‹ Contribution à l'étude de la réaction de Wassermann chez les aortiquesChapitre 5 sur 17 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

« Les aneurismes qui viennent aux parties intérieures sont incurables et adviennent souvent à ceux qui ont eu la vérolle », écrivait Ambroise Paré au milieu du xvi° siècle, et cette importante notion étiologique élait aussi affirmée par Fernel (1554). Elle fut reprise beaucoup plus tard, au milieu du xviu® siècle, par Lancisi (1740), par Séverin, par Plaucus el Morgagni.

Jusqu'à la fin du xix° siècle, on ne trouve dans la littérature que des cas concernant les anévrysmes de l'aorte; on ne se préoccupe pas encore des lésions valvulaires, proprement dites, quant à leurs rapports avec la syphilis.

En effet, en ce qui concerne les anévrysmes, nous voyons, au commencement du xix° siècle, Scarpa nier le rôle de La syphilis.Guthrie,Nélaton, Broca,Le Fort, Richet, Porter le contestent. Cependant Ricord (1845) et Lancereaux (1862), dans leurs cliniques, l’admettent de nouveau ; et, en Angleterre, Aitken, vers 1860, trouve la syphilis 17 fois sur 24 cas d’anévrysmes. Lewer et Wilks sont de son avis.

En 1875,toujours en Angleterre, on étudie de très près la question. Welch, Heiberg (1876), Nalty, Vallin apportent des fails confirmatifs. Heller (1880) et Ham-

is

peln poussent si loin le rôle capital de la syphilis qu'une réaction se dessine,dirigée surtout par les anatomo-pathologistes, avec Virschow, qui se montrent réservés parce qu'aucune lésion caractéristique de l'aorlite syphilitique ne leur paraît exister.

Cependant, en France, le professeur Fournier et Etienne (1897) reprennent la question au point de vue clinique. Laveran, Dujardin-Beaumetz, Verdié dans sa thèse (1884), Jaccoud (1887), Thibierge (1889) avaient cité de nombreux cas.Gron, sur 3.729 aulopsies pratiquées de 1871 à 1895, trouve la syphilis dans les antécédents de 41 p. 100 des sujets atteints d’anévrysmes, tandis que sa proportion sur la totalité des cas examinés s’abaisse à 4,3 p. 100.

Malheureusementen examinant les statistiques indiquant les proportions des antécédents syphilitiques, on vit qu'elles élaient très variables ; aussi cherchat-on des signes caractéristiques de l’anévrysme syphilitique. Israël, Rosenthal, Rasch, Storm Bull, Letulle et Dieulafoy fixent ces caractères distinctifs, confrontant les données de la clinique avec les vérifications anatomiques.

Il faut arriver en 1900 pour voir l'attention des auteurs se porter sur l'insuffisance aorlique syphilitique. Deguy, dans sa thèse (1900) sur « le Cœur et l'aorte des syphilitiques » ; Boinet, dansle « Traité de médecine el de thérapeutique » ; Huchard, dans son « Traité des maladies du cœur el de l'aorte », étudient plus spécialement les aortites syphilitiques. |

En 1879, Vulpian avait déjà fait remarquer, après Charcot, la coexistence fréquente des lésions aorliques et de l’ataxie locomotrice. Grasset, Lelulle, Truc, Jaubert, Teissier, Raymond, Fournier reprirent le même sujet, et, en 1901, à la Société médicale des hôpitaux, Babinski, envisageant la question à un point de vue un peudifférent, pouvait décrire le syndrome qui porte son nom, et dire que,lorsque chez un malade on trouvait une insuffisance aortique, de la lymphocytose rachidienne et un signe d'Argvll positif, cela suffisait pour affirmer l'existence de la syphilis. Vaquez, en 1902; Guilly, en 190%, dans sa thèse ; Debove,en 1908,confirmèrent pleinement cette manière de voir.

Mais, à partir de 1908, après l'application par Wassermann de la réaction de Bordet et Gengou au sérodiagnostic de la syphilis, on vit les statistiques se multiplier de tous côtés.

Bricout, en 1912, dans sa thèse si complète sur la syphilis du cœur, a fait une étude très précise des travaux parus sur le sujet et nous avons utilisé les documents bibliographiques qu'il a publiés. Citron, puis Danielopolu, en 1908, et, après lui Laubry et Parvu, Schütze, Oigaard à plusieurs reprises, Paraschievescu, Donath, Harris, Hirtz el Braun, en 1910, Debove et Trémolières, Krefling, Ledermann, plus récemment Delsouiller, dans sa thèse, en 1912, présentent des statistiques dont les cas sont parfois un peu confondus.

Enfin Gilbert et Brin, apportant de la méthode dans

leur étude, de même que Gaucher et Brin en 1913 et 1914 insistent sur le grand intérêt thérapeutique que comportent ces notions nouvelles.

Disons, pour terminer,que l'attention des auteurs se porte actuellement sur le rôle du traitement spécifique des lésions de l'aorte avec Ledermann, Krefting, Oigaard, et que d’autres auteurs tâchent d'élucider le rôle propre dela syphilis dans la pathogénie de ces lésions; ainsi Winternitz en Angleterre, Devoto, de Milan, el enfin Boveri, expérimentant sur le singe, montrentque la syphilis prépare le terrain aux lésions graves de l’athérome, mais ne peut les entraîner à elle

seule,

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