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OBSERVATION PERSONNELLE XLVIII

Femme T.…, âgée de 62 ans, hospitalisée à Vincent-de-Paul

souffre depuis 46 ans de douleurs dans les jambes, surtout à

droite.

Mariée à 19 ans, elle a 11 enfants dont 6 morts et un mort né.

Elle souffre d’une façon continue, mais: avec des crises plus accentuées à intervalle assez régulier.

La démarche est rendue difficile par la douleur. Pas de troubles moteurs. Réflexes rotuliens normaux, réflexes achilléens normal à gauche, aboli à droite. Signe de Lasègue positif à droite. Points de Valleix douloureux surtout à la tête du péroné et le long de la cuisse droite.

Parésie totale du membre inférieur droit. Pas de troubles de sensibilité. ,

Signe d’Argyll. Inégalité papillaire la gauche en myosis, Irilis et synéchies postérieures.

Ponction lombaire. — Ni hyperalbuminose ni lymphocytose. ‘ Amélioration et disparition des douleurs par le traitement mer-

curiel.

Ossenvarion XLIX (MM. Favre et Roubier)(1)

D... Ch., 37 ans, photographe, entre le 27 juin 1908 à l'hôpital

Saint-Pothin pour des douleurs de la jambe gauche.

(1) Favre et Rougrer, Un cas de sciatique syphuitique (Lyon Médical, 1908, n° 51, p. 1074).

Antécédents héréditaires. — Rien à signaler. Chancre syphilitique à 27 ans, soigné par des pilules Dupuytren,

Depuis trois mois douleurs dans la cuisse et la fesse de plus en plus prononcées, exagérées par la marche, sans rémission la nuit et le jour.

A l'entrée trajet du sciatique douloureux, points de Valleix. Signes de Lasègue et de Bonnet très nets.

Réflexe rotulien gauche plus vif que le droit. Réflexe achilléen. normal.

Pas d’atrophie musculaire nette, pas de troubles de la sensibilité,

Guéri par le traitement spécifique.

Cette observation est également caractéristique des sciatiques tronculaires syphilitiques que l’on ne saurait plus confondre avec les sciatiques radiculaires, malgré leur

commune étiologie.

Nous allons maintenant envisager les autres étiologies passibles de radiculites sciatiques, étiologies qui vont imprimer un caractère différent, si ce n’est aux symptômes essentiels de l’affection, du moins aux signes superposés dus à l'affection causale, à la pathogénie souvent différente, au

pronostic et surtout à la difficulté du traitement.

RADICULITE TÜUBERCULEUSE

Parmi les causes infectieuses autres que la syphilis on rencontre en première ligne la tuberculose : mais là, la pathogénie, et l’anatomie pathologique vont sensiblement différer suivant que la lésion primitive est une ostéite, ou une infection méningée. Les observations publiées sont beaucoup plus convaincantes en ce qui concerne les lésions primitivement vertébrales.

Mosny et Malloizel (1) ont signalé un cas de méningoradiculite tuberculeuse lombaire consécutive à une ostéite transverso-vertébrale. |

Ces auteurs rapportent également le cas d’un tuberculeux pulmonaire, porteur d’une sciatique droite avec atrophie musculaire et présentant en outre :

4° Une zone d’hyperesthésie en ceinture correspondant à la Are et 2° paires lombaires et

2° Une hypoesthésie très marquée à la face interne de la cuisse et du mollet droit ce qui correspond à L, et L,.

Très forte Iymphocytose du liquide céphalo-rachidien.

(1) Mosny et MazorzeL, Soc. Méd, des hôpitaux, p. 1097.

Le rôle de la tuberculose osseuse, ou de la pachyméningite bacillaire dans l’étiologie de la sciatique est connu depuis fort longtemps.

Depuis Landouzy le rôle des toxines tuberculeuses et leur influence sur les troncs nerveux étaient également très étudiées : aussi dès que sur l’ancienne conception delascia- tique vint se greffer la sciatique radiculaire, on ne tarda pas à attribuer au bacille de Koch une action importante dans la pathogénie de ce nouveau syndrôme.

MM. Tinel et Gastinel ont étudié le rôle de la tuberculose dans la sciatique radiculaire et ont eu l’occasion de pratiquer l’autopsie d’un de ces cas et constata des lésions des ganglions rachidiens et des racines lombaires en tous points analogues à celles que l’on rencontre au cours des radieulités syphilitiques des tabes, mais sans aucune dégénération des racines postérieures et des cordons postérieurs ; les lésions méningées et interstitielles sont par contre identiques, jusqu'aux formations kystiques que l'on rencontre également. Il y a certes là un élément, un facteur qui nous échappe encore et qui expliquerait pourquoi le processus syphilitique produisant la même lésion initiale ne poursuit pas une évolution semblable.

En tous les cas il nous semble préférable de distinguer les radiculites tuberculeuses des radiculites syphilitiques, de même que nous pourrons également séparer de ces dernières les quelques cas rares d’étiologie autres, eomme le cas de sciatique radiculaire méningococcique ou blennorrhagique, ou encore d’autres natures, car elles diffèreront des radiculites spécifiques au point de vue évolution et traitement.

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