‹ Contribution à l'étude de la rupture du tendon de la longue portion du biceps brachial: son traitementChapitre 12 sur 25 · PATHOGÉNIE · texte numérisé non relu

PATHOGÉNIE

Nous abordons maintenant le’ chapitre le plus controversé de la question : dans quelles conditions et sous quelles influences la rupture du tendon se produit-elle 2 Les théories invoquées peuvent se ranger en deux grands groupes que nous passerons successivement enrevue: |

1° Causes mécaniques ;

2 Causes pathologiques.

CAUSES MÉGANIQUES. — La première idée qui vient à l'esprit, c'est d'envisager la disproportion entre le travail à fournir, d'une part, et la souplesse du tendon, d'autre part. De même qu'en mécanique, un levier calculé pour résister à une force donnée, se rompt si la charge qu'on lui fait supporter dépasse la limite prévue ; de même le tendon sur qui s'applique toute la force déployée par le muscle biceps

est incapable de soutenir un poids plusieurs fois supérieur à celui qu'il porte d'ordinaire.

Quand on voit combien rarement se rompent la courte portion, le ventre musculaire commun et le tendon périphérique radial, comment au contraire la rupture survient presque régulièrement à la longue portion, on est conduit à chercher l'explication de cette prédisposition à la rupture dans une désposition anatomique spéciale. Or, nous avons vu que le tendon se réfléchit sur le col de la tête humérale à la manière d'une corde tendue sur une poulie ; d'autre part, si nous étudions les circonstances qui ont amené la rupture. nous constatons que l'individu qui rassemble ses forces pour fournir un gros effort, rapproche instinctivement les coudes fléchis du COTrps, c'est-à-dire, place ses bras. en adduction. Dans cette position, les extrémités de la courte portion se trouvent rapprochées l’une de l’autre, tandis que la longue portion, à cause de sa dépendance de ‘la tête humérale, maintient sa tension qui s'accroît ‘ encore dans l’adduction forcée du coude. Ce méca-

nisme de rupture se trouve réalisé chez les blessés de Ledderhose (Obs. VII), Fiévez (Obs. X) Davis (Obs. XHI), Alexander (Obs. XV), Bazy (Obs. XVII, Müller (Obs. XXIX). du Professeur

Michel (Obs. XXXIIT).

Lorsqu'à ce mouvement de flexion et d du coude s'ajoute une rotation du bras en dehors, le tendon de la longue portion bridé dans la coulisse

bicipitale, voit sa tension portée au maximum. C'est

ainsi que le blessé de Pagenstecher (Obs. XIX)

lançait de côté, Sur une voiture, un gros quartier de viande ; celui de Loos (Obs. XXII), chargeait une lourde pelletée de fumier sur une voiture ; enfin, dans l'observation que nousrapportons(Obs.XXX VI), notre sujet lançait une lingotière sur un wagonnet placé à sa gauche, et c'est au bras gauche que la rupture s est produite.

Dans d'autres cas, au moment de l'accident,

l'ouvrier avait le bras levé, l'avant-bras fléchi sur le

sac qu'il portait ; il fait, dans un faux pas, un violent

effort pour retenir ce sac de 50 kilogs. La contrac-

tion violente du biceps a rompu le tendon qui, dans

cette attitude anormale, avait perdu son point

d'appui sur l'humérus. Les mêmes circonstances se trouvent réunies chez le blessé de Dreizheuer (Obs. IX), qui ressent un craquement au moment où

il voulait charger sur son épaule, un rouleau de -

TONEs à

Ces remarques nous autorisent à conclure avec Loos, que les ruptures du tendon du biceps doivent, au moins la plupart du temps, leur production à une distension du muscle contracté par l'effet d’une force vive appliquée au long bras de levier formé par l’avant-bras, et, pour une faible part, à une

“situation défavorable du tendon de la longue portion au moment où celle-ci doit fournir un effort maxina. :

Un autre facteur intervient, c'est la violence, la brusquerie de la contraction qui peut être soit l'effet d'un mouvement volontaire, soit le résultat d’un geste automatique.

L'individu qui a conscience que l'effort qu'il va fournir est au-dessus de ses moyens physiques habi-

tuels, supplée à la puissance musculaire qui lui

manque par une contraction violente mais de courte durée. Une comparaison rendra le phénomène plus évident : Supposons qu'il s'agisse de rompre une ficelle tendue entre les deux mains. L'expérience journalière nous apprend que nous triompherons

beaucoup plus aisément de sa résistance par une

traction vive et saccadée, que par une distension continue, progressive. Ici la ficelle jouè le rôle du tendon, les mains représentent, d'une part l'insertion du tendon, d'autre part la force musculaire qui agit sur lui. Done une soudaine augmentation de tension dans les fibres tendineuses déjà soumises à une certaine traction, brisera le tendon d'autant

plus facilement que l'effort aura été plus brutal et.

plus soudain. Le coup d'épaule qui permet au blessé -du Professeur Michel de franchir l'obstacle avec son tonneau (Obs. XXXIII), de même que le violent effort accompli par celui d'Hochstetter pour attirer à lui un lourd fardeau (Obs. XVII) en sont des exemples. A

Cette brusquerie peut doremi indépendante de la volonté dans un mouvement automatique que l'instinct seul domine.

Un manœuvre fait un brusque violent effort

pour se garer d’un’train, en se raccrochant à son

chariot (Obs. XXXTI); un chauffeur est victime d'un

retour de manivelle qui détermine une contraction

réflexe de son biceps (Professeur Barthélemy,

2, dère: VERS Le AE onde à

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