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disposition préserve certains organismes que ne couvre pas l’immunité acquise, et qui échappent au mal sans lui avoir payé leur tribut. C’est là un phénomène inexplicable, mais démontré par des observations multiples, et que nous avons eu l’occasion de vérifier aussi.
Tous les individus ne sont donc pas égaux devant la contagion; tandis que les uns lui échappent, les autres doivent la subir. Ceux-ci réalisent la maladie selon leur degré de résistance, selon leurs susceptibilités et leurs faiblesses particulières, La rougeole se modifie dans son intensité, dans ses manifestations symptomatiques, dans ses complications diverses, selon les aptitudes spéciales de Porganisme qu’elle envahit. Tandis que, chez un individu fort et vigoureux elle pourra ne produire qu’un ébranlement passager, un abattement de quelques jours, elle se montrera redoutable pour ceux dont la constitution est débile, la complexion délicate, la santé chancelante ; elle est terrible pour les faibles.
C’est à ce point de vue que l’âge peut exercer une certaine influence; le danger sera d’autant plus grand que le malade sera plus jeune. A l'Hôpital général, la mortalité a frappé surtout les enfants de deux à trois ans. Quant au sexe, il importe peu, croyons-nous, au pronostic de la rougeole ; nous avons vu un égal nombre de garçons et de filles atteints; et, siles premiers forment, à peu près, seuls, le tableau des décès, la cause en remonte à des actions autrement puissantes. «On » peut, dit M. d’Espine, appliquer à la rougeole le mot que Ricord » appliquait à la syphilis : c’est un branle-bas général de l’organisme » qui réveille tous les germes morbides. »
Bien souvent les renseignements quenous avons pu recueillir sur l’hérédité de nos petits malades sont demeurés incomplets, et il ne nous est guère possible de savoir quelles influences se sont exercées dansles cas où le mal s’est montré plus sévère.Les antécédents étaient, à bon droit, suspects, la plupart du temps, et nous relevons plusieurs fois. la tuberculose. Entre, autres exemples, celui de Marius Arbous témoigne de ce dont est capable cette diathèse, à laquelle la rougeole donne «un élan terrible », selon l’expression de Cadet de Gassicourt.