HISTORIQUE
C’est par l'étude systématique des troubles de la sensibilité objective que la notion des sciatiques radiculaires se fit jour et que de nouvelles lumières sur l’étiologie, la pathogénie et le traitement vinrent éclairer l’histoire confuse de | la sciatique essentielle.
Depuis fort longtemps l'existence de ces troubles de sensibilité avait été remarquée. Rousset, en 1834, Gauthier de Saint-Martin en 1839, Notta (1) surtout en 1854 les constatèrent. Lagrelette (2) en parle incidemment, Trousseau (3) remarque dans les sciatiques longues et rebelles que l’anesthésie remplace l'hyperesthésie du début.
Mais ce n’est que Hubert Valleroux qui, en 1870, se rendit réellement compte et de leur fréquence et de leur impor= tance. Après lui de nombreux observateurs continuent à mentionner ces troubles mais sans plus yattacher de valeur
(1) Norra, Etude sur les troubles de la sensibilité et de la motilité dans les névralgies (Archives générales de Médecine, 1854).
(2) LAGRELETTE, Etiologie historique et thérapeutique de la sciar tique (Thèse, Paris, 1869),
. (8) -TrousszAU, Leçons sur les névralgies (in Clinique médicale de l'Hôtel-Dieu).
spéciale. Nonne (1), en 4886, publie un cas de sciatique gauche avec dégénérescence limitée aux muscles du mollet et diminution de la sensibilité aux contacts délicats et aux piqüres légères.
Lefebvre (2) dans sa thèse étudie avec soin les troubles de sensibilité objective dans les sciatiques d’origine traumatique, mais c’est Guinon et Parmentier (3) qui signalent les premiers une observation très complète d’une paralysie dissociée des muscles de la loge antéro-externe de la jambe avec intégrité relative des péroniers latéraux et anesthésie à la face postérieure de la cuisse et de la jambe, à la face externe de la jambe et à la face plantaire et dorsale du pied.
Phulpin (4) et, huit ans plus tard, Dubarry (5) décrivent des zones d’anesthésie ; ils signalent l'un et l’autre des zones circonscrites, constatent bien que ces zones répondent quelquefois à la limitation du territoire cutané d’une branche du Sciatique, mais que bien plus souvent elles englobent plusieurs de ces territoires d’une façon que la pathogénie n’explique pas suffisamment. Leproblème se posait alors de la façon suivante. Quel peut être le siège d’une lésion qui produit des troubles dans un territoire limité ne relevant ni d'une distribution périphérique, ni de la totalité du nerf ?
(1) Nowne, Entartungs reaction bei primaerer Ischias (Berl. Klin. Woch., 1868, p. 844).
(2) LereBvre, Des paralysies traumatiques des membres inférieurs, Paris, 1867.
(3) Gurnon et PARMENTIER, Sur une complication de la sciatique (Arch. de Neurologie, 1890, p. 161).
(4) PrurpiN, La sciatique (Thèse de Paris, 1895).
(5) Durarry, Contribution à l'étude de la sensibilité cutanée dans la sciatique (Thèse, Paris, 1903).