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Hoffmann à dire que les mâles sont des avortons insuffisamment nourris à un certain stade de leur développement embryonnaire.
MM. Cornu, Giard et Magnin ont démontré que le développement d'un parasite, /' Ustilago antherarum provoque l’apparition d'étamines dans la fleur femelle du ZLychnis vespertina : nutrition défectueuse par implantation d'un parasite, apparition de mâles.
M. Laurent (156), dont les recherches ont porté sur sept années consécutives, conclut que l’alimentation peut influer directement sur le sexe des plantes observées (diviques). Ainsi chez l’épinard, un excès d'engrais azoté ou de chaux donne plus de pieds mâles ; la potasse et l'acide phosphorique augmentent le nombre de pieds femelles. Quant aux graines produites par les plantes cultivées avec excès d'engrais azotés, elles ont produit moins de pieds mâles, plus de pieds femelles et, parmi les individus monoïques, un plus grand nombre defleurs femelles. Au contraire, un excès de potasse et d’acide phosphorique ou de chaux prédispose les graines à donner plus de pieds mâles parmi les individus dioïques et plus de fleurs mâles chez les individus monoïques.
Éa tendance générale actuelle est d’admettre qu’une nutrition favorable provoque l'apparition de fleurs femelles et, des conditions défectueuses, l'apparition de fleurs mâles. Beaucoup d'auteurs se sont élevés contre ces affirmations : Hildebrand (103), par exemple, constate que chez le petit houx (Ruscus aculeatus), la pénurie de nourriture provoque l'apparition de fleurs femelles. Blavet, en transportant
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quelques tubercules de Thladiantha dubia dans un sol plus nutritif et plus humide a obtenu des fleurs mâles. Molliard (112), en mettant des plants de chanvre dans des conditions défectueuses obtient une abondance de fleurs femelles et peu vivaces.
Tous ces faits ne sont que peu nombreux, par rapport à ceux admettant le rôle prépondérant de la nutrition dans la détermination du sexe chez les plantes, et ils ne sauraient avoir que la valeur d’une exception intéressante.
Nous avons déjà vu plus haut le rôle que Nüssbaum fait jouer à la nutrition pour déterminer le sexe chez les Aydatina, nous n'y reviendrons pas, mais il n'est pas le seul. Geddes et Thompson (87), admettent qu'une nourriture abondante provoque chez les alphides ou pucerons une prédominance de femelles.
De Kerhervé (93), conclut de ses travaux sur les daphnides (Daphnia psittacea), que l'apparition du mâle est liée uniquement aux mauvaises conditions d'existence; car des daphnia parfaitement nourries donnent sans discontinuer des œufs parthénogénétiques qui évoluent tous en femelles ; au contraire, lorsque la ration alimentaire est distribuée avec parcimonie, il apparaît outre des œufs durables, un nombre variable d'œufs d’été qui donnent des femelles et des mâles, parfois exclusivement de ces derniers. Il à fait les mêmes constatations chez Branchipus diaphanus.
Bernard (97), chez les Apodidæ a vu que de mauvaises conditions nutritives accusaient, chez les jeunes, une tendance à l’hermaphrodisme, qui cons-
tituait un acheminement vers la production de mâles.
Marchal (118), observant un semis de blé très serré qui donna naissance à une herbe très maigre {mauvaises conditions nutritives), vit pondre sur ce semis des Cecidomyies. De nombreuses larves se développèrent, chez lesquelles la proportion des sexes était sensiblement la même. Ces larves servirent à contaminer un nouveau semis, et elles donnèrent un nouvel essaimage de Cecidomytes, dans lequel Marchal put noter un excès de mâles. I] semble naturel d'attribuer la forte proportion de mâles observée, à la nourriture insuffisante que les procréateurs de cette génération avaient dù recevoir. Si, en effet, comme l'observation le démontre dans le cas actuel, le régime de la larve ne peut avoir d'influence sur l'individu même qui s'y trouve soumis, il est au contraire fort rationnel d'admettre qu'il en ait sur le sexe de la progéniture de cet individu, et l’on peut penser que les individus mal nourris produisent des œufs moins riches en réserves nutritives et ayant une disposition naturelle à la réalisation du sexe mâle.
Pictet (170), en modifiant l’alimentation des chenilles Ocneria dispar, arrive à leur faire produire une plus grande proportion de mâles, quand celle-ci est défectueuse ; par contre, une bonne alimentation n'a pas augmenté sensiblement le nombre des femelles.
Remontant plus haut dans la série animale, nous trouvons la confirmation des faits précédents.
Geddes et Arth. Thompson ont écrit à propos des abeilles : « Il paraît certain que la destinée des œufs
« dépend surtout de la quantité et de la qualité de « la nourriture, Une nourriture riche et abondante « développe les organes reproducteurs de la future « reine ; une nourriture plus maigre et moins recher- « chée retarde la sexualité des futures ouvrières « chez qui ne se développent pas les organes repro- « ducteurs. »
« Einer rappelle quelques faits intéressants empruntés aux bourdons qui corroborent cette opinion.
« La reine-mère, s’éveillant de son sommeil hivernal sous les rayons du soleil printanier, fait un nid, recueille de la nourriture et pond sa première couvée. Celle-ci n’est pas trop abondamment nourrie, la reine ayant fort à faire ; les larves se développent en petites femelles, ouvrières en un sens, mais fécondes, quoique ne produisant que des mâles. Bientôt naît une seconde couvée d’ouvrières : cellesci bénéficient de l’existence de leurs sœurs ainées, sont mieux nourries et deviennent de grandes femelles. Cependant, de même que la première couvée, elles ne produisent encore que des mâles, ou, par occasion quelques femelles. Enfin, avec l'avantage de deux couvées précédentes de femelles petites et grandes, les reines futures naissent. Ces faits n’otfrent pas seulement une confirmation complète de l'influence de la nutrition sur la sexualité, mais ils ont de l'importance en ce qu'ils suggèrent l’origine de la société plus hautement spécialisée de l’abeille des ruches. »
Rolph, Von Siebold concluent sans hésitation que la production des femelles provenant d'œufs fécon-
eo
dés, augmente avec la chaleur et l'abondance de la nourriture et décroit lorsque celles-ci diminuent.
Marchal (104), a étudié particulièrement la reproduction et l’évolution des guêpes sociales : l'étude qu'il en a faite est du plus haut intérêt, car il a pu montrer que, chez des ouvrières essentiellement stériles, la fécondité apparaissait à la suite d’un excès de nutrition.
Il admet de plus, comme Dzierzon, que les œufs mâles n'ont pas été fécondés, à l'inverse des œufs femelles.
En résumé, pour lui, la différenciation morphologique entre la reine et l’ouvrière est causée, chez les guêpes, par une question de quantité de nourriture, chez les abeilles par une question de qualité.
Treat a expérimenté sur les papillons dont les chenilles se développent en papillons mâles ou femelles selon qu'elles ont été soumises au jeûne ou largement alimentées.
Les expériences de Born (64) et Yung (67), sur les larves de grenouille méritent qu’on s’y arrête. Chez les têtards, le sexe paraît être indéterminé pendant une période relativement longue. Si nous acceptons les affirmations de Yung qui a fait le plus grand nombre d'observations sur ces formes animales, les tétards traversent une phase hermaphrodite. C'est pendant cette phase que les influences externes et surtout la nourriture décident de leur sort quand au sexe.
Têtards abandonnés à eux-mêmes : femelles plutôt
en majorité 97 °/4.
Enr
Expériences Têtards nourris au bœuf : femelles 78/100. de Yung Têtards nourris au poisson : femelles, 61 à 81/100. et Born. { Tétards nourris avec de la grenouille : femelles, 92/100.
Born avec une nourriture différente arrive à la même proportion.
Girou (24) chez les brebis obtient les résultats suivants :
Il prend 300 brebis en expériences : 150 sont bien nourries et saillies par deux jeunes béliers : agneaux femelles, 60 °/..
150 sont mal nourries et saillies par deux vieux béliers : agneaux femelles : 40 °/..
De tous ces faits, résulte donc la proposition suivante : les plantes et les animaux bien nourris donnent naissance de préférence à des produits femelles; mal nourris, à des produits mâles.
Ici, comme précédemment, les résultats contradictoires n'ont pas manqué.
Gemmill (401) chez la Patelle n'admit pas qu'une nourriture abondante favorise la formation du sexe femelle.
Cuénot (110), adversaire déclaré de cette théorie, a maintes fois prouvé combien elle était loin d’être démontrée. « Tandis que Landois, Mary Treat et «€ Gentry attribuent à la nourriture des chenilles une « influence déterminante sur le sexe des adultes (les « mal nourries donnant des mâles, les bien nourries « des femelles), Riley et d'autres auteurs n'arrivent « pas à modifier dans un sens constant les sexes des € papillons sur lesquels ils expérimentent. D'autre
part, il résulte d'observations embryologiques, que le sexe est reconnaissable très tôt, soit chez les chenilles sortant de l'œuf (Herold, Bessels, Brocadello), etc., soit même chez des embryons non éclos (divers orthoptères, d’après Heyhmons et Wheeler). Les mouches (Calliphora, Lucilia, Sarcophaga) constituent un sujet d'expériences très favorable ; à l’état normal, il y parait y avoir égalité numérique entre les deux sexes, avec peutêtre une légère prédominance des femelles. Or, si l’on élève des larves dansles conditions les plus variées, les unes très abondamment nourries, les autres aussi mal que possible, avec des aliments différents (viande-matière cérébrale) à des températures variées, au commencement ou à la fin de la saison de ponte, etc., on obtient toujours les mêmes résultats nombre égal de mâles et de femelles comme à l’état normal.
« Puisque des changements profonds dans le milieu extérieur ne peuvent modifier la proportion sexuelle, c'est que le sexe des mouches est irrévocablement déterminé lorsque les jeunes larves sortent de l’œuf ; il est tout à fait probable que la détermination coïncide avec la fécondation ou est antérieure à celle-ci, conclusion qui s'accorde, du reste, avec les opinions citées plus haut, au sujet des Lepidoptères et des Orthoptères. »
En 1900, Cuénot (124), fait une étude générale de
la question chez les insectes, les grenouilles, les
pigeons, les mammifères, et sa conclusion reste tou-
jours la même, à savoir que le sexe ne peut être
AD
influencé en aucune facon chez les animaux par les conditions extérieures.
Spécialement, en ce qui concerne les grenouilles, les expériences de Born et Yung ont été contredites formellement par Pflüger, Cuénot, Mile Dean King, qui ont expérimenté d’une facon plus rigoureuse encore que les premiers expérimentateurs.
Stevens (179) et Whitney (193), en 1906 et 1909, arrivent à cette même conclusion, que le sexe n’est pas sous la dépendance de facteurs externes.
L’expérimentation chez l’homme était plus difficile, aussi les résultats obtenus sont-ils moins intéressants.
Cependant, deux théories ont fait grand bruit :
1‘ Celle d’Orchansky (90), qui prétendait, par la suralimentation maternelle, favoriser la naissance d’une fille.
2° Celle du docteur Schenk (120-141), de Vienne, admettant aussi l'influence de la nutrition, la suralimentation de la mère favorisant la naissance d’un garçon.
Les faits cliniques n'ont pas confirmé ces deux théories opposées dans leurs résultats, et les quelques faits probants, à leur actif, ne sont pas assez nombreux pour que l’on puisse en tenir compte.
D'autre part, Rauber (128), en 1899, étudia, à ce sujet les grossesses extra-utérines. Dans ces circonstances, les conditions de nutrition sont beaucoup plus défavorables que dans les grossesses normales. Il a voulu rechercher si ces considérations avaient une influence quelconque sur la détermination du sexe.
Il examina à ce sujet vingt cas: dix fois, il trouva le sexe masculin, dix fois le sexe féminin. Ces chiffres très approximativement normaux font conclure à l’auteur que le sexe est déjà formé dans l'œuf et que la nutrition est sans action sur sa détermination.
Ainsi se trouve close la question de la nutrition dans la détermination du sexe. Nous nous sommes étendus longuement sur ce point, en raison des nombreux faits expérimentaux qu’il nous a apportés.
Leur abondance même nous empêche de conclure fermement : nous avons relevé de nombreuses contradictions, c'est certain, mais malgré tout, nous ne pouvons nier complètement l’action de la nutrition sur le déterminisme du sexe chez les plantes et certains animaux inférieurs tout au moins.
S IV. — Le sexe est déterminé par la condition des générateurs.
1) Age. — Des démographes se sont livrés pour l'espèce humaine a de longues statistiques touchant l’âge des époux, par rapport au sexe des enfants. Les résultats auxquels ils arrivent sont contradictoires parce qu'à côté de l’äge il y a toujours d'autres conditions qui interviennent, D'une façon générale,
rude
lorsque l’homme est plus âgé que sa femme, sans être toutefois un vieillard, il procrée plus de garcons que de filles.
Voici qui vient à l'appui : chez les Turcomans, les femmes sont mariées très jeunes de 12 à l5ans, c'està-dire assez souvent avant la puberté. Or le pourcentage des naissances est de :
131 garcons pour 100 filles. (Anthropologie 1897).
Quand l’homme devient vieux, la prédominance des filles reparait. Ainsi on a établi que :
Pendant les 6 4° années du mariage il naît, 446,8 garçons pour 100 filles, — les années suivantes il naît, . . . 107 — = À partir de la 43° année il naît, . . . . . . S44 — —
Des statistiques plus récentes de M. Turquan ont confirmé les résultats précédents.
Hofacker (28), et Sadler (1823-1830) publièrent chacun de son côté des listes statistiques comprenant chacune 2,000 naissances à l'appui de la généralisation suivante : quand le parent mâle est plus âgé, la progéniture est masculine d’une facon prépondérante ; tandis que si les parents sontdu même âge et a fortiori si le mâle est plus jeune, la postérité féminine est en majorité. Cette conclusion, qui est généralement connue sous le nom de « loi de Hofacker et Sadler », a recu à la fois des confirmations et des contradictions embarrassantes. Gôhlert, Boulenger, Legoyt et d’autres l’ont confirmée ainsi que quel-
1 Zootechnie. Cornevin.
mo ee
ques éleveurs de bétail et d'oiseaux, mais elle a été niée par d'autres autorités pratiques et contredite d une façon directe par des statistiques de Stieda, en Alsace-Lorraine, et de Berner en Scandinavie.
2) Degré de vitalité. — Depuis Girou deBuzareingues, beaucoup d’auteurs admettent comme une loi que celui des deux reproducteurs qui, au moment de l’accouplement est, par son âge relatif ou pour tout autre motif, dansl'état constitutionnel lemeilleur ou le plus vigoureux, transmet son sexe au produit. Girou de Buzareingues, Martegoute (40), Sanson (62), et d’autres ont recueilli et consigné des faits qui semblent confirmatifs de cette théorie. Van Lint (142), Billon, Louis de Moreuil (186) admettent aussi l'influence du degré de vitalité des générateurs.
Pour Billon (146-201) qui a longuement étudié la question, elle se résume à ceci : (« Le générateur le « plus fort au moment de la conception donne à son « produit le sexe de nom contraire au sien » (1909). Il arrive à cette conclusion par une série d’hypothèses qui n'ont malheureusement qu'un tort, c'est celui de ne pas reposer sur des faits expérimentaux, il le reconnait d’ailleurs lui-même.
Ses assertions soulèvent de plus une forte objection: « Nous ne connaissons aucun moyen, dit-il, « d'apprécier la valeur, la force de l’ovule, ou du « spermatozoïde. Malgré la distinction entre les « cellules somatiques et les cellules sexuelles, nous « sommes obligés de nous baser sur l'aspect, l'appa- « rence, la vitalité des cellules somatiques, © est-à- « dire de l'organisme, pour en déduire l'état des
« cellules sexuelles, de l’ovule ou du spermato- « zoide. »
Il admet bien quelques exceptions à la règle, mais conclut cependant : « Quoi qu'il en soit, d'une manière générale, on peut admettre la corrélation
état entre les organes sexuels, sécréteurs, et le reste de l'organisme ».
Or, il n'y a pas parité entre l’état constitutionnel apparent, et la vigueur sexuelle. Il ÿ a même souvent antagonisme. La vigueur sexuelle des phtisiques et leur tendance au coït est un fait bien connu. Inversement, la frigidité est le lot des reproducteurs très perfectionnés en vue de la boucherie, dans la série animale. Par une curieuse application de la loi de balancement, les organes et les fonctions de propagation de l'espèce se dépriment à mesure que ceux de la vie végétative gagnent en activité et en énergie.
Il est donc si difficile, pour ne pas dire impossible, de déterminer le plus apte générateur, que l’on ne peut faire état de cette donnée pour établir une théorie du plus apte ou plus faible générateur.
SAV, — Par la condition de l'œuf lui-même et l’acte fécondant.
La séparation est impossible entre ces deux facteurs, car ils se complètent naturellement, et Ja
plupart des théories sont basées sur leur réunion. Voyons en premier lieu la question de l’âge de l'œuf.
Les plantes tout d’abord nous apportent un certain nombre de faits : des observateurs tels que Poisson (106), Souché (108), Cazzuola, d’Arbaumont, avaient remarqué quil ne faut jamais semer de graines fraîches de melons, si l’on veut obtenir des fruits abondants, parce que dans ce cas, les plants obtenus ne donnent presque que des fleurs mâles. Pour obtenir le plus de fleurs femelles possible, il faut semer des graines vieilles d’au moins un an, et conservées au sec hors de la cavité du fruit ; de pareilles remarques ont été faites pour plusieurs autres espèces de cucurbitacées et pour des tubercules (Blavet). {! semble donc qu'en vieillissant, l'embryon des Cucurbitacées subit une maturité favorable à la production de fleurs femelles.
D'autres observations expérimentales ont malheureusement contredit dans la suite les faits précédents. H. Baillon ‘(rapporté par Henri), a réuni comparativement deux lots de graines de melon, âgées de deux et huit ans. Les graines anciennes lèvent en nombre moindre que les graines récentes ; les plantes qui en sont issues sont moins vigoureuses ; mais là se bornent les différences observées entre les deux lots de graines. Dans chaque lot, la proportion des fleurs mâles et femelles est la même : chez les melons, l'âge des graines n'aurait aucune influence sur la production des sexes.
4 Bulletin de la Société Linnéenne de Paris, I, p. 182.