MG
et Basset, dans leur remarquable rapport, formulèrent une objection importante : « L’incertitude persistante et le risque de la rachianesthésie, disent-ils résident dans l’indéterminé du niveau supérieur d’ascension de la zone d’analgésie; il s’agit, ajoutèrent-ils, de réaliser une technique de précision nous donnant le contrôle sur ce niveau ».
Pitkin s'est efforcé d'atteindre ce but. Dans sa méthode, il préconise l’emploi d’une solution anesthésique non diffusible. Celle-ci reste « en masse » dans le liquide céphalo-rachidien : elle forme une tranche que sa viscosité stabilise jusqu’à ce que l’anesthésique soit absorbé, et qui n’agit que sur la zone du névraxe avec laquelle on la porte en contact.
De plus, la solution injectée est en même temps hypobare, c’est-à-dire de poids spécifique inférieur à celui du liquide céphalo-rachidien. Dès lors, au cours d'une injection faite lentement, sans barbotage, la masse de solution anesthésique plus légère, tendra à s'élever comme l'huile surnage l’eau. Selon l’inclinaison du rachis, elle se déplacera dans le liquide céphalo-rachidien et y flottera comme une bulle d’air dans un niveau à alcool.
Le professeur Forgue juge ainsi la méthode de Pitkin : « Des deux innovations qu’elle apporte, l’une me paraît discutable et d’un douteux avenir : c’est celle qui vise la viscosité de la solution. Au contraire, le principe de la solution hypobare me paraît devoir être retenue comme un progrès définitif ».
En 1929, une nouvelle substance est employée en
op
rachianesthésie, c’est la percaïne, dérivé de la quinine dont nous parlerons en détail plus loin. C’est un produit remarquable par la puissance et la durée de son action.
L’italien Quarella et l’anglais Hovard Jones s’en servent. Le premier préfère les solutions plus lourdes que le liquide céphalo-rachidien et sa méthode se rapproche du procédé classique. Le second, au contraire, a recours aux solutions hypobares de percaïne et. applique les idées de Pitkin.
Enfin, en 1955, Sebrechts publie sa méthode de. de rachianesthésie basée sur la susceptibilité indi- viduelle. | : |
Ces deux méthodes de Jones et Sebrechts font faire, à notre avis, un progrès réel à la rachianesthésie, Nous les décrirons en détail, nous les ferons suivre de nos observations et du jugement de différents
chirurgiens.
Méthode de Jones
Pour mieux mettre en relief l'originalité de ce procédé, nous examinerons rapidement les principes qui réglaient la rachianesthésie avant son avènement :
Ponction médiane inter-épineuse, avec aiguille fine, à biseau court;
Injection de solutions lourdes, diffusant, croyait-on,
moins que les autres ;
L’anesthésique choisi consistait en stovaine ou em
novocaine ;
L'étendue de l’anesthésie cherchée fixait la dose à.
injecter :
La diffusion de la solution anesthésique était obtenue par la soustraction préalable d’une certaine quantité de liquide céphalo-rachidien et par l’inclinaison légère en Trendelenbourg de la table opératoire sur laquelle reposait le malade. Cette dernière position favorisait l'ascension suffisante de la solution lourde: injectée.
Le barbotage, admis par les uns, condamné par les autres, complétait la diffusion de l’anesthésique.
Certains chirurgiens, par le choix des doses, la