TRAITEMENT
Actuellement l'accord est fait sur ce point : la laparotomie est le seul traitement des kystes de l'ovaire. Dans le cas de kyste compliqué de rupture, quel est le traitement ? Il faut distinguer plusieurs cas. ke
À la suite d’une rupture la poche a disparu, la malade ne présente pas d'accidents, l'ascite se résorbe, on peut avoir guérison spontanée. On se contentera de surveiller la malade; si le kyste se reproduisait, la laparotomie serait indiquée avec ovariotomie portant sur l'ovaire
malade .
On se trouve en présence de la rupture intra-périlonéale à forme d'inondation avec apparitions rapides de phénomènes périlonitiques ; l'intervention d'urgence est ‘indiquée, la laparolomie doit être faite immédiatement. On extraira la poche kystique. On liera le pédicule avec de la soie plate et on le cautérisera au thermo-cautère ; puis on procèdera à une toilette très soignée de la cavité péritonéale. Si le liquide épanché parait suspect on n’hésitera pas à pratiquer le drainage sus-pubien : deux drains de caoutchouc accolés placés dans l'angle supérieur de la plaie et plongeant dans le cul-de-sac de Douglas.
Dans le cas d'ouverture du. kyste dans les organes du
Pr Da voisinage, le but que devra se proposer le chirurgien est encore l’ablation totale du kyste, l'ovariotomie pratiquée le plus tôt possible après la rupture. Elle sera suivie de la suture de l’orifice de communication du kyste. Mais ceci n’est qu'une règle de conduite générale; dans bien des cas des adhérences très développées, des lésions tropanciennes forceront à se contenter d'une ablation partielle du kyste avec suture de ce qui reste à la paroi abdominale: bref, la variété des cas pourra imposer des lignes de conduite différentes dans lesquelles ‘11 nous est impossible d'entrer.
Enfin, il reste à poser le traitement pendant la grossesse ? Si la rupture se produit pendant la grossesse, il faut intervenir et pratiquer l’ovariotomie le plus tôt possible. On aura soin de faire une suture très soignée de la paroi.
Si la rupture se produit pendant le travail, voici ce que dit Pozzi à cet égard: «Je n'hésiterais pas à faire la laparotomie pour reconnaître si l’ablation du kyste est possible ; l’ovariotomie lèverait alors lPobstacle et l’accouchementn'aurait plus de difficultés à se faire.
» Dans le cas contraire, l'opération césarienne ou celle de Porro ne me paraissent pas plus graves pour la mère que les violences aveugles et excessives exercées par les voies naturelles et lon a en outre l'avantage de sauver l'enfant.» (Traité de Gynécologie, p.871.)
Si la rupture survient pendant les suites de couches, l'ovariotomie, quoique très grave, est encore indiquée.
En tous cas, l’ovariolomie, qui est en somme le traitement de choix dans presque tous les cas, ne trouble, si elle est uni-latérale, ni la menstruation n1 la conception.