CARE AN
ne pussent servir à la chirurgie à cause des dangers sérieux qui les contre-balançaient.
I fallait diminuer les risques en conservant les avantages. Ge résultat a été obtenu ces dernières années : ce n’est pas encore la perfection, mais c’est un pro- &rès.
Pitkin et Hovyard Jones, par l'introduction de solu tions hypobares, permettent de contrôler avec plus de précision la hauteur de l’anesthésie.
De plus, la chimie découvre un anesthésique:nou- -veau, la percaïne, incomparable par la durée et l’intensité de son action.
Certains jeunes chirurgiens de Paris et de Province ne tardent à proclamer l'intérêt de la percaïne et de la méthode de Jones prudemment maniées. En 1933, le D' Baranger, du Mans, publie 2r1 observations de rachianesthésie selon la méthode de Jones.
Cependant certains des premiers imitateurs de Jones ont des ennuis avec son procédé et l’abandonnent.
En réalité, la rachianesthésie avait encore ‘un grand défaut : on ne pouvait pas prévoir l'effet de l'injection chez un malade que l’on anesthésiait pour la première fois, le sujet pouvant être rachisensible ou rachirésistant. Après des milliers d’expériences, Sebrechts publie, en 1935, sa méthode qui tient compte de la sensibilité du sujet.
Le D' Baranger, tant à sa Clinique qu’à l'Hôpital a suivi, pas à pas, l’évolution de la rachianesthésie
ces dernières années. Il a expérimenté, dès leur publi-
re
cation, les méthodes nouvelles en {eur apportant quelques modifications personnelles.
C'est auprès de lui que nous nous sommes persua dés qu’il fallait reviser l’opinion à l'égard de l’anesthésie rachidienne.
Nous voudrions présenter un travail personnel ayant pour but de faire le point à propos de la rachianesthésie.
Comme nous le verrons dans la conclusion, la méthode de Sebrechts n’est pas un procédé omnibus, néanmoins elle peut rendre de grands services dans les opérations graves au niveau de l'étage sus et sousombilical et des membres inférieurs.
Après un bref rappel historique, nous exposerons la méthode de Jones et 614 observations selon ce procédé.
Nous publierons l’opinion de ‘plusieurs chirurgiens.
Puis nous rapporterons la technique de Sebrechts et les essais de cette méthode.
Enfin, nous donnerons les conclusions qui découlent de l’expérience des techniques de Jones et de Sebrechts. :
Historique.
L'histoire de la rachianesthésie remonte à l’année 1885, date à laquelle Léonard Corning injecte, entre les deux apophyses épineuses des deux vertèbres dorsales inférieures d’un chien, une solution de cocaïne, pour réaliser fonctionnellement une section transversale de la moelle, sans pénétrer dans le sac dural.
En 1891, Quincke montre avec quelle facilité on peut chez l’homme, à travers un intervalle lombaire, pénétrer dans l’espace sous-arachnoïdien et évacuer, par un trocart de petit calibre, le liquide cérébrospinal. |
En 1894, Corning a pratiqué, pour la première fois, la ponction lombaire du sac dural pour l'injection d’une solution de cocaïne : c'était la première rachianesthésie.
L'histoire chirurgicale de l’anesthésie rachidienne ne commence, en réalité. que le 16 août 1898, il y a une trentaine d'années. Ce jour-là, Bier avait à pratiquer une résection du pied, chez un tuberculeux à localisations multiples, qui avait déjà subi plusieurs anesthésies et en craignait les suites. Bier lui injecte,
P. Quiniou ae
SR deu
en plein sac dural, par voie lombaire, 3 cmc. d’une solution de cocaïne à 0,5 pour 100. Vingt minutes après, la moitié inférieure du corps est insensibilisée et Bier pratique la résection tibio-tarsienne ; le patient la subit sans ressentir la moindre douleur ; deux heures après, il a quelques vomissements et de la céphalée ; les vomissements cessent bientôt, mais la douleur de tête persiste jusqu’au lendemain. Bier renouvelle cinq fois sa tentative, avec succès. Mais non content d’expérimenter sur autrui, Bier,à cause des incidents qui accompagnent ces essais, estime qu'il doit éprouver sur lui-même la nouvelle méthode. Et le 24 août 1898, il prie un collaborateur de lui injecter une demiseringue d’une solution de cocaïne à 1 pour 100.
Au premier rang de l'histoire de la rachianesthé— sie, à côté de Corning et de Bier, il faut classer Tuffier. 11 a été le premier, en France, à appliquer la nouvelle méthode d’anesthésie, il l’a vulgarisée par une large application. Il en a précisé la technique par la création du type d’aiguille désormais classique à biseau court, par le choix comme repère de la ligne bi-crête, par le conseil de l’injection lente.
Au début, les chirurgiens n’avaient à leur disposition que la cocaïne; devant le nombre assez élevé des accidents, beaucoup se détournaient du nouveau mode d’anesthésie.
La découverte de la stovaïne, puis de la novocaïine amène un progrès net. Sur 49 orateurs, 38 se sont déclarés partisans de la rachianesthésie au Congrès
de chirurgie de 1928. Mais à ce même congrès, Forgue