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tion du muscle devait démontrer que le nerf n'était pas fatigué.
Ces tentatives, faites uniquement sur la grenouille, ne furent pas suivies de succès. Wedenskii réussit au contraire en emplovant une modification du procédé de Bernstein. Lorsque le nerf à été rendu inconductible dans une certaine partie de sa longueur au moyen d'un courant constant, on peut le maintenir dans cet état en affaiblissant beaucoup ce courant. On n’a plus alors à craindre, à l'ouverture, ni tétanos, ni cette inconductibilité persistante qui ne permit pas à Bernstein de poursuivre ses recherches.
On fait agir le courant constant affaibli alternativement dans les deux sens, à intervalles assez éloignés. Avec ces précautions, l'ouverture du courant rend presque immédiatement au nerf sa conductibilité, tandis qu’une nouvelle fermeturelaluienlèveaussitôt. Uneportion denerfsciatique soigneusement préservée contre la dessication et éloignée d'au moins 15 millimètres du point de polarisation est tétanisée à l’aide d’une excitation d'intensité moyenne.
L’excitabilité du nerf est examinée toutes les 15 ou 30 minutes en ouvrant le courant polarisant. Il se produit alors un tétanos qui provient bien de la portion de nerf excitée, comme le prouve sa cessation après la fermeture de la clef de court circuit dans le courant secondaire.
Quelques expériences durèrent 6 heures sans qu’on put découvrir aucun signe d’épuisement du nerf. N'ayant pas prolongé i'excitation davantage, Wedenskii ne donne pas une limite vers laquelle se produirait la fatigue. Il pense que peut-être le nerf peut travailler sans fatigue et
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sans relâche jusqu’à sa mort. 11 se demande quel effet a une excitation permanente sur la mort ; si elle la hâte ou si au contraire elle la retarde.
L'ingénieuse méthode de curarisation qui avait échoué entre les mains de Wedenskii fut reprise avec plus de bonheur par Bowdïitch (1) qui employa d’autres animaux d'expériences. Ses premières recherches furent faites à Boston sur des chats ; il les continua plus tard à Leipzig dans le laboratoire de Ludwig et se servit de chiens. Chez la grenouille, en effet, le curare s’élimine mal ou ne s'élimine pas. Bowditch anesthésie un chat par l'éther ; un sciatique est mis à nu puis sectionné près du sacrum. On le place sur des électrodes, puis on isole le tibial antérieur qu'on attache à un myographe. Les électrodes sont mises en communication avec un appareil à chariot et on recherche le minimum d'intensité nécessaire pour produire le tétanos. Il fallait généralement un écartement des bobines de 30 à à5 centimètres. L'animal recevait une dose de curare (0,007 milligrammes à 0,01 centigramme) suffisante pour empêcher les contractions musculaires. On pratiquait la respiration artificielle, puis on excitait le nerf sans discontinuer. Au bout d’une heure et demie à deux heures, le curare s’éliminait, l'excitation déterminait des secousses musculaires qui devenaient progressivement plus fréquentes et plus violentes. On n'observail pas
(1) Note on the nature of the nerve force, Journal of Physiology, VI, 1885. Ueber den Nachweis der Unermüdlichkcit des Säugethiernerven, Archiv. f. Anal. u. Physiol., de Du Bois Reymond, 1890, p. 505.