‹ Contribution à l'étude: de la rate dans les maladies infectieusesChapitre 22 sur 46 · DEL ARS · texte numérisé non relu

DEL ARS

CaPsuLe. — Très souvent atteinte de périsphénite.

CorpuscuLes DE MaLpiGni. = [ls subissent des altérations variables mais rappelant tout à fait celles de la fièvre typhoïde. Un certain nombre de lymphocytes sont transformés en leucocytes mononucléaires à noyaux vésiculeux ; d'autres sont nécrosés, ont leur protoplasma tuméfié, et leur noyau plus ou moins fragmenté. Ces leucocytes désintégrés sont, comme dans la fièvre typhoïde, tantôt isolés, tantôt groupés en amas formant dans l’intérieur des corpuscules de véritables nodules.

ARTÉRIOLES. — Elles sont tantôt saines, tantôt atteintes d'endartérite et de mésartérite ; dans ce cas, elles ont un aspect hyalin, comme nous l’avons décrit pour la fièvre typhoiïde.

PuLpe SPLÉNIQUE. — Tantôt elle est très congestionnée et dans ses mailles il y a un mélange d’hématies et de leucocytes mononucléaires . plus ou moins modifiés ; tantôt elle est vide de sang et présente une hyperplasie intense. Les cordons pulpeux intervasculaires sont quatre à cinq'fois augmentés de volume. On ne voit pas leur réticulum ; les hématies y sont en petit nombre et il y a accumulation d’un nombre considérable de leucocytes, tantôt de leucocytes mononucléaires de dimensions normales, tantôt de leucocytes tuméfiés, chargés de leucocytes à noyau fragmenté ou de débris de noyau, tantôt de leucocytes à noyau non coloré.

Nous n’avons trouvé dans la pulpe ni nodules nécrobiotiques, ni inclusions d’hématies dans les macrophages, et c’est là un caractère différentiel très important avec la fièvre typhoîde.

Les capillaires veineux et les veines très distendues renferment les

mêmes cellules tuméfiées que la pulpe.

En résumé, dans le typhus, la rate présente des altérations voisines de celles que nous avons étudiées dans la fièvre typhoïde : congestion, transformation des éléments lymphatiques jeunes en formes adultes, nécrose de ces éléments, etc. ; mais on y rencontre en général une hyperplasie de la pulpe, qui manque dans la fièvre typhoïde, mais qui est commune au typhus et à un grand nombre d’autres infections que nous étudierons dans la suite, la diphtérie, la fièvre puerpérale, etc.

8 3. — Fièvre récurrente.

SOMMAIRE. — Présence du spirochæte d'Obermeyer dans le sang des vaisseaux pendant les accès, eb dans la rate dans l'intervalle de ceux-ci. Hypertraophie considérable de la rate (peut-être perceptible à la palpation).

Lésions kistologiques : Hypertrophie des corpuscules de Malpighi, formation d’abcès à leur intérieur. .

Présence de lymphomes dans la pulpe; terminaison fréquente par ao.

Infarctus, rupture de l'organe.

Analogie des lymphomes et des nodules typhiqués:

On sait que cette maladie est due à la présence dans le sang, au moment des accès de fièvre, d’un vibrion ou plutôt d’un spirochæte décrit par Obermeyer et qui porte le nom de cet auteur. Dans l'intervalle des deux accès de fièvre qui, le plus souvent, constituent la maladie, ce spirochæte quitte le sang pour se réfugier dans la rate et en sortir à nouveau, lors du deuxième accès. Nous verrons dans la suite, quel rôle important on a fait jouer à la rate dans la lutte de l'organisme contre ce microbe. |

La fièvre récurrente n'étant pas une maladie de nos pays, nous n'avons pu étudier la rate dans cette affection ; nous en résumerons seulement rapidement les principaux caractères, d’après les travaux de Roudnef, Ponfick, Griesinger, Metchnikoff, Soudakewitch, etc.

Cliniquement, la rate présente en général à une énorme augmentation de volume ; elle est parfois cinq à six fois plus grosse que normalement; d'après Friedreich, le gonflement de l'organe précéderait le premier accès, il diminuerait considérablement après celui-ci pour reparaître de nouveau au suivant; d'après Griesinger, la rate tantôt diminue après l'accès, tantôt reste hypertrophiée.

Cette tuméfaction intense de la rate s'accompagne souvent de douleur plus ou moins marquée dans l’hypochondre gauche. La palpation permet de sentir l'organe sous les fausses côtes et, comme l'ont signalé les médecins irlandais, on peut percevoir par l’auscultation de l'organe un souflle systolique doux, rappelant le souffle placentaire.

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Cette tuméfaction peut être assez marquée pour s'accompagner de rupture de l'organe.

À l'autopsie, la rate est extrêmement hypertrophiée, la capsule fibreuse est tendue, souvent épaissie par de la périsplénite. À la coupe, la pulpe est d’un rouge vif, souvent diffluente, semée de petits points gris ou jaunâtres se laissant facilement énucléer. Ces points sont les corpuscules de Malpighi hypertrophiés.

Corpuscuces. — Ils présentent une multiplication intense de leurs cellules qui bientôt subissent la dégénérescence graisseuse. L’artériole centrale est remplie de leucocytes qui dégénèrent également, de sorte qu'il se forme bientôt un véritable petit abcès et une cavité centrale.

Dans la pulpe il se forme à chaque nouvel accès des amas, appelés par Roudnef lymphomes inflammatoires et considérés par Ponfic comme pathognomoniques de la fièvre récurrente. Ces amas apparattraient à chaque nouvel accès de la maladie, et entreraient ensuite en régression.

Ces amas sont tantôt petits, et mal limités, tantôt volumineux tranchant nettement sur la pulpe environnante ; ils sont formés de leucocytes mononucléaires très serrés et de quelques grands macrophages contenant en grand nombre le spirochæte. Ces petits foyers peuvent se nécroser ; dans certains cas (40 p. 100 autopsies d’après Griesinger), on rencontre dans le parenchyme de véritables petites collections purulentes.

Les infarctus sont fréquents. On les a attribués à l’obstruction des vaisseaux par des amas de spirochœtes pelotonnés ; ils subissent fréquemment la transformation purulente et sont l’origine de ces grands abcès qui, d'après Griesinger, peuvent occuper les deux tiers de la rate.

La rupture de l'organe n’est pas absolument rare; elle peut être due à l’excessive tension de la capsule ou à l’ouverture dans le péritoine des abcès intraspléniques. Cette rupture se fait d'habitude sur la face de l'organe qui est contiguë à l'estomac.

Par ce court résumé, nous voyons que les caractères histologiques assignés à la rate dans la fièvre récurrente ressemblent par plus d’un point, quoique exagérés pour ainsi dire, à ceux que nous avons décrits dans la fièvre typhoïde et dans le typhus ; comme dans ces dernières

Ha ta cd nous rave dans la fièvre réububnte la multiplication des cellules du corpuscule I bientôt suivie de leur dégénérescence, etil est impossible de ne pas voir la plus grande analogie entre les vod typhiques que nous avons HN et Le Iymphomes de Roudnef Ca

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S 4 — Fièvre jaune, ictères infectieux.

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