‹ Contribution à l'étude de la rupture spontanée des kystes de l'ovaireChapitre 5 sur 16 · ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE

Nous étudierons successivement :

1° Le kyste lui-même avec sa perforation ;

2 Le liquideépanché ; |

3° L'état de la cavité péritonéale et les parties voisines modifiées en cas de rupture extra-péritonéale.

Elat du kyste rompu.—On peut avoir affaire à des kystes prohfères glandulaires ou papillaires (uniloculaires, multiloculaires, aréolaires), à des kystes dermoïdes, à des kystes parovariens. Les kystes rupturés sont par ordre de fréquence : les kystes multiloculaires, les kystes dermoides, enfin les kystes uniloculaires.

Les parois du kyste peuvent présenter des plaques de sphacèle, d’athérome, de dégénérescence graisseuse ; elles peuvent être amincies, fusionnées en une seule. On trouve des lésions d'hémorragie interstitielle, des produc tions papillaires sur la face externe. La déchirure peut s’observer en un point quelconque de la paroi, le plus souvent en arrière et en haut; parfois elle est à peine visible ; en général, elle est unique, on lobserve linéare,

éloilée.

Le liquide épanché. — Le liquide épanché est en quanlité variable allant de 50 gr. à plusieurs kilogr. Le liquide peut êlre jaune citrin ressemblant au liquide ascitique ; toutefois, le chiffre des matériaux fixes y est plus élevé.

AE Nous trouvons également lé liquide épanché gélatineux, visqueux, hémorragique, enfin, parfois, franchement purulent. Dans ce dernier cas on a décelé la présence de microbes variés : staphylocoque, streptocoque, bacterium coli, bacille d'Eberth.….

Une question intéressante est, en l'absence de suppuration, de savoir quelle est la toxicité du liquide épanché. Elle est parfois nulle ou à peu près comparable à celle du sérum artificiel; d’autres fois il n’en est pas ainsi. Le liquide le plus toxique semble être celui des kystes prolifères de l'ovaire ; la toxicité du liquide des kystes du parovaire est à peu près nulle.

Etal de la cavilé périlonéale el des parties voisines. — Si la rupture est intra-péritonéale pour un liquide épanché aseptique, nous n’avons aucune lésion. Le liquide est-il septique, nous observons un péritoine injecté, épaissi, granuleux, rouge, des fausses membranes. D'autres fois la rupture étant plus ancienne, des adhérences ont eu le temps de se former.

[l arrive d'observer un véritable ensemencement de la eavité péritonéale par les éléments du kyste. Si la rupture est extra-péritonéale, lorsque le kyste enflammé était adhérent au préalable, on observe son évacuation dans une cavité viscérale voisine.

M. Duffener (Thèse de Nancy, 1892} a réuni 142 cas de rupture extra-péritonéale qui se répartissent de la façon suivante :

Rupture dans les voies digestives . . 51° cas MAUNeRÉTICUR, 0 2.2, raz 94 + dans les voies génitales . . 33 Er NL EN AT ON Lo

— ouverture double . . AL 8

SYMPTOMATOLOGIE

La symptomatologie de la rupture spontanée kystique est très variable. Parfois on trouve les prodromes se lraduisant par des douleurs plus ou moins vives, des nausées, des vomissements, des,poussées fébriles, des sympiômes prémonitoires de la rupture qui accompagnent altération des parois kystiques.

Quant à la rupture, elle est parfois brusque avec inondation périltonéale et mort subite : parfois elle est insidicuse, à répélition, passe inaperçue.

L'on conçoit qu'entre ces deux modes de rupture il y ait bien des cas intermédiaires

En tous cas, une grande division s'impose, motivée par la symplomatologie bien différente entre les ruptures intra et extra-périlonéales.

RUPTURES INTRA-PÉRITONÉALES. — Nous en avons deux grandes formes, la rupture à forme d'inondation péritonéale, la rupture à forme d’ascite à répétition.

1" Ruplure à forme d'inondation périlonéale. — On se trouve en présence d’un gros kyste uniloculaire ou paueiloculaire. La rupture se fait brasquement. Comme symp- Lômes immédiats nous avons une douleur vive avec perte

de connaissance. Les douleurs se généralisent à l’abdomen.

L'inspection montre que le ventre n’est plus globuleux, il est aplati.

À la palpation, on ne sent plus de kyste, on trouve tous les signes d’une ascite avec sensation de flot.

La percussion révèle [a présence du liquide avec matité

à l’hypogastre et les flancs, les intestins, occupentle pourtour de lombilic. Si l’on imprime des FUN de position, le Hiquide se déplace.

Il ne faut pas négliger de combiner le toucher vaginal, rectal si l’on à affaire à une vierge, au palper abdominal ; il nous permet souvent de nous rendre compte de la disparition définitive ou non de la tumeur, de sentir la fluctuation.

La mort peut survenir en syncope. D’autres fois, le malade échappe à cet accident immédiat et les symptômes se modifient. Dans le cas où le liquide épanché est aseptique, il y a légère réaction péritonéale, presque toujours un peu de T., la douleur persiste, la malade est forcée de rester couchée. Toutefois si l’on n'intervenait pas par la laparotomie, le liquide finirait par se résorber.

Le cas change dans le cas de liquide septique épanché : dans le péritoine ; on a alors le tableau d’une péritonite généralisée à marche rapide et fatale; parfois des membranes se forment qui eloisonnent l'épanchement purulent donnant une péritonite purulente localisée.

2° Ruplure à forme d'ascile à répélilion. — On se trouve en présence de tumeurs polykystiques, multiloculaires, aréolaires. Nous n’avons plus ici le tableau clinique dramatique de tout à l'heure. Le kyste se rompt insidieuse ment à intervalles plus où moins réguliers. La malade

br

vient consulter se croyant enceinte; par le fait, 11 y a sou-

vent arrêt des règles; on constate un kyste de l'ovaire ; puis à l'occasion d’une secousse de voiture par exemple; la tumeur s’affaisse sans grande douleur et l’on ne se trouve plus qu’en présence de symplômes ascitiques. Le kyste peut d’ailleurs se reformer et s’affaisser à intervalles et une ascite s'établit constante. Les ruptures successives et partielles de kystes multiloculaires s’accompagnent en même temps que d’ascite, de débâcles urinaires, intestinales, avec diarrhées profuses ; on a observé de la salivalion, de l’anasarque.

RUPTURE EXTRA-PÉRITONÉALE. — Si la rupture est suivie d'évacuation dans une cavité viscérale, des douleurs la précèdent dues aux adhérences et aux ulcérations des parois contiguës.

Lorsque la rupture se produit, des douleurs poignantes éclatent. Lesymptôme capital d’une rupturekystique extrapéritonéale est la constatation d’un écoulement coïncidant avec l’affaissement kystique. |

L'évacualion dans les voies digestives se’ traduit par des vomissements, une diarrhée intense, véritable débacle.

Lorsque le kyste s'ouvre à l'extérieur, l'ouverture siège de préférence à FPombilic, point faible de la paroi abdominale.

L'ouverture dans les voies génitales se fait presque toujours dans le vagin, parfois par la trompe ; l'examen au spéculum fait alors constater l'issue du liquide par l'orifice du col utérin.

L'ouverture dans la vessie s'accompagne de vives douleurs dans la région vésicale, d’un besoin pressant d’uriner avec souvent lénesme vésical.

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