CHAPITRE li
Renseignements fournis par l’expérimentation au sujet du rôle de la rate dans les maladies infectieuses.
SOMMAIRE, — 19 Modifications apportées dans la résistance des animaux au maladies infectieuses par la splénectomie (1).
Expériences de Roger, de Kourlof, de Martinotiiet Barbacci: la rate ne joue auéun rôle. :
Expériences de Bardach, Soudakewitsch; la rate joue un rôle de protection grâce à ses phagocytes.
D'après Hankin, Montuori, Ogata, action bactéricide des NET de la rate.
2° Modifications apportées dans les phénomènes de l'immunité par la PRE
Les résultats sont absolument contradictoires.
30. Étude des. modifications de la rate par l'emploi combiné de l'anatomie pathologique et dê l'expérimentation.
Les expériences de Soudakewiteh, Hess, Météhnikofé Wérigo, montrent le rôlé phagocytaire des cellules de la pulpe.
Ce rôle serait cependant moins important, d’après Wérigo, que le rôle joué par les
: endothéliums du foie qui sont les véritables phagocytes.
Quant au rôle du corpuscule, il n’a guère été étudié jusqu'ici. Nos expériences sur
: l'infection charbonneuse du lapin nous ont montré dans ce corpuscule les mêmes
phénomènes de multiplication et de transformation cellulaire que nous avions déjà retrouvés à l’autopsie des individus atteints de maladie infectieuse.
Elles nous ont aussi montré l'accumulation intense de leucocytes polynucléaires dans les mailles de la pulpe, comparable à celle que nous avons étudiée dans la rate
- pneumonique.
La rate dans les maladies infectieuses nous FAR donc surtout avoir pour rôle de
” fabriquer d’une façon surabondante des globules blancs.
4° Modifications apportées dans la résistance des animaux aux maladies infectieuses par la splénectomie.
… ILest facile de pratiquer l'ablation de la rate chez un grand nombre d'animaux ; ceux-ci, le plus souvent, à la suite de cette opération, ne
(1) La STAR" des Hétails contenus dans ce chapitre sont tirés de l’article que nous avons publié en collaboration avec Bruh1, dans le Manuel de médecine de Debove et Achard, article dans lequel nous nous étions tout spécialement occupé de la rate infectieuse. : À B. 16
sont même pas malades. Il semblait donc a priori qu’on püt facilement étudier les modifications qui se produisent, dans la force de résistance aux infections ou dans les phénomènes de l'immunité, chez les animaux dératés. Il n’en est rien cependant; comme nous allons le voir, chaque expérience positive a pour ainsi dire son corollaire dans une expérience inverse qui vient en détruire toute la valeur.
Dès 1888, Roger extirpe la rate à un certain nombre de lapins, puis au bout de quelques jours leur injecte dans les veines quelques gouttes d'une culture charbonneuse plus ou moins virulente ; mais les résultats qu'il obtient sont discordants : tantôt les animaux dératés périssent avant les témoins, tantôt ils succombent après eux.
Kourloff, la même année, à la suite d'inoculations sous-cutanées de microbes pathogènes et non pathogènes, conclut que la rate ne joue aucun rôle dans la lutte. C'est aussi l'opinion de Martinotti et Barbacci qui prétendent que, dans l'infection charbonneuse, la splénectomie des lapins et des cobayes n'a aucune influence sur la -date d'apparition des bacilles dans le sang, sur la durée de la maladie, et sur l’époque de la mort. Cette ablation ne modifie ni la courbe thermique, ni le nombre des leucocytes, ni celui des hématies.
Tout autres sont les conclusions de Bardach (1) qui s’est placé dans des conditions très favorables d'expérience : il se sert non plus de petits animaux, mais de grands animaux comme le chien, qui supportent très bien la splénectomie et surtout ne sont pas soumis aussi facilement que les souris, les cobayes et les lapins à des infections spontanées. Enfin, il n'inocule ses animaux qu'un mois après la splénectomie, lorsqu'ils sont tout à fait rétablis.
Soudakewitch (2) a repris ses expériences à propos de la fièvre récurrente, et a vu que, tandis que les singes normaux résistaient bien à cette affection, les singes dératés succombaient; dans ce cas, on retrouvait les spirilles dans le sang, et il n'y avait dans aueun autre organe trace de phagocytose.
Dans un cas où, au cours de la splénectomie, on avait laissé une petite rate supplémentaire, Soudakewitch vit que les phénomènes
(1) Bardach. Le chien est normalement réfractaire à l'infection charbonneuse, puisque sur 25 chiens inoculés, à seulement meurent ; après l’ablation de là rate, À devient très sensible et sur 25 chiens inoculés, 19 succombent.
(2) Dans un récent travail, Tikbine (Revue médicale de Moscou, t, X, 4, 1894. Le rôle de la rate dans la fièvre récurrente) conclut, contrairement à Souda: