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Tant au point de vue symptomatique qu’au point de vue évolutif, il y a lieu de distinguer plusieurs formes correspondant à des stades qui souvent successifs et parcourus tous chez le même malade, seront d’autres fois inchangés.
La première de ces formes est la forme érythémateuse : c’est la rosacée pure.
Particulièrement fréquente chez les femmes atteintes de troubles menstruels où aux approches de la ménopause, elle peut également se rencontrer chez les hommes, en particulier les alcooliques. Un jour, à l’occasion d’une cause déclenchante quelconque, le plus souvent un repas copieux, une promenade en plein vent, le visage présente des taches rouges d’érythrose. Par la répétition même de ces accès, s’installe peu à peu une congestion permanente, passive, qui se traduit par des plaques plus ou moins étendues. Enfin, après un laps de temps, variable suivant les sujets, les capillaires à parois déficientes, distendus par ces diverses poussées fluxionnaires, restent en état de dilatation permanente, et les télangiectasies apparaissent. À la pression, le réseau dilaté sous-cutané ne disparait plus alors que les plaques congestives sousjacentes s’effacent. Ainsi, est réalisé le tableau clinique de la rosacée pure.
Cette congestion permanente, modifiant la nutrition des tissus et le fonctionnement des glandes, favorise sur un terrain dysséborrhéique ou kérosique la production de follicules acnéiformes. Cette forme justuleuse qui succède habituellement à la précédente,
est celle de l’acné rosacée vraie.
Le Fop ee
Sur le fond simplement érythémateux préexistant, se développe l'élément acnéique. L’éruption, qui procède par poussées intercurrentes, est formée de papules, lesquelles deviennent bientôt des papulo-pustules acuminées. plus ou moins volumineuses à base indurée. Une fois rompues, ces papulo-pustules se coiffent de croûtelles brunâtres qui se détachent, laissant après elles une cicatrice. |
acné est donc presque toujours secondaire ; mais il faut cependant signaler que la rosacée pure peut apraraître en même temps que la forme acnéique, et qu’à l’inverse dans certains cas, la forme pustuleuse est la première installlée, précédant la forme congesüve. Il y a là, comme le souligne Brocq, un cercle vicieux, la congestion favorisant l’acné et l’acné favorisant la congestion. .
À un stade plus avancé, les dilatations vasculaires
augmentent, constituant de grosses arborisations vari-
queuses. Les indurations acnéiques s'étendent et gagnent en profondeur. Sous l'influence des incessantes poussées congestives, le tissu conjonctif du derme prolifère et finit peu à peu par s’hypertrophier ; les glandes sébacées prennent un volume: énorme : c’est l’acné hypertrophique, qui se traduit ostensiblement par le rhinophyma.
Brocq a décrit une quatrième forme de l’acné rosacée, sous le nom d’«éruption papulo-pustuleuse mihaire récidivante de la face». Voici le tableau clinique qu'il en donne.
Les lésions éruptives élémentaires caractéristiques sont de toutes petites papulo-pustules miliaires, de la
grosseur d’une tête d’épingle environ. Elles font parfois une légère saillie au-dessus du niveau des téguments ; parfois, au contraire, quand elles se développent sur des surfaces érythémateuses, elles ne s'élèvent pas au-dessus du plan cutané. Leur base est d’une couleur rouge vif, leur centre, d’un jaune blanchâtre, constitué par un peu de sérosité purulente. Après l’ouverture de la pustulette, il reste une très petite dépression arrondie intra-épidermique, qui se cicatrise et disparait avec la plus grande rapidité. Ces éléments reposent, d'ordinaire, sur un fond primitivement érythémateux ei télangiectasique. Parfois, cependant, ils se développent sur une peau en apparenice saine et on peut voir rayonner tout autour d’eux des télangiectasies accidentelles, qui diminuent de volume ou tendent même à disparaître après l’évoluton.
La localisation de l’éruption n’est pas aussi élective, dans cette forme papulo-pustuleuse, que dans l’acné rosacée vraie. Ici, la face peut être atteinte dans sa totalité. Ce tableau clinique coexiste le plus souvent avec de la séborrhée, du pityriasis simplex, de lurticaire et surtout des télangiectasies faciales et de la
couperose.