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cependant de véritable tétanos. Si, lorsque le muscle commence à se contracter, on redonne une nouvelle dose de curare, on peut prolonger l’excitation au delà de He heures sans que le nerf soit épuisé.
Le fait qu’au début de la décurarisation il se produit des secousses et non pas un tétanos est dû à la façon dont s’élimine le poison, et non pas à la fatigue du nerf. Bowditch le démontre en excitant seulement quelques instants à de rares intervalles un nerf d’un animal curarisé. Dans ces conditions, 1l ne saurait être question de fatigue, et cependant on n’observe que des secousses lorsque le curare s’élimine. La courbe myographique est assez analogue à celle que l’on obtient au début de la curarisation. Les particularités observées doivent être rapportées à l'état dans lequel se trouvent, lorsque l’action du curare est incomplète, les terminaisons nerveuses.
En somme, le résultat d’une excitation faite sur un nerf d’un animal se décurarisant est le même, que ce nerf ait été laissé au repos ou qu'il ait été traversé par un fort courant d’'induction. Le cordon nerveux possède donc une grande endurance. Bowditch ne croit cependant pas qu’il puisse résister à de fortes fatigues on à une excitation illimitée.
Maschek (1) répète d’abord les expériences de Wedenskii. En employant comme obstacle au passage de l'excitation un courant constant fable dont on intervertit le sens de temps en temps, on peut observer la contraction musculaire après 12 heures d’excitation. La variation
(1) Ueber Nervenermüdung bei elektrischer Reizung. — Sitzungsberichte der Wiener Akademie, 1887, Abth: III, p. 109.
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négative persiste de 2 à 15 heures et demie si l’on a soin de préserver le nerf de la dessication et de pratiquer de temps en temps une nouvelle section transversale.
Maschek se sert ensuite d’une autre méthode. ]l abolit la conductibilité du nerf en un point déterminé entre la partie exCitée et le muscle en l’éthérisant à cetendroit. À cet effet, on emploie un petit tube de verre en forme de T dont la branche horizontale est percée, au niveau de sa jonction avec la verticale de deux petits trous diamétralement opposés. On les bouche avec de la cire molie dans laquelle on fait ensuite des ouvertures de la grandeur du nerf; et on y introduit ce dernier. On ajoute ensuite de chaque côté de la cire en prenant garde de léser le nerf. L’une des extrémités du tube horizontal est en relation avec un tube d’amenée de l’éther ; l’autre sert à sa sortie ; la branche verticale livre passage à l’air. La. préparation névromusculaire est placée pendant toute la durée de l'expérience dans une chambre humide. Le point excité, long de 3 millimètres est éloigné de un centimètre et demi de la portion éthérisée ; la distance des bobines est de 18 à 25 centimètres. Si dans ces conditions on cesse l’éthérisation au bout de quelques heures, on voit encore le muscle se contracter.
On pourrait penser que l’absence de fatigue du nerf est dûe à l’action opposée des courants de fermeture et de rupture ; mais en employant uniquement des courants d'ouverture, Maschek n'a pas vu la fatigue se produire plus rapidement (1).
(1) Nous croyons au contraire que la rapidité de la fatigue dépend beaucoup de la nature de l’excitant employé. Lorsqu'on excite un sciatique de grenouille à
Tous les expérimentateurs précédents pensent que le nerf offre une grande résistance à la fatigue. Herzen (1) est d’un avis opposé : les nerfs seraient plus fatigables que les muscles et que les terminaisons nerveuses. De tout le chainon neuro-musculaire, ce serait le cordon nerveux qui s’épuiserait le plus rapidement. Si la contraction musculaire produite par l'excitation du nerf moteur disparaît rapidement, c'est que celte excitation détermine dans le nerf des phénomènes inhibitoires.
De plus, dans les expériences de Wedenskïi et de Bowditch, les courants de pile et l’intoxication curarique sont probablement un obstacle non seulement à la transmission, mais encore à la production de l’activité nerveuse. Le nerf ne serait pas actif tout le temps, mais ne commencerait à le devenir que lorsque le courant de pile est interrompu ou le curare éliminé.
Pour avoir une activité réelle, il faut employer l’excitant naturel. Herzen empoisonne un animal à l’aide d’une forte dose de strychnine. Il se produit un violent tétanos, sauf dans une extrémité postérieure dont on a préalablement sectionné le sciatique. L'animal meurt dès le premier ou le deuxième accès. On voit alors que le nerf coupé est excitable tandis que l’autre ne l’est pas. Maïs les deux muscles sont également excitables ; de plus, la contraction obtenue est une contraction névromusculaire, l'appareil
l'aide de courants d’induction, le tétanos cesse au bout de deux ou trois minutes. Il persiste au contraire pendant plus d’un quart d'heure lorsqu'on se sert de courants sinusoidaux.
(1) De la nalure des mouvements fonctionnels du cœur. — Lausanne 1888 et Bulletin de la Soc. Vaud. des Sc. Nat., 1886, 1887 et 1858.
terminal n'est donc pas épuisé; c'est le cordon nerveux qui se fatigue.
Pour expliquer la différence entre l'excitation naturelle et l'excitation artificielle, Herzen suppose que l’irritation physiologique n'agit que sur les fibres motrices, tandis que l'électricité agit à la fois sur les fibres motrices et inhibitrices que contient un nerf moteur.
Edes (1), à l'exemple de Wedenskii et Maschek, se sert au courant électrique d'action pour déceler l’activité du nerf. Un sciatique de grenouille est disposé sur des électrodes impolarisables dans une chambre humide. On excite sa partie supérieure à l’aide de courants induits fréquents qu’on interrompt seulement toutes les heures pendant une minute, le temps de lire la variation négative. Celle-ci persiste pendant 5 heures sans modification. Au bout de 14 heures elle peut encore être décelée, elle atteint alors le quart de sa valeur primitive, et n’est pas accrue par une nouvelle section transversale, au contraire de ce qui arrivait dans les expériences de Maschek.
Edes combat l'opinion d’'Herzen. Il pense qu'il peut exister une contraction musculaire alors que les terminaisons nerveuses sont paralysées. La persistance de la variation négative dans un nerf curariséest une preuve de son activité. [Il croit d’ailleurs, après avoir répété l’expérience d’Herzen, pouvoir attribuer la fatigue au muscle.
La comparaison histologique faite par Edes entre les nerfs intacts et les nerfs fatigués ne semble pas lui avoir
(1) On the methode of the impulse in medullated fibre. — Journal of Physiology. Vol. XIII, n° 5, 1892.
donné des résultats bien nets. Peut-être les stries de Frohmann sont-elles moins prononcées dans le nerf excité.
Tour (1) conclut d'expériences faites dans le laboratoire de Wedenskii que la survie des nerfs est la même, qu'ils soient fatigués ou non. L'activité nerveuse ne serait donc accompagnée d'aucune fatigue et d'aucun épuisement.
Nerfs sensibles. — Bernstein étudie leur fatigue et la facon dont ils se rétablissent en utilisant les réflexes produits dans une extrémité postérieure par une excitation électrique constante de la peau. La courbe de rétablissement est la même que pour les nerfs moteurs.
Langendorff (2) en analysant les expériences de Bowditch, fait remarquer que des observations journalières faites sur l’homme semblent apporter la preuve de la grande endurance des nerfs sensibles. Quand par exemple des dents cariées sont le siège de vives douleurs, le mal ne cesse que pendant le repos de la nuit, et reprend le matin, au réveil, avec toute son intensité.
Nerfs d'arrêt. — Suggéré par Langendorff, Szana (3), étudie la façon dont se comportent les nerfs d'arrêt vis-àvis d’une excitation prolongée par un artifice analogue à celui de Bowditch pour les nerfs moteurs.
(1) L. Frédéricq. — Notice sur le Deuxième Congrès international de Physiologie, p. 53.
(2) Centralblalt f. die medic. Wissenschaft., 28 février 1891.
(3) Bcitrag zur Lehre von der Unermüdlichkeit der Nerven. — Arch. f.
Anat. und Physiol. de du Bois Reymond, 1891, p. 315.