PRONOSTIC ET TRAITEMENT
De toutes les sciatiques, la sciatique radiculaire spéci-fique est la plus facilement curable : la radiculite syphilitique cède, en effet, au traitement antisyphilitique.
Tous les autres moyens préconisés au cours des névralgies et des névrites, sont sans action durable et efficace ; et Pobservation publiée par Naville à la Société médicale de Genève, en est un exemple frappant.
Par le traitement mercuriel nous avons toujours obtenu. une rapide amélioration des troubles moteurs et une disparition complète de la douleur.
Même dans les cas où la syphilis n’était ni avouée, ni avérée, lorsque l’étiologie restait incertaine, le traitement était la pierre de touche de l'infection causale.
Le traitement doit être précocement institué, car si la régression des phénomènes douloureux a toujours été notéedans les radiculites sciatiques traitées par les injections. mercurielles, la rétrocession des paralysies est fonction du degré d’ancienneté de la lésion : l'on conçoit aisément que
le ‘traitement devienne inefficace lorsque la lésion a atteint un stade trop avancé.
Aussi ne saurait-on trop insister sur le fait, que c’est au début que la radiculite doit être dépistée, afin qu'un traitement bien dirigé entrave l’évolution spécifique avant que
l'affection ne devienne chronique.
Osservarion LVI (Naville) (1).
H..., âgé de 29 ans, n'ayant eu jusqu'ici d’autre maladie qu’une légère atteinte bacillaire, datant de 6 ans et dont il reste encore actuellement des traces aux poumons: il ne croit pas avoir eu la syphilis. Dès janvier 1909 il souffrit, au membre inférieur droit de violentes douleurs apparues avec un début très brusque. Il fut considéré comme atteint de « sciatique » et traité en conséquence. Pendant deux mois des douleurs atroces rendirent impossible tout mouvement de la jambe. En été améliorativn notable, la marche redevient possible sans douleurs. En hiver 1909-10 reprise des douleurs. En mars, double élongation du sciatique à la fesse puis au creux poplité ; injections d’alcool et de fibrolysine. Dès ce moment le malade maigrit notablement,
bien qu’à aucun moment il n’ait diminué de force. En novembre
1910, après quelques mois d'amélioration les douleurs reprirent :
avec plus d'intensité que jamais, avec des exacerbations violentes, en particulier quand le malade toussail ou éternuait. On essaya sans succès de nombreux traitements. A l'hôpital on constata
une atrophie considérable dansle domaine du crural et dusciatique
(1) Navizze, Présentation à la Société Médicale de Genève (Repue Médicale de la Suisse romande, 1911, p. 767).
droit sans perte de la force musculaire (le grand fessier seul était paralysé) avec exagération des réflexes tendineux, sans clonus ni Babinski. Tous les symptômes douloureux d’une sciatique intense étaient au complet et il TEE en outre, des troubles de la sensibilité à disposition radiculaire, allant de la quatrième lombaire à la deuxième sacrée. La région de la troisième sacrée, les sphincters et le. côté gauche était indemne.
Sous l'influence d’une vingtaine de piqûres de 0,02 de biodüre d'hydrargyre les douleurs ont beaucoup diminué et l’atrophie a notablement regressé ainsi que les troubles objectifs et la sensibilité cutanée ; le grand fessier a retrouvé complètement sa motilité.. Notre cas est vraisemblablement une sciatique radiculaire syphilitique ;... on ne peut cependant exclure avec
cerlitude l'hypothèse d’une lésion bacillaire des méninges ou des os.
Dans le cas de radiculites qui ne cèdent pas au traitement anlispécifique on a préconisé la ponction lombaire, avec ou sans injection intrarachidienne d’anesthésique local ; ce procédé fait courir inutilement le risque de rachialgie, de paralysie transitoire et surtout de céphalée violente, qui ne sont guère en rapport avec l’amélioration durable des symptômes. |
L'injection épidurale est plus indiquée et donne de très bons résultats : on injecte dix centimètres cubes de sérum additionné de cinq centigrammes de novocaïne.
Le traitement par la radiothérapie a également donné de notables amélioratinns dans les radiculites lombo-sacrées.
Nous réserverons aux radiculalgies violentes, chroniques,
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rebelles à toute thérapeutique la section des racines postérieures (Chipault) et la résection du ganglion rachidéen.
Nous ne citerons que pour mémoire l’action des bains de boue de Sali préconisés dernièrement dans la sciatique
rudiculaire (1).
(1) DorroxaoTow, Reoue de Médecine, 1914, p. 530.