‹ Contribution à l'Étude de la Question du Déterminisme SexuelChapitre 14 sur 24 · PAGE · texte numérisé non relu

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Alfred Giard présente des objections encore plus

sérieuses : « Le fait indiqué pour le melon de Cavail-

LCA

lon a souvent été signalé également pour d’autres races de melons et pour d’autres cucurbitacées. Malheureusement, dit-il, les expériences citées à l'appui, sont en général insuffisantes parce que les auteurs n’indiquent pas explicitement qu'ils ont bien pris certaines précautions sans lesquelles les observations de ce genre perdent, en grande partie, de leur intérêt.

« !° Il ne suffit pas d'établir la proportionnalité des sexes sur les graines levées et ayant donné des plantes qui ont fleuri, mais on doit tenir compte de toutes les graines mises en terre. Il pourrait se faire en eftet que, pour une raison qui nous échappe, le pouvoir germinatif des graines devant donner surtout des fleurs mâles, se perdit plus rapidement que celui des graines devant donner en majorité des fleurs femelles. Dans ce cas, la proportion des pieds femelles obtenus grandirait avec le temps, sans que la sexualité des graines ait varié pour cela avec leur âge. Cette supposition, tout à fait hypothétique en ce qui concerne les graines de cucurbitacées, est une réalité démontrée pour les graines de certaines fleurs doubles (Giroflées). Aussi les horticulteurs donnentils, pour obtenir plus de fleurs jumelles, la même règle pratique que les maraichers pour obtenir plus de melons femelles ; ils recommandent de laisser vieillir les graines. !

‘K. Gœbel. — Beitræge sûr Kenntniss gefuellter Bluethen. Berlin

€ 2° Il ne suffit pas de tenir compte de toutes les « graines qui, parmi celles mises en terre, ont germé « la première année. Il faut encore s’assurer si, pour « une cause inconnue jusqu'ici, les graines d’un « sexe déterminé (du sexe femelle par exemple), ne « germeraient pas l’année suivante ou les années « suivantes seulement. On pourrait alors attribuer « faussement à la jeunesse des graines, la prédomi- « nance du sexe mâle.

« Que de semblables retards dans la germination « puissent se produire régulièrement, c’est ce que ( prouvent, entre autres, les curieuses expériences « de J.-C. Arthur sur les Xanthium.

« Faute d’avoir prévu lesobjections de cettenature, « et pour s'être contentés d'établir leurs statistiques « uniquement d'après les individus arrivés à l’état « de maturité sexuelle, beaucoup de ceux qui ont « essayé de résoudre le problème de la production « des sexes et de leur proportionnalité, soit chez les « animaux, soit chez les végétaux, ont donné des « résultats contradictoires dont il est impossible de « tirer parti ». )

L'âge de l’œuf a servi également à étayer un grand nombre de théories dans la série animale, depuis les animaux inférieurs jusqu à l'homme.

R. Hertwig (167), partant de ce principe, que chez les Protozoaires on peut influer sur la valeur du rapport du noyau au cytoplasme, se demande si l’on ne pourrait pas tenter des expériences analogues sur un œuf fécondé, pour essayer de modifier sa relation

nucléo plasmatique normale, et par suite lui impri-

RE fe

mer un certain sexe ? Hertwig, en effet, admet que l'œuf fécondé n’est pas toujours irrévocablement déterminé, et que des influences convenables peuvent lui faire donner un organisme mâle, femelle ou hermaphrodite; des œufs petits, avec une forte valeur nucléaire, ont une tendance à évoluer en mâles (Dinophilus, Daphnies à la fin de la période de parthénogenèse) ; de gros œufs, avec une forte valeur de cytoplasme, doivent plutôt donner des femelles.

Hertwig a cherché alors à provoquer artificiellement chez des grenouilles la formation d'œufs précocement mûrs (c'est-à-dire n’ayant pas un cytoplasma aussi abondant que les œufs normaux), soit en serrant les femelles avec un lien élastique qui simule l’action du mâle, soit en appariant des mâles italiens de Rana Esculenta avec des femelles de Munich, où la ponte est plus tardive que dans le Midi. 77 obtient 46 individus qui sont tous mâles. Mais des œufs en hypermaturité chez des femelles dont la ponte est retardée artificiellement, donnent aussi un excès énorme de mâles (317 mâles contre 13 femelles).

En 1906, Hertwig a continué la série de ses expériences sur les grenouilles, et conclut que l'hypermaturité des œufs amène une plus grande quantité de mâles.

Ces recherches, si intéressantes soient-elles, demandent à être continuées longtemps encore, pour que l’on puisse les accepter sans réserves.

Remontant plus haut dans la série animale, nous trouvons alors une abondance de faits expérimentaux qui ont été provoqués par la loi de Thury (46).

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