‹ Contribution à l'étude de la Sciatique radiculaireChapitre 30 sur 32 · CL · texte numérisé non relu

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Osservarion LIV (M. Déjerine et Egger) (1) (Résuwmée).

Ch..., 57 ans, hospitalisée Salpêtrière depuis 1891. Fièvre typhoïde à 27 ans, à la suite d'une rechute douleurs intenses dans Ja jambe droite. Depuis bonne santé. Six enfants, pas de fausse couche. Nie spécifité, pas d’éthylisme.

En janvier 1894 douleurs fulgurantes dans jambe droite. En juillet paralysie de l’extenseur du gros orleil (la malade est obligée de l'attacher avec une ficelle pour le glisser dans son soulier).

Etat : février 1895 ; pied droit tombant, plante dirigée en de-

(1) Déserine et Eccer, Un cas de névrite radiculaire (Revue Neurologique, 1904, p. 524).

Polonovski 11

dans. Flexion dorsale très limitée ainsi que l’abduction du pied.

Extension du gros orteil abolie. Les autres orteils à droite réa- {isent la greffe des interosseux. Le fléchisseur commun est légèrement conservé. Atrophie du groupe antéro-externe des muscles de la jambe. DR des extenseurs du gros orteil et du groupe antéro-externe.

Commencement de paralysie symétrique à gauche. Mais péroniers encore intacls.

Pas de troubles de sensibilité. Réflexe plantaire existe seulement à gauche, rotuliens et achilléens faibles à gauche, abolis à droite. Rien aux membres supérieurs, pas de troubles sphinctériens.

En 1895 recrudescence des douleurs et abolition complète des réflexes du membre inférieur.

En 1896, troubles paresthésiques et douleurs fulgurantes dans le membre supérieur droit.

En novembre diminution de la sensibilité objective tactile, douloureuse et thermique sur la face dorsale du pied et antéro-externe de la jambe droite.

En 1899, pied et orteils droits paralysés, pied et orteils gauche parésiés surtout extenseurs des orteils et fléchisseurs dorsaux du pied. Atrophie surtout à droite.

Troubles de sensibilité objective également au pied et a la jambe gauche.

En juillet 1899, douleur à la pression des troncs nerveux.

En 1900 incontinence totale urinaire et fécale ; actuellement ‘encore incontinence partielle de l’urine.

En 1904, paralysie complète du pied droit et des orteils avec réactions électriques abolies dans ces muscles : atrophie considérable du groupe abducteur et court fléchisseur du 5° orteil et adducteur du gros.

Triceps crural droit plus fort que fléchisseurs qui ont des

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réactions électriques très diminuées tandis que seul des extenseurs, le droit antérieur est touché. Sauf les abducteurs tous les muscles de la cuisse sont affaiblis.

De même dans la cuisse gauche, quoiqu'en général force mieux conservée. Au pied gauche extension du gros orteil aboli, des orteils également : flexion très limitée. Flexion plantaire et dorsale du pied faible.

Abduction et adduction du pied restreintes. Triceps sural DR groupe antéro-externe de la jambe réactions électriques diminuées.

Au membre supérieur droit, main tendance à tomber, extenseurs des poignets très faibles ainsi que extenseurs des doigts et triceps. Tous les fléchisseurs sont bien conservés.

À gauche tous les troubles moteurs sont moins accusés.

Les supinateurs sont intacts.

Troubles de sensibilités intéressent les trois modes : topographie radiculaire bande d’anesthésie en L, S, S; à droite S;, à gauche, hypoesthésie, en L, S; à droite $S,; S, L; à gauche pour les membres inférieurs. Aux membres supérieurs D, D, anesthésiés C, CG; C, GC, hypoesthésiés et anesthésie de la seconde branche du trijumeau à droite.

Réactions pupillaires normales, pas d’Argyll-Robertson.

Réflexes tendineux du membre supérieur conservé.

Pas d’incoordination ni des membres supérieurs, ni des membres inférieurs; signe de Romberg. Sensibilité osseuse altérée aux membres inférieurs. Tous les troncs nerveux : sciatiques, radiaux, cubitaux, plexus du creux suscelaviculaires douloureux à la pression. Lymphocytose moyenne du liquide cé-

phalorachidien.

La conservation du sens des attitudes, la dissociation entre la sensibilité superficielle et profonde, le fait que

l'abolition des réflexes est plus en rapport avec la paralysie

et l’atrophie musculaire que due à un trouble de la réflectivité font pencher Le diagnostic en faveur d’une radiculite, de même que l'évolution de la maladie, ainsi que l'absence du signe d’Argyll-Robertson.

En fait, il s’agit bien là d’une forme de transition entre la radiculite simple et le tabes.

Suivant l’évolution toute différente dans les cas extrêmes, si voisine dans les cas limitrophes, de l'infection méningée qui préside à la radiculite, nous aurons tantôt l'atteinte brutale d’une ou plusieurs racines lombo-sacrées, atteinte que le traitement intensif enrayera et fera même regresser le plus souvent et nous aurons alors une sciatique radiculaire, tantôt ce sera l’envahissement lent et progressif de toutes ou parties des racines médullaires, avec participation des cordons médullaires qui vont dégénérer par voie centrifuge et nous aurons le tableau clinique plus ou moins complet du tabes. |

Nous comprenons donc facilement combien difficile peut être quelquefois ce diagnostic différentiel et de plus combien il sera fréquent au début ou au cours d’un tabes,

d'isoler une forme assez pure de sciatique radiculaire.

Nous trouvons notamment dans la thèse de M. P. Camus (1) un cas de radiculite antérieure, forme motrice

assez limitée, au cours d’un tabes.

(1) P. Camus, Les radiculites, Paris, 1908.

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OssenvarTion LV

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L..., 30 ans, employé de commerce, vient consulter à la Salpétrière en décembre 1906 pour des troubles de la marche.

Antécédents héréditaires. — Père mort de paralysie après 15 ans de cécité.

Antécédents personnels. — Dothiénanterie et scarlatine dans l'enfance. Syphilis à 21 ans : chancre, roséole, douleurs névralgiques, traitement aux pilules de protoiodure.

A 26 ans douleurs à type fulgurant, de plus en plus marquées et persistantes dans les membres inférieurs. A 29 ans paralysie transitoire des muscles externes de l’œil droit.

Depuis 15 jours le malade stoppe du pied gauche. Parésie manifeste du jambier antérieur et des extenseurs. Les péroniers sont aussi un peu atleints. La plante du pied n’est que peu affaissée. Les autres muscles sont intacts. Pas d’ataxie. Tous les réflexes sont abolis des deux côtés, aux quatre membres. Signe d’Argyll-

Robertson positif.

Le diagnostic différentiel qui peut encore se poser est celui des rhizopathies et des myelopathies. Nous avons déjà abordé ce problème à propos du cas spécial des affections de la queue de cheval. D’une manière générale, ce diagnostic est souvent fort difficile, surtout depuis que l’on sait que la topographie médullaire affecte une distribution radiculaire : c’est surtout avec les affections de la substance grise de la moelle polyomyélite, syringomyélie, sclérose latérale amyotrophique, qui, les deux premières surtout, présentent le syndrome radiculaire presque pur que le dia-

gnostic peut être discuté.

Nous avons vu que l'intensité et la précocité de la douleur, la constatation de troubles moteurs et sensitifs non superposables, les contractions fibrillaires, l’absence de lymphocytose et surtout l'étude de l’évolution et sa marche progressive seront les meilleurs éléments de différenciation,

Lorsqu'aux lésions de la substance grise viennent s’ajouter des lésions des cordons’ blancs, la constatation de ces derniers, qu'il faudra rechercher minutieusement, deviendra un signe des plus importants : que ce soit une paresse, ou une contracture siégeant dans des territoires sus ou sous-jacents à ceux qu'occupe le syndrome radiculaire.

Mais le problème devient réellement presque irrésoluble dans les cas où racines, méninges et moelle, participent au processus inflammatoire : la part qui revient à chacune

est alors impossible à délimiter.

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