IL. — SYMPTOMES SENSITIFS
Nous envisagerons successivement la sensibilité subjective et la sensibilité objective.
Sensibilité subjective. — Une section nerveuse ne détermine, en général, au moment de l'accident, et encore ce n'est pas constant, qu’une douleur plus ou moins violente localisée d’abord au lieu du trauma-
Si pee tisme et irradiant ensuite vers la périphérie du nerf lésé.
Ultérieurement, si la section nerveuse ne s’est compliquée d'aucune névrite, ce ne sont que des fourmillements, des élancements, des picotements, des agacements dans le domaine du tronc lésé, que les malades accusent le plus fréquemment, mais à des degrés variables.
Lorsque la plaie a suppuré ou lorsqu'il y a une cause d'irritation permanente du nerf, on peut observer, quelques jours après la section, des douleurs spontanées, parfois très vives et à caraclère intermittent dans tout le territoire du nerf lésé. De semblables douleurs coïncident souvent avec un élal particulier des téguments (tuméfaction œdémateuse) et avec une hyperesthésie douloureuse, parfois fort accusée, l’hyperesthésie douloureuse pouvant parfois coïncider avec l'anesthésie tactile. C’est cet ensemble symptomatique que Weir-Mitchell a décrit sous le nom de « causalgie ».
On la rencontre surtout dans les cas de plaies incom-
plètes des nerfs.
Sensibilité objective. — Nous étudierons la sensibilité cutanée ou superfcielle et la sensibilité pro-
fonde.
A. Sensibilité cutanée ou superficielle.
Sensibilité au tact.
Sensibilité à la douleur.
Sensibilité au chaud.
Sensibllité au froid.
Sensibilité au tact. — Nous dirons qu'en cas de section nerveuse récente, elle est toujours et totalement abolie dans les territoires innervés uniquement. par le ou les nerfs lésés.
Nous disons « uniquement », parce que cette anesthésie :
a) Peut manquer au niveau des territoires recevant plusieurs innervations.
b) Qu'elle occupe pour la même raison, là où on la trouve, une zone moins étendue que le territoire sensitif anatomique du nerf sectionné.
c) Qu'elle peut être entourée, par conséquent, d’une zone d’hypoesthésie plus ou moins étendue, dite zone de transiuon, résultant de l’imbrication, de la superposition des territoires nerveux.
D'autre part, l'état de la circulation peut modifier la sensibilité : l’hypérémie et l'anémie, l’amoindrissement. Or, nous verrons que, dans les sections nerveuses, il y a des troubles vaso-moteurs variables d’un jour à l’autre : parallèlement, il est donc possible d’observer de légères variations quotidiennes de la sensibilité tactile au niveau des zones de transmission.
Sensibilité à la douleur. — A la suite d’une section nerveuse, tout le territoire sous-jacent et relevant uniquement du nerf atteint est complètement analgésié.
Cette anasthésie douloureuse est constante, plus ou moins nette peut-être, mais il faut se souvenir que la localisation des sensations dolorifiques est peu précise. Une douleur, qu’elle qu’elle soit, ne reste jamais entièrement localisée, mais irradie plus ou moins loin.
tirs
Sensibilité au chaud et au froid. — À la suite d’une section totale d'un nerf, il y a toujours dans le territoire qu’il innerve, une thermo-anesthésie qui est parfois plus étendue que l’anesthésie dolorifique.
Elle est constante, absolue, ce qui fait que souvent les malades se brûülent sans s’en rendre compte. Autour de cette zone d'’anesthésie absolue, existe une zone d’anesthésie relative.
B. Sensibilité profonde.
Sensibilité à la pression. — Nous désignerons par là une sensibilité profonde assamée par les muscles et leurs tendons surtout. Cette sensibilité profonde est abolie chaque fois qu'une section atteint un nerf mixte périphérique, assurant à la fois les sensibilités superficielle et profonde. Si la sensibilité profonde est dévolue à un autre nerf intact, la sensibilité à la pression est conservée.
Sensibilité osseuse. — On ne peut l'étudier que sur des petits segments osseux : en effet, des sections intéressent souvent les extrémités distales des nerfs: comme pour la sensibilité à la pression, 1l faut, pour qu’elle soit abolie, qu'il y ait section du nerf assurant l'innervation des plans profonds.