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début de l’anesthésie la plupart du temps, nous exa— minerons successivement les cas ou il n’y a pas eu d’éphédrine et ceux où l’on a fait de l’éphédrine.
D'abord, on ne fit pas d’éphédrine dans les cas où la tension maxima dépassait 16. Dans ces cas, la tension baissait généralement de 3 à 10 divisions dans. les 20 premières minutes de l’anesthésie pour se relever ensuite. La tension minima ne tombait généralement que de 2 divisions ou même pas du tout. Il y avait donc au début de l’anesthésie une chute de la différentielle.
Quant aux sujets ayant reçu au début de l’anesthésie une injection d’éphédrine, nous avons constaté que si leur tension maxima est aux environs de 15, elle baisse généralement de plusieurs divisions. Par contre, si elle est entre 10 et 13, elle se maintient la plupart du temps ou même elle monte à la suite de la piqûre d’éphédrine. La tension ne bouge presque pas, manifestant toutefois après la piqûre d’éphédrine. une élévation de 1 à 2 divisions dans quelques cas.
Le D' Baranger pense que ces troubles, en somme assez minimes de la tension artérielle dans les cas les plus fréquents où une piqûre d’éphédrine à été faite, pourraient nous permettre de prévoir l'extrême rareté de l’état de shock à la suite de cette technique derachianesthésie. Dans l’ensemble, l’orage bulbaire de la vingtième minute, habituel avec d’autres produits, est ici absolument exceptionnel.
En général, le pouls ne change pas comme fré-
quence chez les individus qui n’ont pas reçu une pi-
LARPA RE
qûre d’éphédrine ; chez ceux qui ont reçu de l’éphé-drine, il s'accélère la plupart du temps, atteignant généralement 100 à 110.
Quels sont les incidents survenus au cours de nos 614 cas de rachianesthésie selon la méthode de Jones ?
Dans 46 cas, nous avons noté’ les incidents les plus. légers. Sur 46 cas, 32 fois il n’y eut absolument rien, 14 fois nous avons noté des nausées et même, dans 3 cas, des vomissements pendant l’opération. Dans un cas l’opéré se plaignit de céphalée pendant l'opération; il y eut, au cours d’une gastrectomie pour cancer, un: léger shock, que fit disparaîtreune inclinaison un peu plus importante de la table.
En dehors de ces 46 cas, où les plus petits incidents. furent notés, nous avons relevé tous les incidents importants de toutes les autres observations. Nous avons noté un shock plus- où moins accentué dans 6 cas : 3 fois la cause en était la position trop horizontale donnée à la table au début.
Un sujet présenta un état lipothymique qui nécessita de le retourner sur le ventre au bout de 5 minutes. et de le bousculer en arrière.
Il y eut une alerte chez une personne opérée de fibrome, dont la tête n'avait pas été maintenue basse perdant l'injection et qui avait été mise trop brusquement en position de Trendelenburg. Cette personne fit un arrêt respiratoire de quelques minutes ; l'exagération de Trendelenburg et une piqûre de lobéline-
vinrent à bout de cette syncope.
Mr Po ra
Un sujet qui avait reçu 14 emc. 1/2 de solution anesthésique présenta des contractions des mains et des yeux trois minutes après l'injection : la mise en déclive fit cesser ces phénomènes.
Pour pratiquer une hystérectomie, on injecta 13 cmc. à une malade qui était très petite. La dose était un peu forte et on nota une petite alerte à la fin de l'opération, quand on releva la malade.
Eofin, au cours d’une prostatectomie, le malade présenta un arrêt respiratoire et de l’irrégularité du pouls ; il ne perdit pas connaissance, mais eut besoin de la respiration artificielle pendant quelques minues.
On constata beaucoup moins fréquemment le relachement des sphincters pendant l’opération qu'avec les anciennes solutions de novocaïne ; toutefois étant donné qu'il survient quelquefois, il est prudent, quand on fait une hystérectomie totale, de garnir le vagin d’une mèche tassée. |
Nous avons remarqué que le relachement musculaire était peut-être moins complet avec la rachianesthésie percaïne Jones, pour les fractures des membres
inférieurs, qu'avec les anciennes solutions.
Décès.
Nous avons à déplorer deux décès survenus, tous deux, chez des vieillards peu résistants.
Le premier sujet est âgé de 63 ans, atteint d’appendicite herniaire. Il reçoit une injection de 13 cmc. de
solution de Jones. A la fin de l'opération, il présente de la cyanose et un arrêt respiratoire. On n'arrive pas à le ranimer malgré une injection de lobéline et d’huile camphrée, ainsi que la respiration artificielle effectuée pendant une heure. Il faut, malgré tout, noter que la rachianesthésie et l'intervention avaient été faites, dans ce cas, par un remplaçant du D' Baranger.
Dans le deuxième cas, il s’agit d’un homme de 79 ans diabétique, atteint d’adénome prostatique ; après avoir reçu 12 cmc. 1/2 de la solution de percaïne à 1/1900, il est mis 4 minutes sur un côté, 6 minutes sur l’autre, puis sur le dos, en position légèrement déclive (peut-être pas suffisammen thet on remplit la vessie. À ce moment, le malade se plaint de manquer d'air, on lui fait une injection de lobéline et on l’incline fortement. La respiration s'arrête ; on pratique une injection de coramine et la respiration artificielle. Trois quarts d'heure d'efforts ne réussissent pas à ranimer le malade. Entre temps, trois injections intracardiaques d’adrénaline n’ont
remonté le cœur que pour des temps très brefs.