères, sont du plus haut intérêt. Les A/ydatina vivant à la température de son laboratoire, donnaient une faible quantité de pondeuses de femelles, et une majorité de pondeuses de mâles ; placées dans un appareil réfrigérant, elles donnent au contraire une majorité de pondeuses de femelles et très peu de pondeuses de mâles. Mais Nüssbaum (113) tout en déclarant exact le fait entrevu par Maupas en donne une autre explication. Pour cet auteur, les facteurs en jeu sont autres que la température ; l'abaissement de celle-ci détermine l'arrêt de la pullulation des infusoires, et affame les Hydatina, tandis que son élévation produit un résultat inverse; la nutrition serait donc le facteur important et non la température.
Punnett (178) en 1906, Whitney en 1909, arrivent à la conclusion que la température ne joue aucun rôle dans la détermination du sexe chez //ydatina.
Geddes et Thompson (87) rapportent que chez les pucerons ou aphides, il y a surproduction de femelles quand la chaleur augmente.
Tous ces faits sont peu probants; les contradictions qu'ils ont soulevées leur ôtent beaucoup de
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leur valeur, et, de plus, ils ne sont pas assez nom-
breux pour que l’on puisse en tirer une conclusion
quelconque.
Chez l’homme, il est compréhensible que l’on n'ait
pu faire des expériences dans ce sens, mais alors
une autre considération intervient, se rattachant
toujours à l’action de la chaleur et du froid, c'est le
rôle des climats.
« ‘ Le changement de climat a sur la répartition des sexes une influence que l’on n’a pas assez mise en évidence, elle est pourtant l’une des plus nettes parmi celles qu’on invoque comme causales. Dans l'espèce humaine où les déplacements sont faciles et nombreux, on a pu faire d’intéressantes observations sur ce point. Les voyageurs rapportent que dans les pays chauds où la race blanche
s’est installée, il y a prédominance dans la nata-
lité des filles sur les garçons. Ainsi à Java, sur 7 naissances parmi les Européens, il y aurait 5 filles pour 2 garçons ; dans le Yucatan, il y aurait 8 filles sur 10 enfants, tandis que dans les populations autochtones, il y a à peu près égalité dans la natalité des deux sexes.
« [l'en est de même dans les pays très froids. Le gouvernement danois publie de bonnes statistiques sur la situation du Groënland. Or, celle de 1891 nous apprend qu'on trouve dans cette colonie 5.432 femmes pour 4.812 hommes et cette prédominance de l’élément femelle est due à une nata-
! Traité de Zootechnie. = Cornevin.