‹ Contribution à l'étude de la scleroseChapitre 16 sur 27 · OBSERVATION VIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VIII

Ataxie locomotrice progressive et insuffisance aortique, — Syphilis

(personnelle .

La nommée Rollin, câgée de 51 ans, entre le H février 1882 à l'hôpital Laënnec, salle Monneret, n° 27.

Antécédents héréditaires nuls. Syphilis ancienne avérée. Début de l'ataxie par des douleurs fulgurantes, il y a douze ans ; puis surviennent tout d'un coup du strabisme et de la diplopie, le strabisme a disparu, mais la vue a baissé de plus en plus, et elle a unecécilé presque complète. En 4870 les troubles moteurs se montrent dans les jambes, l'incoordination s'accentue, les douleurs persistent, puis passent dans les membres supérieurs. Bientôt ces derniers deviennent impotents, elle ne peut plus travailler et enfin les troubles de la marche la forcent à garder le lit.

Lorsqu'on l'examine on constate l'incoordination de tous les membres, elle ne peut marcher, elle a toujours des douleurs, une abolition complète des réflexes, la perte de la sensibilité au toucher seulement, et au cœur un souffle d'insuffisance aortique avec signes d'athérome généralisé.

Elle succombe le 21 février à des accidents pulmonaires.

Autopsie. — Rien d'anormal dans le cerveau ; les vaisseaux sont très athéromateux, sclérose des cordons postérieurs dans toute la hauteur de la moelle.

Les poumons sont congestionnés aux deux bases, et quelques foyers de broncho-pneumonie; les sommets sont indurés et présentent des foyers d'hépalisation grise multiples et tuberculeux. Le cœur est flasque et volumineux, il pèse 450 grammes. L'orifice aortique est dilaté, les valvules en sont ratatinées et rugueuses; l'aorte est semée de plaques d'athérome. Rien à la mitrale. Les reins sont petits, leur capsule adhère fortement à la surface et celle-ci est granuleuse et offre quelques kystes. Le foie pèse 11 50 grammes il est dura la coupe, lisse et très congestionné.

Examen microscopique. — Cœur. — La prolifération conjonctive est très étendue et offre son maximum de développement au pourtour des vaisseaux artériels. Ceux-ci sont diminués dans leur calibre, celui-ci est quelquefois réduit à une fente; il y a endo-périartérite. Le tissu conjonctif est étenau dans l'épaisseur des faisceaux musculaires et à ce niveau ces derniers, isolés les uns des autres, sont par place atteints de dégénérescence graisseuse, sur la plupart on trouve des grains pigmentaires et des segmentations.

Foie. — Ce qui frappe d'abord c'est une énorme dilatation des capillaires sanguins dans l'épaisseur des lobules. Les cellules ne sont nullement altérées ni au centre ni à la périphérie. Les espaces interlobulaires sont remplis de tissu conjonctif qui s'étend dans les fissures, et qui est en voie de prolifération autour des veines et des canaux biliaires. L'arlérite s'y observe également.

Rate. — De nombreuses travées fibreuses sillonnent le tissu splénique, l'artérite est généralisée et les parois veineuses sont englobées dans les tractus fibreux.

Reins. — Sclérose encore peu avancée. Elle se rencontre autour des vaisseaux et des glomérules seulement et dans quelques points seulement nous la trouvons autour des tubes droits de Ferein. A ce niveau seulement les fibres de tissu conjonctif sont semées de noyaux embryonnaires. Les cellules des tubes sont à peine altérées et quelques-unes seulement ont subi la dégénérescence graisseuse. Même dilatation des capillaires que dans le foie.

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