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| sujet; en effet, alors que pour certains, comme Jordan et Hertz, le carbonate de bismuth neutralise l'acide chlorhydrique libre et combiné du suc gastrique, diminuant ainsi, en partie du moins, les contractions pyloriques physiologiques ou pathologiques, et de ce fait prolongent la durée de l'évacuation gastrique; pour d'autres auteurs, comme Barclay, il est sans action sur le sue gastrique ; en même temps que ce sel il fit absorber du bicarbonate de soude et constata une production active d'acide carbonique dont il put se rendre compte en voyant la poche à air s'agrandir dans de fortes proportions. Nous devons reconnaître qu'aucune de ces objections n'a été faite pour l’oxychlorure et l’oxyde de bismuth, surtout utilisés en Amérique.
Enfin, dans ces dernières années, un nouveau sel a été introduit dans la pratique radiologique; nous voulons parler du sulfate de baryum. Introduit en France par Bensaude et Ronneaux, qui l’utilisèrent avec succès en s'appuyant sur un mémoire de Krause paru en 1910, ainsi que sur un article de Bacheim et Gunther publié la même année, l'emploi de ce sel souleva plusieurs objections :
1° La difficulté de le trouver pur et débarrassé de tout chlorure ét‘ carbonate qui sont des toxiques violents; |
2° Sa non-inscription au Codex :
3 Son opacité moindre.
La première des objections nous semble actuellement ne plus devoir exister, depuis que l’on peut facilement se procurer du sulfate de baryum préparé spé-
cialement pour les examens radiologiques et en poudre extrêmement fine; ce qui évite les inconvénients observés au début, c'est-à-dire la formation de: grumeaux épais, difficiles ou désagréables à avaler. Howard Pirie indique une façon très simple de remédier au goût désagréable et à la formation de ces grumeaux en utilisant le procédé suivant :
Il remplit au quart une large terrine en terre de sulfate de baryum; puis il verse dans la terrine de l’eau bouillante et brasse ce sulfate de baryum avec une cuiller en bois jusqu'à ce qu’il ne reste plus de ce sel y adhérent; il laisse sédimenter une heure, décante; verse de nouveau de l'eau bouillante et recommence ainsi deux ou trois fois de suite. | Re
Il verse enfin dessus une dernière fois de l’eau bouillante et laisse reposer jusqu'au lendemain matin; à cé moment, il décante soigneusement l’eau et il reste dans le fond une pâte faite de sulfate de baryum extrémement ténu qui servira à la confection des repas opaques de la journée; quand il a terminé ses examens il verse à nouveau de l’eau bouillante dessus, laisse reposer jusqu’au lendemain matin et ainsi . de suite jusqu'à ce que l’on arrive à la couche des grumeaux que l’on rejette purément et simplement. Il obtient de cette façon du sulfate de baryum extrêmement fin et débarrassé de toutes impuretés.
Le sulfate de baryum n'est pas encore inscrit au Codex, mais, comme le fit Justement remarquer Durand à là Société française d’électrothérapie et de radiologie, nous sortons également des prévisions du Codex dans
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l'emploi du bismuth : les doses employées à l’heure actuelle sont bien différentes de celles que l’on employait jadis en thérapeutique. Une autre objection plus sérieuse fut faite contre l'emploi de ce sel par M. Béclère : la possibilité d'accidents dans les cas de sténose pylorique ou intestinale amenant, par suite du contact prolongé causé par la stase, la solubilisation du sulfate de baryum dans le suc acide de l'estomac ou de l'intestin. Des expériences que fit à la demande du docteur Ronneaux le docteur Froin, de l’Institut Pasteur, sur les chiens, ont démontré que ces craintés, théoriquement ce à ne l'étaient pas en fait.
Une autre objection encore a été faite ue l’emploi de ce sel on radiologie : IL activerait le péristaltisme gastrique et diminuerait par conséquent la durée de . l'évacuation de l'estomac, ce qui, ainsi que nous le verrons plus loin, peut être une cause d’erreurs. Par contre, Je sulfate de baryum a le grand avantage sur tous les sels de bismuth de traverser d’un bout à l'autre le tube digestif sans subir la moindre modification, et ne se combine pas avec l'hydrogène sulfuré de l'intestin, ne modifiant pas, en cas de diarrhée, un état pathologique que l’on veut étudier.
Cr itique.
Il est fuite de se rendre compte que les opinions sur l'action de ces sels sont des plus ‘variées. Il semble pourtant qu'il est important de savoir si le carbonate de bismuth neutralise l'acide chlorhydrique libre et
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combiné du suc gastrique; car nous savons depuis les : travaux de Cannon que l'acidité du suc gastrique détermine l'ouverture du pylore, et que par conséquent, si ce sel neutralise cette acidité, il retarde ou rend plus difficile le passage des aliments dans le duodénum, et : pourrait de ce fait, dans certains cas, induire en erreur, : en faisant croire à un obstacle anatomique qui n’existerait pas.
Quant à ce qui concerne le sulfate de baryum, nous croyons qu'actuellement c’est un corps parfaitement inoffensif, depuis qu'on le prépare chimiquement pur; nous l’avons vu employer et l’avons employé journellement avec le docteur Ronneaux dans le service de notre maître le professeur Chauffard sans avoir jamais observé le moindre petit signe d'intoxication. Nous croyons cependant que le sulfate de baryum, d'après ce que nous avons observé, augmente les contractions gastriques et de ce fait diminue la durée de l'évacuation; nous ne pouvons toutefois rien avancer de positif à ce sujet, n'ayant pu, par suite des événements, faire les expériences comparalives que nous avions en vue.
D'ailleurs, ces constatations que nous avons faites concordent avec l'opinion de Grœdel et de Bassler, ainsi qu'avec les travaux de Best et Conheim, montrant que le carbonate de bismuth inhibe légèrement la motricité gastrique. Carmann a d’ailleurs lui-même constaté que la vigueur du péristaltisme varie suivant le sel employé ; il est moins vigoureux avec le carbonate qu'avec l’oxychlorure de bismuth ou le sulfate de baryunm.
Enfin, pour terminer l'étude de ces sels, nous don-
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nons un tableau comparatif de leur poids sous un même
volume :
Le sulfate de baryum pèse. . . . . . . 1.000 grammes. Le carbonate de bismuth pèse. . . . . 503 — L’oxychlorure de bismuth pèse . . . . 643 ‘—
Comme le sulfate de baryum est moins opaque, plusieurs auteurs se disent obligés d'utiliser une quantité de ce sel deux ou trois fois plus grande que pour les sels de bismuth. Ceci doit retenir notre attention, non pas tant à cause des dangers de distorsion de l'estomac, que nous croyons en l'occurrence minimes sinon nuls, mais du moins à cause du volume plus grand de la préparation à faire absorber au malade et du danger, problématique il est vrai, d’un effrondrement de la paroi gastrique en un point amoinci par un ulcus.
Un facteur important doit aussi entrer en ligne de compte : c’est la sensibilité rétinienne; tel radiologiste pourra saisir tous les détails avec 35 grammes de sel opaque alors qu'un autre devra employer des doses beaucoup plus fortes.