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Pour rendre la comparaison possible, il faut exciter le nerf en empêchant temporairement l'excitation de parvenir jusqu’au muscle, afin que celui-ci puisse être, au moment voulu, un réactif indicateur de l’activité du cordon nerveux. Bernstein y arrive en faisant passer dans le nerf, au voisinage du muscle, un courant constant. Cette électrotonisation rend inconductible la portion de nerf voisine de l’électrode positive. Le nerf, un sciatique de grenouille, est en même temps excité dans sa partie supérieure à l’aide des courants induits d’un chariot de Du Bois-Reymond, qui excitent également l’autre sciatique. Le muscle correspondant est tétanisé, tandis que le premier reste en repos. Mais la contraction musculaire s’affaiblit bientôt et disparait au bout de quelques minutes. Si alors on ouvre le courant constant, le premier muscle entre en tétanos. Il est donc clair que le nerf se fatigue moins que le muscle.
Le sens du courant constant est indifférent. Il faut l’éloigner le plus possible du point d’excitation afin de pouvoir considérer comme disparus les changements d’excitabilité qu'il produit au voisinage des électrodes : on sait qu'à l’électrode supérieure lenerf serait moins excitable si le courant constant est descendant, plus excitable s’il est ascendant. Dans le cas où l’on emploie ce dernier, il se produit parfois à l’ouverture un tétanos de Ritter qu’il ne faudrait pas attribuer à l'excitation. Il est facile de voir d'où il provient en ouvrant et fermant alternativement la clef de tétanisation.
La méthode employée par Bernstein ne lui permit pas de prolonger ses expériences, car un long passage du
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courant produit après son ouverture une inconductibilité persistante. L’excitation appliquée au nerf est alors inefficace. On sait donc seulement que le nerf se fatigue moins que le muscle, mais on ne peut pas dire combien de temps il peut résister.
Pour étudier la restauration du nerf, Bernstein opère sur unegrenouille vivante. La cuisseetlemembre inférieur sont fixés par un lien à la planchette, legastrocnémien relié au myographe de Pflüger. On place sur le plateau un poids de 35 grammes. Le processus de rétablissement va d’abord très lentement, puis augmente rapidement pendant un temps relativement court, pour progresser de plus en plus lentement à mesure que le nerf se rapproche de son état normal. On peut construire la courbe de ce rétablissement. Elle est légèrement convexe vers la ligne des abscisses, elle monte ensuite assez rapidement, puis passe par un point d’inflexion pour devenir concave en bas, et se termine en montant de plus en plus lentement, asymptote à un maximum.
Bernstein emploie d’autres excitants que l'électricité. Pour l'excitation mécanique, ne pouvant pas se servir du tétanomoteur, on frappait avec le dos d’un couteau. Les résultats sont à peu près les mêmes, mais moins nets parce que le nerf se lèse facilement. L'excitant chimique étaitune solution d'acide lactique à 10 c/, dont Ranke à montré l'action fatigante sur le muscle. On se servait comme excitant calorifique d’un thermomètre sensible terminé par une fourche où s’engageait le nerf et qu’on chauffait à l’aide d’une spirale de platine reliée à une pile. Il faut agir très prudemment pour ne pas léser le nerf, mais si le rétablissement a lieu, il se fait comme précédemment.
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Bernstein conclut de ses expériences que la fatigue du nerf se produit plus lentement que celle du muscle, mais qu’elle arrive au bout de cinq à quinze minutes (1).
Ce n’est que sept ans après le travail de Bernstein, que furent entreprises de nouvelles recherches sur la fatigue des nerfs.
Au cours d'expériences téléphoniques sur la variation négative du courant nerveux, Wedenskii remarqua qu'un téléphone dérivé sur'un nerf excité continuait à résonner sans interruption, quinze, trente minutes, parfois même une heure. [l contrôla son observation à l’aide d’un galvanomètre.
(1) À Nancy, au mois de novembre 1880, pendant le cours de ses expériences sur la vitesse nerveuse, M. René, alors chef des travaux physiologiques, avait été amené à étudier la fatigue des nerfs. Nous trouvons le résultat de £es expériences préliminaires dans un cahier d’expériences du laboratoire. Voici ces expériences (inédites). $
Grenouille, myographe de Marey, gastrocnémien et nerf sciatique préparés suivant la méthode de Bernstein. Excitation par courant induit (un élément Leclanché actionnant un chariot de Du Bois-Reymond, gradué avec le maximum à, 40°). Courant continu ascendant sur le nerf pour établir un fort anélectrotonus au-dessus du muscle.
Dans un des cas relatés, les excitations ont duré trois heures sur le même nerf.
Au début, les contractions étaient produites par les excitations faibles à 50, 60, puis 8°, %. Une heure après il fallait rapprocher la bobine à 120, puis 13°, enfin à 20°, puis 23.
Deux heures après les contractions, fortes d’ailleurs, se produisaient par l'excitation du nerf, mais il fallait 27, puis 30 et 330, — l'excitabilité paraissait donc diminuée.
Mais dans toutes ces recherches, deux accidents se présentaient : d’abord le desséchement du nerf. Pour voir si cette complication était importante, M. René plaça les deux nerfs sciatiques chacun sur les excitateurs dans les mêmes conditions, également tendus. Le sciatique d’un côté, étant laissé au repos dans cette position, pour le simple dessèchement, l’autre sciatique, soumis aux excitations pour la fatigue du nerf.
Pendant quatre heures, le nerf excité présenta les mêmes diminutions d’excitabilité que dans l’expérience précédente.
Il fallut successivement rapprocher la bobine de 10 à 25.
À ce moment, le courant à 25° qui agit encore à la rupture sur le nerf fatigué