SORA ENS SE
10 octobre, matin. P. 40. La malade est agonisante; elle succombe à dix heures du matin.
L'autopsie est faite le 11 octobre, à dix heures du matin, vingtquatre heures après la mort.
Autopsie (résumé emprunté à la thèse de Leroy)(1). — L'examen macroscopique ne révèle aucune altération des centres nerveux, pas plus que des organes respiratoires ou digestifs. On constate l’existence d’une péricardite généralisée et sèche, pariétale et viseérale ; les deux surfaces non adhérentes présentent l’aspect d’une langue
(t) Leroy, loc. cit. :
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de chat ; elles sont très rugueuses au toucher. Il n’y a d'endocardite ni récente ni ancienne, pas de lésions valvulaires.
Le foie est volumineux et gras, la rate atrophiée ; les reins sont graisseux au niveau de leur substance corticale, surtout le gauche.
Quant aux membres, ils sont le siège des altérations constatées pendant la vie : déformations, ankyloses, atrophie osseuse, etc.
L'examen histologique, pratiqué par MM. Duret et Lagrange, montre à un faible grossissement :
4° Une zone dentelée très fine, peu épaisse, irrégulière, répondant à l'épiderme ;
2° Au-dessous, la couche papillaire n'offre plus ses saillies et ses dépressions normales ; les papilles paraissent complètement effacées et fusionnées; on a plutôt l'aspect de festons irréguliers, de dentelures ;
3° Le derme sous-jacent, coloré en rose assez intense par le picro-carminate d’ammoniaque, est très épais et paraît formé de faisceaux très serrés les uns contre les autres; dans ces couches profondes, on distingue très difficilement la lumière des vaisseaux ;
4 Au-dessous, la couche cellulo-adipeuse est représentée par des travées conjonctives considérablement épaissies, qui atteignent quelquefois jusqu’au périoste,et qui, dans d’autres régions, n'arrivent pas jusqu’à la couche périostique.
En employant un plus fort grossissement, les mêmes observateurs ont noté que les cellules de la couche muqueuse de Malpighi ont perdu leurs dentelures et que leur protoplasma est granuleux.
Les papilles, au lieu de présenter un fin réseau de tissu conjonctif fibrillaire, sont formées de faisceaux conjonctifs fortement épaissis ; les anses vasculaires des papilles sont difficiles à distinguer, mais ne paraissent pas entourées de leucocytes.
Les faisceaux conjonctifs du derme sont plus serrés les uns contre les autres ; on voit un grand nombre de leucocytes disposés le long des vaisseaux, en formant des amas isolés au milieu du derme épaissi.
La couche cellulo-adipeuse offre ses travées énormément gonflées et infiltrées de leucocytes.
Les glandes sudoripares ont été trouvées atrophiées par la compression du tissu conjonctif sclérosé.
Dans des coupes faites sur des parties comprenant à la fois la peau et les os sous-jacents (doigts), MM. Duret et Lagrange ont constaté
que la couche périostique ne forme pas autour de l'os une bordure nettement accusée comme à l'état normal. Enfin, dans l'os même, ils ont trouvé de profondes modifications dans la structure du tissu osseux. Ces modifications consistent dans une raréfaction de la paroi de l'os, qui a pris l'aspect spongieux, de sorte que le périoste, en ces points, paraît entourer un tissu formé uniquement d'aréoles, au milieu desquelles se trouve de la graisse. Les travées osseuses qui forment ces aréoles présentent des ostéoplastes avec un noyau qui se colore fortement en rouge, et semblent avoir perdu leurs prolongements. Un point plus important à signaler, c’est l’élargissement que présentent les canaux de Havers, dont le vaisseau qui y est contenu est entouré de vésicules adipeuses ou de cellules embryonnaires.
Dans une coupe totale du petit doigt, les mêmes observateurs ont vu, en plusieurs endroits, la gaine d'enveloppe des filets nerveux remplie d'amas de cellules embryonnaires ; les vaisseaux ne leur out pas paru altérés.
L'examen d’une articulation métacarpo-phalangienne leur a montré deux surfaces articulaires reliées l’une à l’autre par un tissu fibreux très dense ; le cartilage articulaire a disparu. Dans d’autres articulations ils ont trouvé un cercle osseux périarticulaire, mais il s'agissait seulement de dépôts calcaires infiltrant les tissus fibreux.
La langue présentait une altération vésiculeuse de la couche de Malpighi et un épaississement fibreux du chorion.
Les papilles de la langue étaient aussi fortement sclérosées.
Les muscles, examinés, ne présentaient aucune altération.
L’examen de la moelle a été contrôlé par MM. Charcot et Pierret, qui n’ont constaté aucune altération; les nerfs du bras, examinés par la dissociation à l’état frais, n’offraient aucune lésion appréeiable.