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La rate (1) est donc une des grandes sources de ces leucocytes polynucléaires, qui vont passer dans le sang, et de là se porter sur les points envahis par les microbes pour y accomplir leur œuvre phagocytaire.
Cette mise en œuvre de l'activité cellulaire se voit dans les cas où il y a infection locale, comme dans ceux où il y a infection générale, elle doit donc être mise sur le compte des toxines pneumoniques sécrétées par le pneumocoque au niveau du poumon ou dans les différents viscères.
Les artérioles sont en général peu modifiées. Les mailles de la pulpe sont souvent remplies d'hématies, et il y a même parfois de petites hémorrhagies ; elles renferment ainsi que les capillaires veineux, des leucocytes polynucléaires en excès, des leucocytes mononucléaires tuméfiés et de vieux leucocytes dégénérés, mais le nombre de ces derniers est toujours très restreint, et l'on ne voit pas d’ordinaire dans la pneumonie ces grands macrophages chargés de leucocytes, de granulations nucléaires où d’hématies que nous avons trouvés dans la fièvre typhoïde d’une façon presque constante.
Les phénomènes de nécrose sont de même en général très peu prononcés.
Chez le vieillard, les réactions du corpuscule semblent manquer, fait qui s’acccorde bien avec l’atrophie de cet organite dont l’activité et l'importance va en décroissant avec l’âge.
Chez l'enfant, les altérations nous ont paru de même nature que chez l'adulte; dans un cas cependant il existait des phénomènes de nécrose cellulaire dans le corpuscule. |
Dans les cas d'infection généralisée, le pneumocoque se rencontre en plus ou moins grande abondance sur les coupes, dans les mailles
de la pulpe ou dans les capillaires veineux ; jamais on ne le retrouve
dans les corpuscules. Les pneumocoques ne sont qu’exceptionnellement inclus dans les leucocytes; pas plus que dans la fièvre typhoïde on n'observe de phagocytose dans la rate.
(1) La rate est bien la source de ces leucocytes, car tandis qu’on en rencontre en assez grande quantité dans la veine porte et dans les capillaires du foie, on n’en voit qu'un très petit nombre dans les autres vaisseaux, dans le rein en particulier.
$2 — Influenza.
SOMMAIRE. — AÆate plutôt diminuée de volume (hémorrhagies et nécrose dans son parenchyme).
L'influenza est le plus souvent une affection locale des voies aériennes, c'est du moins l'opinion de Pfeiffer qui n’a jamais rencontré le petit bacille (agent pathogène de l'infection) que dans les sécrétions bronchiques ou pulmonaires. Ce microbe serait cependant susceptible de se généraliser et de passer dans le sang, c'est du moins l'opinion de Canon, de MM. Cornil et Chantemesse qui ont trouvé dans le sang des grippés un bacille voisin de celui de Pfeiffer. | |
Nous n'avons pas observé par nous-même de cas de grippe mortelle ; nous ne ferons donc que rapporter l'opinion de Kouskow qui en a étudié 40 cas. | El
La rate est le plus souvent diminuée de volume; son aspect est caractéristique, la coupe est sale, gris violet-avec des taches rouges ; la pulpe est molle et se détache facilement; les travées et les corpus cules de Malpighi sont à peine appréciables.
Il y a des hémorrhagies et des foyers nécrotiques en abondance, les vaisseaux sont souvent oblitérés.
$ 3. — Érysipèle.
SOMMAIRE. — Aarèté de l'infection générale par le streptocaque,
Lésions histologiques. CORPUSCULES DE MALPIGHI. Transformation d'un grand nombre de lymphocytes en leucocytes mononucléaires et en leucocytes polynucléaires.
PuLPE congestionnée. Accumulation de leucocytes, surtout de leucocytes mononucléaires. Nécrose d'un grand nombre de cellules. Fragmentation nucléaire. Cellules à noyau gigantesque. :
L'érysipèle est le type des affections dans lesquelles le microbe, (ici le streptocoque), reste localisé au point primitivement envahi, et ne se généralise que rarement.
La présence du streptocoque dans le sang des érysipélateux est signalée par Hartmann. D'après Achalme qui a examiné dix-huit cas moyens pendant la vie, ce streptocoque ne se rencontre pas dans le sang, et s’il s’observe aux autopsies dans certains cas cela tient à une infection agonique ; c'est aussi l'opinion de Talamon; d'après Achalme l'infection se fait par la voie lymphatique et le canal thoracique et non par la voie sanguine.
D'après Achalme, la rate est saine dans les cas qui ne s’accompagnent pas de septicémie sanguine; dans les cas opposés elle est un peu augmentée de volume ; nous avons étudié la rate érysipélateuse dans trois cas. Dans le premier où les pièces provenaient du service de M. Roger à l'Hôtel-Dieu annexe, et où il y avait infection générale par le streptocoque, la rate était extrêmement volumineuse et diffluente ; dans les deux autres cas, la rate était de volume normale et diffluente, mais il s'agissait de vieillards.
Achalme ne signale pas d'autre lésion que l'accumulation de leucocytes dans les mailles du tissu réticulé ; il note la présence d'amas de streptocoques sur les coupes.
Dans les trois cas que nous avons observés, il y avait du streptocoque sur les coupes disséminé dans les mailles de la pulpe ou groupé en amas dans celles-ci.
Au point de vue histologique, voici ce que nous avons observé chez l'adulte.
Le corpuscule de Malpighi était très modifié. A côté des lymphocytes normaux, on y rencontrait un grand nombre de leucocytes mononucléaires, dont le noyau était souvent fragmenté, déchiqueté même, et quelques leucocytes polynucléaires.
Les artères étaient atteintes de lésions très prononcées : l’endartérite était intense, souvent presque oblitérante ; la tunique moyenne.était transformée en une masse hyaline, et était très tuméfiée.
La pulpe avait également subi de grandes modifications: très congestionnée sur certains points, elle présentait sur d’autres des accumulations de leucocytes de formes variées, tantôt disséminés au milieu des hématies, tantôt accumulés en amas.
Ces leucocytes sont surtout des leucocytes mononucléaires ; quelques-uns sont normaux, d'autres ont subi les transformations nucléaires si variées que nous avons déjà étudiées à propos de la
fièvre typhoïde. Ces altérations ne sont pas les seules; un certain
nombre de leucocytes présentent un aspect vitreux, homogène de leur protoplasma qui se colore fortement par le bleu; un certain nombre sont transformées en véritables cellules gigantesques ayant 40 à 50u, à protoplasma vitreux et à noyaux multiples.
$ 4. — Infection puerpérale.
SOMMAIRE. — La rate est presque toujours volumineuse, et contient du streptocoque (dans un seul cas nous n’avons pas trouvé de streptocoque, maïs du coli bacille).
Le corpuscule de Malpighi est très modifié (transformation des lymphocytes en
leucocyt s mononucléaires, souvent nécrosés). Pulpe congestionnée, leucocytes à des stades divers, en excès. Endartérite et mésartérite. Périsplénite.
Quelle que soit la forme que revêt l'infection puerpérale (1), qu’il y ait suppuration péri-utérine, infection à forme pyohémique, infection à
forme diphtéritique, septicémie puerpérale pure enfin, comme l’a bien
montré Widal dans sa thèse, on trouve dans tous les cas, à l’autopsie,
du streptocoque à l'état, de pureté dans tous les viscères, dans la rate en particulier, Dans un seul cas, sur huit observés, dans une forme lente, le streptocoque était absent des viscères à l'autopsie, de même
que dans les infections expérimentales à streptocoques prolongées il n’est pas rare de ne plus trouver à l’autopsie trace de microbes dans les organes de l'animal.
Dans la plupart des observations la rate est volumineuse, diffluente ; cependant Widal dans sa thèse (obs. X) signale un cas de septicémie manifeste dans lequel la rate était de volume normal.
Dans toutes les observations où nous avons isolé du streptocoque de la rate, celle-ci était voiumineuse; elle pesait 250 gr., 300, 400 gr. Le streptocoque observé dans ces cas était en général virulent, donnant de l’érysipèle au lapin, ou des septicémies. Dans un cas nous n'avons pas trouvé de streptocoque, mais, dans les cultures et sur les coupes, un petit bacille qui présentait toutes les réactions du bacterium coli commune.
Les lésions de la rate dans les différentes formes de la fièvre puer-
(1) L'infection puerpérale aurait dû être décrite à côté de la fièvre typhoïde parmi
les maladies générales, mais nous n'avons pas voulu séparer les diverses affections
à streptocoques.