‹ Contribution à l'étude de la scleroseChapitre 23 sur 27 · OBSERVATION XV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XV

Athérome et alcoolisme (observation due à l'obligeance de mon excellent ami Leloir).

Le nommé X..., entré dans le service de M. Raynaud à l'hôpital de la Charité en 1880, et, âgé de 50 ans, offre tous les signes d'une cirrhose atrophique d'origine alcoolique.

Le foie est petit, les veines sous-cutanées de l'abdomen sont dilatées, et il existe une ascite notable. Il présente, en outre, des accidents en rapport avec un emphysème pulmonaire, et de plus, les battements du cœur sont faibles, sourds, lents, sans irrégularités. — Pendant les derniers mois de sa maladie, il a présenté un peu de polyurie nocturne et un peu d'albumine. Il a succombé dans le marasme.

Autopsie. — Le foie offre tous les caractères du foie cirrhotique; il est petit, irrégulier à sa surface et granuleux sur les coupes. Les reins sont petits, présentent quelques kystes à leur surface, leur capsule est très adhérente et la surface est granuleuse. — La rate est petite, dense; il y a de la périsplénite.

Le cœur est pâle, un peu dilaté et résistant à la coupe, alors que dans sa totalité il est flasque. Pas de lésions valvulaires. — Un peu de graisse autour des vaisseaux à la surface et quelques plaques laiteuses.

Les poumons sont emphysémateux.

Examen microscopique. — Cœur. — Sur les coupes on est frappé de la diminution de volume des masses musculaires et de la grande abondance du tissu fibreux. D'une façon générale, il y a sclérose du myocarde et celte sclérose a envahi le muscle de façon à englober dans de véritables loges des groupes de faisceaux musculaires. Dans le tissu conjonctif ainsi développé se voient les coupes des vaisseaux dont les lumières sont très réduites par l'endo-périartérite et c'est autour d'eux que s'est faite la prolifération.

Les faisceaux musculaires sont séparés les uns des autres et dissociés par le tissu de nouvelle formation, mais cette dissociation des fibres musculaires n'existe qu'en certains points. C'est à ce niveau, également, que l'on trouve une dégénérescence graisseuse; ailleurs les fibres ont conservé leur striation et sont absolument normales. L'atrophie existe aussi, mais elle est irrégulière du reste comme la dégénérescence graisseuse.

Dans le foie, on observe tous les caractères d'une cirrhose périveineuse au début. La prolifération conjonctive est considérable autour des veines interlobulaires et de là s'étend dans les fissures, mais elle ne va jamais jusqu'à circonscrire un lobule complètement. Les noyaux sont en quantité considérable et tendent à dissocier la périphérie du lobule. Dans cette masse en voie de prolifération on trouve les canaux biliaires et les vaisseaux artériels dont les parois sont confondues avec le tissu ambiant. Les veines centrales des lobules ne sont pas le siège de la prolifération conjonctive, les capillaires de chaque lobule sont très dilatés et remplis de globules rouges.

Reins. — La néphrite interstitielle est absolument classique, il y a prolifération conjonctive autour des vaisseaux, des glomérules, des tubuli. Mais là comme dans le foie le processus est beaucoup plus jeune que dans le cœur; car le tissu conjonctif abonde en éléments embryonnaires.

Duplaix. 7

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