‹ Contribution à l'étude de la sclérodermieChapitre 9 sur 12 · PATHOGÉNIE · texte numérisé non relu

PATHOGÉNIE

La nature de la maladie est encore entourée d’obscurité, Galien voyait dans la stegnose une obstruction de la peau. Thirial en fit une induration sui generis.

Forget croit à une lésion inflammatoire chronique Forster, Auspitz admettent une hypertrophie du tissu conjonctif du derme, tandis que Fiedler trouve une atrophie de la peau et du tissu cellulaire.

Pour Bazin, c’est la manifestation d’un état général en vertu duquel l’organisme tend à fabriquer du tissu fibreux.

Rasmussen s’appuyant sur la présence de cellules lymphatiques autour des capillaires ne voit dans la sclérodermie qu’une forme d’éléphantiasis .

Horteloup fait dépendre la maladie d’une sorte de contraction spasmodique des fibres lisses amenant le rétrécissement du calibre des vaisseaux.

Hebra ne voit qu’une stase lymphatique dans les tissus pathologiques.

Après les travaux de Verneuil et de Lagrange on a admis la nature inflammatoire chronique de la sclérodermie, celle-ci étant selon, la remarque judicieuse de Gornil et Ranvier, une véritable cirrhose de la peau.

L’influence du froid et de l’humidité, l’existence d’antécédents rhumatismaux chez un certain nombre de malades ont fait admettre la sclérodermie au nombre des maladies d’origine arthritique. Cette opinion est celle de M. le professeur Verneuil .

Il s’agirait comme le dit excellemment le professeur Bail d’une dermatopathie rhumatismale développée sous l’influence du froid chez des sujets prédisposés. Et lorsqu’on voit les phases successives de la maladie suivre les oscillations de la température rétrogarder parfois sous l'influence d’un traitement anti-rhumatismal et coïncider soit avec des douleurs articulaires, soit avec des endocardites, des péricardites et des pleurésies il parait difficile de refuser son adhésion à cette manière de voir. »

Mais la diathèse rhumatismale ne peut suffire à expliquer tous les cas. C’est alors qu’on a recours à une autre hypothèse. La sclérodermie serait une trophonévrose ou plutôt un trouble de nutrition provoqué par une altération des centres nerveux .

En effet les expériences de Brown Sequard ont bien montré que l’irritation d’un nerf ou d’un centre nerveux produisait des altérations de la nutrition plus ou moins considérables dans les régions tributaires des nerfs lésés.

Jusqu’à présent les diverses autopsies ont démontré l’intégrité des centres nerveux saufles cas de Luys Ghalvet et Westphall où il y avait des lésions banales, sclérose médullaire et induration des circonvolutions. Quant aux nerfs de la région malade ils ont présenté les lésions de la névrite interstitielle. Mais on peut se demander si ces névrites périphériques sont primitives ou si elles se sont

développées secondairement par suite de la propagation du processus scléreux. La question ne sera résolue que lorsque l’on aura pu pratiquer des autopsies dans les premières phases de la maladie.

On est donc réduit à accepter un terrain de conciliation : c’est celui du neuro arthritisme. La sclérodermie neuro-arthritique prendra place à côté de la sclérodermie des diathésiques, des syphilitiques, des scrofuleux, des rhumatisants et elle sera l’aboutissant d’états très divers

de déchéance organique. Ainsi sera comprise l’influence du nervosisme dans la génèse de l’état sclérodermique.

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