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DIAGNOSTIC

Constater l’existence de troubles sensitifs dans le domaine du sciatique, ou bien encore de troubles sensitivomoteurs est certes un des éléments presque suffisants pour porter le diagnostic général de sciatique : mais en neuropathologie c’est toujours à la répartition topographique des symptôimes qu'il faut recourir pour différencier les diverses affections, et c’est bien là le problème qui se pose en présence de toute sciatique.

Névralgie, névrite ou radiculite ?

Après les travaux de M. le Pr Landouzy le problème ne s’étendait qu'aux deux modalités.

M. Déjerine en y adjoignant une troisième possibilité compliquait appareminent le diagnostic, mais l’éclairait d’un jour tout nouveau.

M. Sicard {1) dernièrement introduisit le terme et La notion de funiculite et voulut substituer à l'explication radiculaire des phénomènes observés une localisation et une

pathogénie nouvelle basée sur une lésion siégeant sur la

‘ (1) Sicarn, La sciatique (Journ, de Méd, de Paris, octobre 1911).

portion nerveuse située entre le ganglion rachidien d’une partet Le plexus d'autre part, donnant à cette racine du plexus le nom de /uniculus pour éviter toute confusion avec la racine médullaire. ;

Pour cet auteur, la sciatique serait « une funiculite des troncs funiculaires droits ou gauches des Ve lombaire, Ir° sacrée et Ile sacrée ». Sicard base sa théorie sur lès arguments suivants :

Le Ve tronc funiculaire lombaire répond au tronc de conjugaison lombo-sacré, incessamment soumis au pivotement vertébral inférieur, ce qui expliquerait la prédominance des lésions en ce point.

Tout en reconnaissant la possibilité de cette lésion, il nous semble qu’elle doit ètre réservée à un aombre de cas très restreint et qu'elle n’enlève rien de la grande généralité des lésions purement radiculaires.

M. Sicard s'étonne de l'absence d'algie du plexus honteux interne coexistant avec la sciatique, il déclare en outre, n'avoir presque jamais constaté de la Iymphocytose du liquide céphalo-rachidien.

La plupart de nos observations ont montré au contraire une lymphocytose, légère quelquefois, mais presque constante : de plus, on ne s’expliquerait que très difficilement une lésion portant sur les nerfs mixtes déjà constitués et produisant une lésion qui ne s’accompagnerait que de phénomènes sensitifs, ou d’autres fois, plus rares cependant, uniquement moteurs.

Si l'on objecte qu'une atteinte superficielle du nerf provoqué uniquement de la douleur, pour expliquer des troubles aussi intenses qu’une anesthésie complète du ter-

ritoire innervé il faut admettre une lésion suffisamment grande qui nécessairement s’accompagne de troubles paralytiques.

Les dissociations entre les racines motrices et sensitives simultanément prises ne s’expliquerait également pas.

Le signe de Déjerine est également en faveur de l’hypothèse radiculaire, et peut servir à différencier les lésions intra et extra durales.

Nous ne nous arrêterons pas à différencier les sciatiques névralgies des sciatiques névrites : ce sont là différences de degré d’une mème lésion tronculaire et nous aborderons de suite le diagnostic différentiel de la sciatique tronculaire et de la sciatique radiculaire.

Nous avons déjà eu l’occasion de différencier les sciatiques syphilitiques tronculaires, des sciatiques syphilitiques radiculaires : les mêmes éléments vont naturellement nous servir pour résumer les symptômes caractéristiques des affections tronculaires et radiculaires d’une manière générale.

La douleur, signe primordial de toute sciatique, diffère déjà dans les deux affections, par son siège, sa nature, ses exaspérations et ses irradiations, aussi bien spontanées que provoquées.

Siège. — Le début par les douleurs lombaires est beaue coup plus en faveur d’une affection radiculaire ; plus tard les irradiations dans tout le membre inférieur ont le caractère de crises successives, à intervalles très rapprochés que les malades comparent à des éclairs, des décharges électriques ou des coups de foudre.

Exaspérations, — Dans les radiculites, nous ne saurions

trop insister sur ce symptôme : l'éterauement, la toux provoquent une exacerbation intolérable. Dans les tronculites l’exaspération de la douleur est surtout provoquée par des changements de température ou par des moyens mécaniques.

Douleurs provoquées. — Les points douloureux de Valleix ne semblent pas faire partie du tableau clinique de la sciatique radiculaire. Sur 45 observations on signale leur absence 20 fois et 12 fois, on les note comme peu douloureux ou très réduits. Les quelques fois où on les observe sont peut-être dues à des lésions de névrite descendante secondaire. L’existence de points apophysaires, ou juxtaapophysaires le long du sacrum a souvent été signalée par contre et est plutôt en faveur d’une radiculite. Le signe de Lasègue est moins constant, mais ne peut cependant servir comme moyen diagnostic. Les signes de douleur controlatéraux sont en faveur d’une lésion radiculaire.

Nous ne reviendrons pas ici sur Les topographies de sensibilité et de troubles moteurs, éléments essentiels de dia gnostic et sur lesquelles nous avons suffisamment insisté,

Les réflexes sont également troublés dans les deux affections et ne sauraient intervenir dans le diagnostic. |

L'examen du liquide céphalo-rachidien sera par contre un gros élément en faveur des radiculites si l’on y note une lymphocytose même légère.

Enfin le diagnostic peut être posé à l’aide d’une injection de cocaïne locodolente : il atténue les névralgies de cause périphérique et est sans action sur les sciatiques radiculaires (Pitres et Verger).

Le diagnostic de radiculite une fois posé, il nous faut

délimiter Les frontières, souvent si difficiles à trouver, qui séparent Les radiculites sciatiques du tabes.

Radiculite et tabes sont une et même lésion : voilà qui explique la communauté de symptômes : douleurs fulgurantes, crises de radiculalgie, troubles de sensibilité objective à topographie radiculaire, perte des sensibilités profondes.

L'observation publiée par MM. Déjerine et Egger est à ce sujet très caractéristique, car le diagnostic entre le tabes et la radiculite, non pas uniquement sciatique, il est vrai, mais généralisée, y était très à discuter. Malgré que ce cas sorte un peu du cadre étroit de la sciatique radiculaire, les troubles de radiculite du membre inférieur y sont suffisamment prépondérants pour nous autoriser à la reproduire

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