DUREE
jusqu’à l’occlusion de la lumière du vaisseau, ainsi que la prolifération des noyaux de la musculeuse.
Nous avons observé plusieurs fois à l'hôpital Trousseau des enfants atteints de scarlatine à la période d’éruption et nous n'avons pas trouvé la rate augmentée de volume, mais il s'agissait de formes extrèmement bénignes.
Nous n'avons pu pratiquer l’autopsie d'enfants morts de scarlatine que dans un seul cas, encore la mort était-elle due à une complication, la néphrite scarlatineuse, et non à l'infection.
Il s'agissait d'un enfant de 8 ans, qui au vingt-unième jour de sa maladie, en pleine convalescence, fut pris de dyspnée, vomissements, diarrhée, anasarque généralisée, anurie; les urinés contenaient 7 grammes par litre d’albumine.
À l’autopsie: Reins volumineux el blanes. Hydrothorax, ascite. Rate pesant 100 grammes, ferme, sur le fond rouge de laquelle se détachent avec une netteté parfaite les corpuscules de Malpighi.
L'examen bactériologique fut négatif.
L'examen histologique a montré une nécrose légère de certains corpuscules de Malpighi. I
Rappelons enfin que dans les formes graves de la scarlatine l’infection secortdaire de l'organisme par le streptocoque est la règle.
MM. Cornil et Babès, dans 26 cas, ont trouvé le streptocoque dans la rate et le rein.
Marie Raskin à trouvé le streptocoque dans le sang de la rate dans les cas terminés par la mort,
VarioLe. — Examen clinique. — Dans la variole, les classiques signalent la tuméfaction de la rate et du foie pendant la période d'invasion. ( à
Montefusco, de Naples, prétend qu'en même temps que cette hypertrophie, on peut observer d’une façon constante une augmentation de la température locale de la région splénique. Cette augmentation serait de un degré dans la période d’invasion de la maladie ; on la constaterait encore mais non constamment dans la suite. Cette température locale suivrait les oscillations de la température générale, sans qu'il ÿ ait cependant aueun rapport constant entre la température de la région splénique et la température axillaire.
Dans la variole hémorrhagique même, d'après ce même auteur, la rate serait volumineuse; nous verrons plus loin que dans cette forme
Eur TIMES
de la variole, les divers auteurs quiont écrit sur la question admettent les uns que la rate est volumineuse, les autres qu’elle est de volume normal.
Grâce à la bienveillance de MM. les D' Siredey et Babinsky, nous avons pu examiner la rate dans dix cas à l'Hôpital d’Aubervilliers. 4 |
Dans sept cas, où la variole était discrète et l'état général satisfaisant, au moment de la période d'éruption nous n'avons pas trouvé la rate augmentée d'une façon appréciable.
Dans deux cas, en pleine période d’éruption, alors que la fièvre était vive et la variole confluente, la rate était très volumineuse ; dans un de ces cas la zone de matité atteignait 11 centim. de hauteur, et l'organe semblait même déborder les fausses côtes; dans l'autre la matité splénique était perceptible depuis la huitième côte jusqu'au
rebord costal.
Dans un cas de variole hémorrhagique primitive, la malité splénique était perceptible à partir du bord inférieur de la septième côte.
Nous n'avons pu malheureusement pousser plus loin ces recherches, mais il nous semble qu'on peut logiquement en déduire que la rate, peu modifiée dans les formes bénignes, subit dans les formes graves l'hypertrophie que l'on rencontre dans toutes les formes sévères des infactions généralisées.
Examen anatomo-pathologique ‘ (1). — Nous devons étudier séparément la variole confluente et la variole hémorrhagique.
1° Variole confluente. — La rate est d'ordinaire volumineuse, ramollie, couleur lie de vin, souvent diffluente, et les corpuscules de Malpighi se voient facilement sur la coupe.
Dans les diverses autopsies que nous avons faites, nous avons toujours trouvé la rate augmentée : elle pesait 200 gr. dans un cas chez un enfant de 10 ans, 400 gr. dans un autre cas, 295 gr., 285 gr., etc.
Dans un cas, nous avons observé un infarctus volumineux.
Au point de vue histologique, d’après les divers auteurs, les corpuscules de Malpighi sont hypertrophiés, et il y a accumulation de
(1) Nos observations histologiques ont porté sur neuf rates recueillies à l'hôpital d’Aubervilliers, dans le service de notre regretté maître, M. Jules Reno y,et dans les services de MM. Babinsky et Siredey.
leucocytes à leur niveau ; Weigert enfin signale dans la rate, comme dans le foie, des foyers de nécrose cellulaire.
Voici, dans les six cas de variole confluente que nous avons examinés, comment se présentaient les lésions :
La capsule est tantôt normale, tantôt épaissie ; souvent il y a, à ce niveau, dans les mailles voisines, accumulation de leucocytes ; il en est dé même au niveau des travées sans vaisseau.
Les corpuscules sont souvent tuméfiés, leurs cellules tassées, multipliées dans presque tous les cas. Au milieu des lymphocytes, on rencontre des leucocytes mononucléaires, mais cette transformation n’atteint jamais l'importance qu’elle présente dans la fièvre typhoïde.
Les phénomènes de nécrose sont très rares ; les noyaux de ces cellules ne sont d'ordinaire pas fragmentés, ou PE ces phénomènes ne se rencontrent que chez les enfants.
Les artérioles sont quelquefois atteintes d’une légère endartérite.
Dans les mailles de la pulpe, la congestion est d'ordinaire très marquée; il y à parfois accumulation de leucocytes, soit mononucléaires, soit à noyaux lobés sur certains points ; enfin, on voit en petite quantité de grandes cellules tuméfiées, mais celles-ci ne contiennent que rarement des hématies. |
Le seul point qui mérite d'attirer l'attention est la présence constante du s{reptocoque dans les mailles de la pulpe. Ces streptocoques sont souvent répandus en quantité considérable, et atteignent d’ordinaire un degré de virulence extrême; dans la plupart des cas, un centimètre cube de culture sur bouillon inoculé dans le tissu cellulaire de l'oreille du lapin tuait celui-ci en un ou deux jours, par septicémie ; c'est là le degré de virulence maximum que nous ayons rencontré au cours de recherches faites en collaboration avec F. Widal sur les caractères et le degré de virulence des divers streptocoques de l’économie.
VARIOLE HÉMORRHAGIQUE. — Dans la variole hémorrhagique, la rate est petite. dure; sa capsule est froncée (D. Dechambre). Elle serait extraordinairement dure, d’après Ponfick, et présenterait une surface de coupe lisse et luisante comme du jambon. La pulpe est noire, les follicules tantôt rouge vif et peu nets, tantôt très nets et presque blancs.
D'après Balzer, on nt trouver la rate grosse dans la variole
LRORS
hémorrhagique, et ne pas rencontrer ces caractères de dureté extrême signalés par Ponfick.
C'est aussi l'opinion de Raymond (Progrès médical, 1882) et de Landrieux (Union médicale, 1881) qui ont observé des cas où la rate avait son volume normal.
Nous avons observé trois cas de variole hémorrhagique: dans les deux cas où le volume de la rate a été noté, celle-ci était ou de volume normal ou petite et ferme, mais sans modification extérieure.
Dans'deux de ces cas nous avons observé des streptocoques comme dans les varioles confluentes.
Nous avons examiné les coupes dans ces trois cas, et leur aspect ne nous à pas paru différer sensiblement de celui que nous avions observé dans la période confluente; dans un cas cependant (obs. XVIT) il y avait des hémorrhagies dans la pulpe.